Seuil - Mai 1998
Tags : Polar social Polamour Psychologie Quidam Années 1990 Moins de 250 pages
Publié le : 31 octobre 2005
Thierry Jonquet délaisse ici le polar et/ou le roman noir pour se livrer à un
regard sur lui-même, sur sa vie, sur l'époque qu'il vient de traverser.
Une sorte de récit autobiographique - la quarantaine passée n'est-elle
pas propice à établir les premiers bilans - où il reprend son parcours
de militant d'extrême gauche dans les années soixante-dix, mais aussi
des éléments plus personnels, plus intimes, comme la découverte de sa
future femme. Éléments qu'il romance, analyse, et met en scène comme
une rencontre improbable, voire impossible.
L'auteur décrit avec tendresse et nostalgie les années d'engagement qui ont
suivies mai 68. Il nous conte les espoirs, les utopies, les grands
rêves, avec romantisme - l'Histoire ne se construit pas sans passion -
mais aussi les désillusions qui suivirent.
Témoignage des aspirations révolutionnaires de la fin du vingtième siècle, ce
roman, à part dans la production de l'auteur, se dévore avec plaisir,
même si on n'y trouve ni monstre, ni crime, ni enquête scabreuse, tant
il regorge de l'humanisme qu'on se doit de reconnaître comme une des
qualités de Thierry Jonquet.
À lire, tant pour mieux apprécier la personnalité de cet écrivain majeur que pour
l'éclairage qu'il apporte sur la génération des soixante-huitards.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Rouge c'est la Vie n'est pas un roman politique mais il aborde de fait le passé de militant de son auteur et donc... la politique.
Son premier roman, son premier pavé dans la marre, n'abordait pas son passé
de militant (puisqu'il en était encore un présent), mais n'en était pas
moins un récit de politique-fiction. Du Passé Faisons Table Rase, remarqué dès sa sortie pour son côté irrévérencieux, sa mine de pamphlet, est à lire, voire même à relire...
Les dix premières lignes...
Sans le motard, jamais Victor n'aurait rencontré Léa. C'est une certitude.
Une évidence. Vingt-cinq ans plus tard, Victor a oublié le modèle de la
moto, la couleur du casque, il se souvient tout juste du blouson de
cuir du pilote, une tache mauve entraperçue l'espace d'un instant. Le
motard a disparu aussi vite qu'il était apparu, et sans doute ne
s'est-il rendu compte de rien. Vers quels mystérieux rendez-vous se
pressait-il ainsi, ce motard, Victor se le demande encore et s'amuse
parfois à formuler des hypothèses fantaisistes (...).
Quatrième de couverture...
Mai 68 : j'avais quatorze ans. Elle aussi. Trente ans et quelques
cheveux blancs plus tard, la tentation était forte de jeter un petit
coup d'œil dans le rétroviseur. Les banderoles, les slogans, les
drapeaux rouges, les manifs. Et ce qui a suivi. Le militantisme. Pour
ce qui me concerne, dans les rangs trotskistes. À la Ligue communiste.
Pour ce qui la concerne, au kibboutz.
Depuis quinze ans j'écris des romans noirs, des intrigues où la haine, le
désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer
de pauvres personnages. J'ai eu envie de rompre avec l'habitude,
d'évoquer les banderoles, les slogans, les drapeaux rouges, les manifs.
Et surtout de raconter une histoire d'amour. La mienne.
Sa trombine... et sa bio en lien...
Informations au survol de l'image...