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Jean Amila

Langes Radieux

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - 1963

Tags : Roman d'enquête Crime organisé Détective privé Truand Populaire France Années 1960 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 26 juin 2007

Une chronique de Jérôme Jukal.

Dans ce roman de 1963, Jean Amila ne s’intéresse pas au grand banditisme ni aux cambriolages qui font la une mais à leurs conséquences et aux dommages qu’ils peuvent causer chez ceux qui gravitent autour, directement ou non. Il met au premier plan ceux qui ailleurs ne seraient que des seconds rôles, des figurants.
L’histoire démarre une fois que le gros coup est perpétré, que les truands achèvent leur cavale. Qu’il ne reste qu’à retrouver le magot. Et les envieux sont légion.
Nous allons passer de l’un à l’autre, les suivre avant que la quête ne soit lancée. Puis les voir se jeter dedans. Avec des motivations différentes, parfois opposées.

Amila nous décrit des personnages parfois dépassés par ce qui leur arrive, ne pouvant s’empêcher d’aller vers l’avant après avoir résisté ou fait semblant de résister. Ce sont les autres qui les poussent, plus ou moins consciemment. Et leur avenir se rétrécit au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue.
Amila nous offre un polar de facture classique a priori. Mais, c’est avant tout un Amila, un roman de qualité, aux personnages intéressants, loin de la caricature, même si tout a l’air si classique, un polar classique des années 60. Les figures imposées, Amila les respecte pour mieux s’en libérer…



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

D’autres romans du même auteur, bien sûr, à commencer par Contest-Flic où certains personnages secondaires (qui joueraient les premiers rôles partout ailleurs) apparaissent de nouveau, le commissaire Verdier et l’avocat Me Caparacci.
Et pourquoi pas Jake Arnott et sa trilogie londonienne autour de Harry Starks où les personnages secondaires habituels occupent également le devant de la scène.

les dix premières lignes...

Il y avait un moment déjà qu’Eugène Long était angoissé ; et pourtant, l’homme à côté de lui n’était pas menaçant.
Long l’avait pris à bord à la sortie de La Charité ; peut-être orienté par ce nom de vertu majeure ; en tout cas, favorablement impressionné par cet homme sans bagages, en autocoat élégant, coiffé d’un béret-casquette de velours côtelé, qui levait le bras d’un air ennuyé, « stoppeur » dans le crépuscule (...)

quatrième de couverture...

— Tu ne veux pas te déboutonner, constata le commissaire. Alors, ma petite, gare à toi et à ton bébé ! Le tuyau que tu me refuses, tes « amis » l’obtiendront après t’avoir torturée, défigurée à jamais.
— Je ne sais rien ! répéta Claire en frissonnant.
L’infirmière-chef, indignée, repoussa le policier.
— Sortez ! Ce n’est pas une prison ici, mais une pouponnière ! Faire ça à l’heure de la tétée, c’est une honte.

bio express...

Jean Amila Jean AmilaJean Amila, de son vrai nom Jean Meckert, est né en 1910 à Paris. Après avoir déserté le foyer familial en compagnie d'une infirmière, son père est fusillé à la fin de la première guerre mondiale ; sa mère ne s'en remettra pas et sera internée durant deux ans. Lui sera alors placé dans un orphelinat où il complètera son éducation en dévorant les livres et en commençant à travailler dès l'âge de treize ans.
En 1939 il est mobilisé mais, après la débâcle, son régiment est immobilisé en Suisse. C'est là qu'il écrira son premier roman, Les Coups, publié par Gallimard en 1942. Il quitte alors son poste de fonctionnaire à la mairie de Paris et se consacre tout entier à la littérature. Le succès ne sera cependant pas au rendez-vous.
Remarqué néanmoins par les surréalistes, comme Raymond Queneau ou André Gide, il entre en 1950, à la demande de Georges Duhamel, à la Série Noire, alors réservée au roman noir américain. Suivront vingt et un romans...
En 1971, après un voyage en Océanie, il dénonce les essais nucléaires français, ce qui lui vaudra (semble-t-il, l'affaire n'a jamais vraiment été élucidée) un tabassage en règle dont il ressortira amnésique.
Après dix années de silence, il revient en 1981 avec Le Boucher des Hurlus.
Il décède en mars 1995 sans avoir connu de véritable reconnaissance au niveau du public mais ses œuvres (son œuvre) ne cessent d'être analysées et présentées. Un manuscrit inédit, datant des années quarante, est même paru cette année sous la signature de Jean Meckert : La Marche du Canon.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire -  1963 Gallimard / Série Noire
1963
Carré Noir -  1984 Carré Noir
1984

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Y'a pas de Bon Dieu !Y'a pas de Bon Dieu !
1950
Motus !Motus !
1953
La Bonne TisaneLa Bonne Tisane
1955
Jusqu'à Plus SoifJusqu'à Plus Soif
1962
La Lune d'OmahaLa Lune d'Omaha
1964
Pitié pour les RatsPitié pour les Rats
1964
Noces de SoufreNoces de Soufre
1964
Les Fous de Hong-KongLes Fous de Hong-Kong
1969
Le Grillon EnragéLe Grillon Enragé
1970
Contest-FlicContest-Flic
1972
La Nef des DinguesLa Nef des Dingues
1972
Terminus IénaTerminus Iéna
1973
Le Boucher des HurlusLe Boucher des Hurlus
1982
Le Chien de MontargisLe Chien de Montargis
1983
Au Balcon d'HiroshimaAu Balcon d'Hiroshima
1985

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