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Jean Amila

Terminus Iéna

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - Février 1973

Tags : Espionnage Polar politique Flic Populaire Années 1970 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 26 septembre 2007

Un noyé repêché dans la Seine, amoché et inconnu. On convoque à la morgue Mme Stern qui recherche son mari, acteur, pour une hypothétique identification. Rien, mais le lendemain, l'appartement de la dame, sa propriétaire et l'immeuble qui va avec explosent.
Le mari, lui, Charles Evariste, est en province sur un tournage. Immergé à l'époque Empire pour le réalisme ; une adaptation d'Une Ténébreuse Affaire de Balzac. Il ne sait rien, n'est pas venu à l'enterrement de sa femme. Le commissaire Verdier envoie sur place Edouard Magne, dit Géronimo, son flic hippie, pour vérifications d'usage...

Géronimo est un des rares personnages récurrents crée par Jean Amila. Déjà croisé dans Contest-Flic, le voici cette fois confronté à un bien étrange dossier. Étrange... et obscur. Il y est question de disparitions qui n'en sont pas, de tournage de cinéma ; de sosies en goguette ; mais surtout de services et d'agents secrets.
Ceci étant, héros ou lecteur, on a bien du mal à se retrouver dans cette intrigue passablement compliquée. La guerre froide est terminée, la hache du même tonneau soit disant enterrée, mais la lutte continue. Toute la famille barbouze rivalise d'inventivité pour monter les coups les plus tordus, en toute impunité.

Pour les gens de "l'Intelligence", les subtils, les cagoulards et autres agents issus des sûretés d'État, un crime, c'est tout autre chose... C'est une combine soigneusement briquée et peaufinée, où la mort d'un, ou de plusieurs centaines d'individus n'a aucune importance, devant l'élégance intrinsèque de coup... C'est un jeu de seigneurs ! Un jeu de paranos qui s'emmerdent, et auxquels les contribuables mettent à disposition tous les moyens pour blouser qui ils veulent, y compris finalement la justification de n'importe quelle saloperie, au nom sacré de l'intérêt supérieur de l'État, qu'ils sont bien entendu seuls à piger !

Jean Amila, avec sa verve habituelle, dénonce cet état dans l'État, ses méthodes, mais à trop vouloir coller à la réalité, il finit par nous perdre, lâchés sur la plaine brumeuse d'Iéna, en pleine bagarre, sans savoir de quel côté viendra le prochain coup. Peut-être était-ce, justement, l'effet recherché ? Et dans ce cas-là, c'est assez réussi. Déstabilisant, même.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Retrouvez Géronimo dans Contest-Flic ou encore La Nef des Dingues.

les dix premières lignes...

Ç'avait commencé à Austerlitz.
Au pount, bien sûr, à l'entrée de l'Institut médico-légal.
Corvée, pour l'O.P. Edouard Magne chargé de réceptionner une dame éplorée qui cherchait son époux disparu depuis trois mois.
Or, depuis vingt-quatre heures, la Morgue avait un nouveau noyé à disposition, repêché nu dans un état de décomposition avancé et complètement amoché par les hélices des chalands (...)

quatrième de couverture...

L'affaire est pourtant simple au départ : un noyé à reconnaître à la morgue. Mais... qui est qui, alors que foisonnent les sosies et les agents secrets, de 1806 à nos jours ? Il faudra que Géronimo, petit flic contestataire, se pointe en personne sur le champ de bataille d'Iéna, pour tenter d'y voir plus clair... Un vrai cinéma !

bio express...

Jean Amila Jean AmilaJean Amila, de son vrai nom Jean Meckert, est né en 1910 à Paris. Après avoir déserté le foyer familial en compagnie d'une infirmière, son père est fusillé à la fin de la première guerre mondiale ; sa mère ne s'en remettra pas et sera internée durant deux ans. Lui sera alors placé dans un orphelinat où il complètera son éducation en dévorant les livres et en commençant à travailler dès l'âge de treize ans.
En 1939 il est mobilisé mais, après la débâcle, son régiment est immobilisé en Suisse. C'est là qu'il écrira son premier roman, Les Coups, publié par Gallimard en 1942. Il quitte alors son poste de fonctionnaire à la mairie de Paris et se consacre tout entier à la littérature. Le succès ne sera cependant pas au rendez-vous.
Remarqué néanmoins par les surréalistes, comme Raymond Queneau ou André Gide, il entre en 1950, à la demande de Georges Duhamel, à la Série Noire, alors réservée au roman noir américain. Suivront vingt et un romans...
En 1971, après un voyage en Océanie, il dénonce les essais nucléaires français, ce qui lui vaudra (semble-t-il, l'affaire n'a jamais vraiment été élucidée) un tabassage en règle dont il ressortira amnésique.
Après dix années de silence, il revient en 1981 avec Le Boucher des Hurlus.
Il décède en mars 1995 sans avoir connu de véritable reconnaissance au niveau du public mais ses œuvres (son œuvre) ne cessent d'être analysées et présentées. Un manuscrit inédit, datant des années quarante, est même paru cette année sous la signature de Jean Meckert : La Marche du Canon.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire - Février 1973 Gallimard / Série Noire
Février 1973
Carré Noir - Août 1986 Carré Noir
Août 1986

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Y'a pas de Bon Dieu !Y'a pas de Bon Dieu !
1950
Motus !Motus !
1953
La Bonne TisaneLa Bonne Tisane
1955
Jusqu'à Plus SoifJusqu'à Plus Soif
1962
Langes RadieuxLanges Radieux
1963
La Lune d'OmahaLa Lune d'Omaha
1964
Pitié pour les RatsPitié pour les Rats
1964
Noces de SoufreNoces de Soufre
1964
Les Fous de Hong-KongLes Fous de Hong-Kong
1969
Le Grillon EnragéLe Grillon Enragé
1970
Contest-FlicContest-Flic
1972
La Nef des DinguesLa Nef des Dingues
1972
Le Boucher des HurlusLe Boucher des Hurlus
1982
Le Chien de MontargisLe Chien de Montargis
1983
Au Balcon d'HiroshimaAu Balcon d'Hiroshima
1985

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