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Jean Amila

Gallimard / Série Noire - 1953

Tags :  Roman noir Thriller Polar maritime Quidam France Années 1960 Populaire Moins de 250 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 22 octobre 2007

Pour le deuxième roman signé Amila, c’est un Amila à la sauce marinière qui nous est proposé. Un Amila marinière, avec la frite !
Un éclusier va prendre son service et c’est le début d’une histoire à rebondissements qui nous laisse à peine le temps, de-ci de-là, de reprendre notre souffle. Le corps d’un marinier est repêché à l’écluse. À ce premier fait divers, d’autres vont venir se greffer. L’éclusier, André Lenoir, est ballotté d’une histoire à l’autre, s’enfonçant un peu plus à chaque chapitre.
Il faut dire qu’il y a du brouillard et qu’on navigue à vue, Amila donnant même parfois l’impression que l’histoire n’a rien de prémédité, qu’elle se déroule devant nous au fur et à mesure de ses rebondissements.

Il y a du polar dans ce roman, avec de vrais morceaux de thriller avant l’heure (ou de feuilleton de l’époque précédente) et de roman noir. Amila mène tout cela de plume de maître, à la manière de l’artisan peaufinant son ouvrage.
C’est plus léger que les romans qu’il signait Jean Meckert mais c’est toujours la même société sur laquelle il se penche, les mêmes travers, les mêmes humains qui affrontent tout ça avec plus de défauts que de qualités.

André Lenoir est le narrateur et le personnage central. Nous suivons l’intrigue à la première personne et tout le monde va en prendre pour son grade, avec légèreté, les mariniers et leurs petits trafics et — Jean Amila reste Jean Amila — les bourgeois et l’armée. Pourtant, celui qui va le plus trinquer est Lenoir, simple quidam qui n’aspire plus à grand-chose, aux prises avec un désespoir profond, des sentiments qui le dominent… La gravité et le cynisme l’emportent. Comme toujours chez Amila.
Et son style qui coule comme ça, d’un grand naturel, est définitivement celui d’un grand.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Les autres Amila, bien sûr, et les Meckert, évidemment.
Et quelques Simenon, Maigret se rendant parfois le long des écluses pour ses enquêtes (L’Écluse n°1, La Péniche aux Deux Pendus…) et l’atmosphère de ces endroits, comme toujours chez Simenon, y étant parfaitement rendue… peut-être également parce qu’il vécut sur une péniche.

Le début...

Les dix premières lignes...

Les lampes aux vapeurs chimiques font rouge sang au crépuscule ; tout le monde sait ça… Et quand la nuit est tombée, elles répandent une lueur jaune sur le canal ; c’est un miracle quotidien.
Alors, quand on passe l’écluse pour aller boire un verre chez Meunier, on a la peau qui prend la teinte grise des cadavres. Les yeux sont creux et il n’y a plus de couleur, plus de vie ; la plus volcanique des marinières n’est plus qu’un squelette ambulant (...)


La fin...

Quatrième de couverture...

Les écluses sont faites pour écluser. Mais les mariniers qui ont un peu trop « éclusé » de godets ne doivent pas être nécessairement transformés en écumoires. Mais quand un chaland est coulé au barrage, quand la troupe débarquée sème bravement la terreur dans une île de dérivation, c’est que tout va à la dérive, et que le monde « bien » est aussi dans le bain !


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Jean Amila










Edition(s)...

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