Sylvia

Howard Fast

Stock - 1962 - Traduction (anglais) : Lucile du Veyrier

Tags :  Roman d'enquête Polamour Road Polar Détective privé Etats Unis Années 1960 Littéraire Entre 250 et 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 25 octobre 2008

Recommandé Alan Macklin, un détective privé sans grande envergure, est chargé par un millionnaire d’enquêter sur le passé de la femme qu’il veut épouser. Une certaine Sylvia West, qu’il ne doit en aucun cas rencontrer. Pour y parvenir, il ne dispose que de photos récentes, d’un billet manuscrit et d’un recueil de poèmes qu’elle a écrit il y a quelque temps.

Sylvia, écrit sous le pseudonyme E.V. Cunningham, est le premier livre d’une série de douze titrés par un prénom féminin. Le détective MacKlin est fasciné par la femme sur laquelle il enquête et il doit bien se l'avouer, il est tombé amoureux de Sylvia West ou de l'image qu'il s'en est faite, comme dans plusieurs monuments du roman noir qui s'en sont peut-être inspiré (Le Dahlia Noir de James Ellroy, J'étais Dora Suarez de Robin Cook, ou Le Dernier Baiser de James Crumley). Un phénomène, à priori, connu dans les services de police comme en témoigne Steve Hodel dans L'Affaire du Dahlia Noir. À ce détail près que Sylvia West n’est pas morte. Mais le personnage d'héritière globe trotteuse qu’elle s’est créé est à cent lieues de la vérité, et Alan MacKlin découvre rapidement la pauvreté de laquelle elle est issue.
Chaque détail de sa vie, chaque combat qu’elle a mené pour sortir de sa condition et surtout la volonté que semble avoir cette fille, renvoient le détective à sa propre existence. Alan MacKlin, diplômé d’Histoire ancienne, féru de littérature, qui fréquente le milieu enseignant de l’Université de Los Angeles, est un peu résigné sur son job de privé. On ne peut pas dire qu'il aime beaucoup ce qu'il fait, surtout quand il doit déterrer des squelettes. Ce boulot qui au départ n'était qu'alimentaire, en attendant de passer les diplômes lui permettant d'enseigner, est devenu permanent par découragement. Sylvia, elle, ne s'est jamais découragée.
Dans ce livre, Howard Fast pose la culture, les livres notamment, et la volonté comme ascenseur social, voire comme le chemin vers le bonheur. Cette fille dévore tous les livres qui lui passent dans les mains, apprend à parler toutes les langues qu’elle croise comme si c’était une marche supplémentaire lui permettant de réussir son rêve américain et d’oublier son passé. Ce passé qu'elle dissimule à chaque étape de sa vie, qu'elle essaie même de nier compliquant la tâche de MacKlin.
Et que dire de cet homme qui est confronté à un dilemme, sa mission de trouver des éléments qui pourraient empêcher le mariage de la femme qu'il aime et de son millionnaire d'employeur. Ce qui reviendrait à mettre des bâtons dans les roues d'une femme qui a déjà connu assez de malheurs et de galère pour ne pas en rajouter. Et pourtant, il ne peut s'arrêter de suivre les traces de cette jeune fille qui le fascine.

Sylvia est un témoignage subtil de l'Amérique des années cinquante qui montre l'envers du décor du rêve américain et un fabuleux portrait de femme qui a conquis sa liberté. Presque du féminisme avant l'heure. Considéré comme un de ses meilleurs romans policiers, Howard Fast réussi le tour de force de monter une intrigue prenante et pourtant très classique au départ, autour d'un détective privé et d'une femme, tout en sortant des clichés du polar hardboiled. Le tout sans réel cadavre.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

La trame de Sylvia n'est pas sans rappeler celle du Dernier Baiser de James Crumley qui est tout aussi réussi dans un style différent.

Le début...

Les dix premières lignes...

La plupart des gens se contentent de faire ce qu'ils ont toujours fait : aujourd'hui sera comme hier, et demain ça continuera. C'est comme ça pour moi. Je gagne un salaire de misère dans un sale boulot. Dès que j'ai un sou en poche, je peux refuser les tâches vraiment répugnantes et accepter celles qui le sont moins, et alors j'en conçois une certaine estime pour moi-même, aussi vaine et dépourvue de sens que tous les autres sentiments que j'éprouve. Et toujours, comme tous les gens de mon espèce, je rêve que l'impossible va se produire.
S'il n'arrivait jamais rien, l'existence serait absurde. Moi, j'ai eu de la chance, au moins une fois dans ma vie — et c'est déjà beaucoup — il m'est arrivé quelque chose : Sylvia West est entrée dans ma vie et je suis entrée dans la sienne (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Sylvia inaugure la série policière des douze titres américains portant un prénom féminin. Howard Fast signe pour la première fois du pseudonyme d'E.-V. Cunningham. Il signe, par la même occasion, son meilleur roman policier, que l'on peut d'ailleurs préférer à ses plus grandes réussites historiques.
L'anecdote en est fort simple : il s'agit pour le détective privé Alan MacKlin de reconstituer le passé d'une inconnue que veut épouser un milliardaire. La jeune femme devra tout ignorer de cette enquête. Pour parvenir à ses fins, MacKlin ne dispose que d'une photo, d'une carte manuscrite et d'un recueil de poèmes, La Lune Obscure, publié par la mystérieuse Sylvia West.
Cette situation de base, archétype de bien des histoires de détective privé, l'auteur va la transcender par sa sensibilité et par la puissance d'émotion qu'il saura lui conférer en la transformant en une radieuse histoire d'amour.
Jean-Pierre Deloux, Polar n°25


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Howard Fast










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