Bill Pronzini
Le Crime de John Faith
Première édition : Editions du Rocher - Mars 2001
un avis personnel...
Publié le 11 mai 2007
Une chronique de Caroline de Benedetti .
A Wasteland of Strangers. On remarquera la différence fréquente entre le titre original et la traduction française. Le premier met en avant le thème de l’étranger, le deuxième celui du crime. Ce crime pouvant s’assimiler au fait d’être étranger.
Dans un style qui sans être remarquable n’en est pas moins précis et juste, Pronzini nous parle de la différence.
Quand celle qui existe entre êtres humains provoque peur et rejet, les conséquences sont lourdes et semblent toujours surgir de nulle part.
Dans cette histoire, chaque protagoniste est successivement narrateur. Ce procédé efficace met à jour la petitesse et l’étroitesse d’esprit des habitants d’une paisible bourgade réagissant à la venue d’un étranger. Ils représentent les différents courants qui animent notre société, du bien- pensant au farouche protecteur de l’innocence, qui elle ne demande pourtant qu’à vivre. Bêtise, cupidité, tous les travers de la petite communauté y passent. Le lecteur découvre le portrait du personnage principal par le biais des personnages périphériques et se trouve par là même amené à se poser les mêmes questions, à s’interroger sur le bien-fondé de sa curiosité.
Seules quelques femmes tenteront de lutter contre cette haine qui monte.
Tout ça par la faute d’un homme un peu trop grand, un peu trop marqué par la vie, entre monstre terrorisant l’imaginaire et reflet d’un être cabossé par l’existence. John Faith réveille la part la plus primaire de chacun, et récolte la solitude qu’il cherchait tant à fuir.
Tension et sentiment d’injustice oppressent le lecteur tout au long de la lecture de ce roman noir, poétique et allégorique. Un de ces livres auxquels on se surprend à repenser bien après l’avoir refermé.
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Quelques pistes à explorer, ou pas...
Des Souris et des Hommes de Steinbeck. Roman noir et puissant !
les dix premières lignes...
Il m’a déplu dès le premier regard.
Il me rendait sacrément nerveux, j’ai pas honte de l’avouer. Grand, l’air méchant. Les tendons du cou comme des câbles, deux billes d’acier à la place des yeux, des marques de variole sous les pommettes, et une cicatrice en forme de T sur le menton. Je n’ai pas aimé sa manière de parler ; et d’agir non plus. Froide. Dure. Hautaine. Comme si on était de la crasse et lui un balai tout neuf (...)
quatrième de couverture...
Pomo est une petite ville tranquille de Californie. Hormis pendant la saison de la pêche, on n’y voit aucun touriste. Alors que vient y faire cet inquiétant étranger, au visage repoussant, couvert de cicatrices ? Il prétend s’appeler John Faith. Les rumeurs vont bon train dans cette ville où tous se connaissent.
Il suffira alors d’un crime pour que toutes les haines et les préjugés se retournent contre l’étranger… La chasse à l’homme est ouverte.
bio express...
Bill PronziniBill Pronzini naît le 13 avril 1943 à Petaluma en Californie. Études, petits boulots (journaliste sportif, employé de bureau, assistant d'un marshall), il débute dans l'écriture par le biais des nouvelles. Sa première sera publiée en 1966 (You Don't Know What It's Like) dans le Shell Scott Mystery Magazine.
Il écrira des romans érotico-pornographiques, de la science-fiction et des westerns avant de se consacrer essentiellement au polar. Son premier roman, The Stalker (Qui Traque-t-on ?), sort en 1971.
Bill Pronzini se lit aussi sous divers pseudos (Jack Foxx, Aston Marlowe ...) et dans l'écriture à quatre mains (par exemple avec l'auteur de SF Barry Malzberg ou sa femme Marcia Muller, elle aussi auteur de polar renommée).
C'est dans son deuxième opus The Snatch, qu'il introduira le fameux Nameless (le détective sans nom), qui deviendra le personnage principal de trente autres romans.
"Il n’a pas de nom car quand j’ai commencé la série, je ne pouvais pas en imaginer un qui lui convienne, probablement parce que de toute façon il est moi, et je n’ai aucune envie de me renommer moi-même.
Amoureux des livres, il ne fait pas qu'en écrire ; il les lit, les collectionne et les édite.
Il possède environ trois mille magazines de "pulps" qu'il affectionne et contribue à faire vivre en les rééditant dans des anthologies. Cette part non négligeable de son travail se retrouve dans 1001 Midnights et Gun in Cheek.
Bill Pronzini est l'auteur de pas moins de soixante-quinze romans écrits entre 1971 et 2007 (date de sortie de la trente et unième aventure de Nameless). On peut découvrir une autre de ses séries, le tandem de détectives Sabina Carpenter et John Quicannon, évoluant dans le San Francisco de 1890 (Une Mine Épatante, paru à la Série Noire en 1986). Cependant, beaucoup de ses romans n'ont pas été traduits en France et sur l'ensemble, peu se trouvent en vente à l'heure actuelle dans les librairies.
Restent les bouquinistes...
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Le Coup Tordu
1972
Qui Traque-t-on ?
1972
Où est-tu Militaire ?
1974
Fausse Clé
1975
Mon Pote le Vendu
1983
Prière d'Incinérer
1984
Une Mine Épatante
1986

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