Au Balcon d'Hiroshima

Jean Amila

Gallimard / Série Noire - Mai 1985

Tags :  Roman historique Polar politique Crime organisé Truand Historique (avant 1930) Littéraire Populaire Argotique Moins de 250 pages


Contribuez au financement de Pol'Art Noir est achetant ce livre

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 1er mai 2006

Delaveine et Roblet sont en prison pour un braquage de banque réalisé en février 1939. Voilà quatre ans qu'ils croupissent derrière les barreaux lorsque l'aviation anglaise, à travers un bombardement, leur offre la liberté.
Dans la pagaille qui suit, flairant l'aubaine, ils deviennent Carcasse et Blaireau et se font enrôler parmi les troupes bientôt victorieuses en ayant soin de se faire affecter au service "d'épuration", préférant la chasse aux petits collabos de campagne, plus rentable, que l'affrontement direct sur le champ de bataille.
"Carcasse et Blaireau se foutaient un peu des lendemains qui chantent, avec drapeaux et défilés de médoches aux braves cons qui servaient de marchepied aux futures classes dirigeantes."
Reste qu'au fond, ce qui les préoccupe, c'est plutôt de récupérer leur part du magot qui s'est envolée avec leur seul complice qui ait réchappé à la fusillade qui a suivi le casse : leur chauffeur, Roger des Amandiers.
Roger, c'est au Japon qu'il a refait sa vie, dans les machines à sous, mais aussi qu'il s'est mis en ménage avec une douceur locale qui lui a donné deux enfants. Seulement le passé commence à refaire surface ; les flics sont sur ses traces et avec la fin des combats en France, ils s'approchent dangereusement...

Fidèle aux thèmes qui lui sont chers, Jean Amila remet le couvert une dernière fois pour son ultime roman dans la Série Noire à propos de la guerre, de ceux qui la font, un peu, de ceux qui en subissent les ignominies, principalement.
Les hostilités prennent fin en France :
"Et puis étaient arrivés les différents débarquements, les histoires d'offensives victorieuses et de retraites non moins victorieuses.
Encore un petit rien, les filles tondues, et c'avait été la Libération, avec un mec du genre grande asperge qu'on baladait partout. L'âge d'or avait alors commencé pour les levés-tard de la Résistance."
mais elle se poursuivent à l'autre bout de la planète. À travers les parcours de ces quelques cambrioleurs, Jean Amila nous présente à sa manière la fin de partie en train de se jouer. D'un côté les résistants de la dernière heure, ceux qui se lève quand l'odeur du gâteau à partager se fait à nouveau sentir, de l'autre les derniers tapis de bombes déversés sur le Japon pour le faire plier : bombardement de Tokyo (cent mille victimes), puis Hiroshima.
Au milieu de cette fin du monde, Roger, alias Jérémie, pauvre bougre tombé là presque par hasard, pas concerné et pourtant, comme tous, pris à parti ; là où d'autres s'étaient trouvé des ennemis, lui avait rencontré l'amour.
Jean Amila construit une galerie de personnages qui s'organise en un microcosme où les divergences d'appréciation se font sentir mais où, au final, les individus s'avèrent plus importants que les idéologies. Dans une langue à la gouaille plus prononcée que jamais, tout droit sortie du Ménilmontant cher à Roger des Amandiers, il met en lumière, une dernière fois, les atrocités guerrières des puissants imposées à toutes les populaces. Le tableau final est effroyable...


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Du même auteur, et toujours à propos de la guerre et de ses conséquences, il serait dommage de passer à côté de La Lune d'Omaha ou encore du Boucher des Hurlus, deux pièces maîtresses dans l'œuvre de Jean Amila.

Le début...

Les dix premières lignes...

Au quatrième passage des bombardiers les murs d'enceinte extérieure s'étaient écroulés. On ne comptaient déjà plus les morts et les blessés, tant à l'intérieur de la prison que dans la population civile environnante. Et dans la grande taule sinistre que les avions de la R.A.F. semblaient grignoter comme une tarte, on trouvait des indignés qui gueulaient à la sauvagerie, et d'autres plus lucides qui voyaient poindre la Belle (...).


La fin...

Quatrième de couverture...

Que faire quand le complice d'un hold-up fiche le camp avec le magot pour aller s'établir à Tokyo, dans les machines à sous ? On traverse le globe pour aller lui causer du pays. Même si le commun des mortels est occupé par une guerre mondiale. Question d'honneur ! Mais les militaires ont aussi des comptes à régler. Dissuasion rédemptrice, les innocents paieront ! Comme toujours !..


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Jean Amila










Edition(s)...

Informations au survol de l'image...

Réédition Réédition poche

Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

Y'a pas de Bon Dieu ! Motus ! La Bonne Tisane Jusqu'à Plus Soif Langes Radieux La Lune d'Omaha Pitié Pour les Rats Noces de Soufre Les Fous de Hong-Kong Le Grillon Enragé Contest-Flic La Nef des Dingues Terminus Iéna Le Boucher des Hurlus Le Chien de Montargis