Les Stripteaseuses ont toujours besoin de Conseils Juridiques

Iain Levison

Liana Levi - Août 2024 - Traduction (anglais) : Emmanuelle Aronson - Philippe Aronson

Tags :  Comédie Avocat Etats Unis Années 2020 Humoristique Moins de 250 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 04 mars 2025

Avocat pénaliste commis d’office est un métier usant et Justin Sykes en sait quelque chose, lui qui use sa santé à défendre de petits délinquants qui pratiquent la récidive comme d’autres le taï shi : avec détermination.

Iain Levison nous propose d’emblée quelques images de la machine judiciaire américaine, de ses petits arrangements, de la façon dont elle traite celles et ceux qui lui sont confrontés selon la couleur de leur peau ou leur statut social.
Les clients d’un commis d’office ne sont pas, de loin, les plus riches, et les plus pauvres parmi eux sont souvent noirs… Conséquence : leur avocat ne roule pas sur l’or.
Dès lors, quand un certain Marcus lui propose mille dollars de l’heure pour donner des conseils juridiques à ses stripteaseuses, Justin Sykes ne réfléchit pas trop avant de donner une réponse positive à l’offre, et quand bien même la réputation du dit Marcus n’est pas la meilleure qui soit.

Il s’installe donc bientôt dans un des box du club tenu par Marcus pour prodiguer sa science avant de passer la nuit dans le motel flambant neuf du même propriétaire (la seconde partie du deal) et de toucher son enveloppe.
La vie continue, avec un peu plus de beurre dans les épinards, jusqu’au jour où l’un de ses clients, pour réduire voire annuler sa peine comme c’est le cas dans les négociations judiciaires américaines, propose de donner aux flics un gros dealer qu’ils n’arrivent pas à coincer. Et naturellement, il s’agit de Marcus… Quelqu’un qu’on n’a pas envie de mettre en colère…

Fidèle à sa marque de fabrique, Iain Levison, le plus anglais des écrivains américains, utilise sa plume acide pour vitupérer. L’accusé du jour : le système judiciaire des États-Unis ; il y a de quoi faire…
La négociation étant au cœur de l’institution, elle ouvre la porte à toutes les malversations possibles : trafic d’influence, corruption, népotisme, et j’en passe, même si son but premier est de désengorger les tribunaux. Que ce soit entre avocat et juge ou entre accusé et procureur, tous les coups sont permis.

Iain Levison dénonce le côté pernicieux du système et ses absurdités en construisant une intrigue autour d’un avocat commis d’office, ancien lanceur d’alerte qui a préféré en son temps conserver son intégrité plutôt que son salaire. Si le personnage est sympathique et l’intention louable, les ficelles du scénario sont cependant un peu grossières. On a connu l’auteur plus en forme.

Heureusement, restent toutes les absurdités pointées :

Il y a un peu plus de deux cents ans, Thomas Jefferson et James Madison s’efforçaient de faire face à la difficulté la plus pressante de l’époque, à savoir créer une nation, mais aucun État ne voulait en être à moins de pouvoir décider de ses propres lois. Voilà pourquoi chaque État a pu bénéficier de son propre système judiciaire, donnant ainsi naissance aux États-Unis d’Amérique. Désormais nous avons cinquante systèmes judiciaires, sans parler de celui du gouvernement fédéral.
Ce qui signifie qu’aujourd’hui, si vous voulez fumer de l’herbe au bord de la Delaware River côté New Jersey, grand bien vous fasse, le cannabis étant légal là-bas. Mais la Pennsylvanie, de l’autre côté du fleuve, possède les lois les plus restrictives du pays en matière de drogue. La notion de délit est donc géographique. Ce ne sont pas vos actes qui caractérisent le crime, mais l’endroit où vous vous trouvez. La morale, et toute idée de bien et de mal, disparaissent de l’équation.


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Les avocats américains sont nombreux dans la littérature policière. Récemment, un certain Mickey Haller à repris du service sous la plume de Michael Connelly dans le réussi Sans l’Ombre d’un Doute. Plus ancien, mais irrésistible, on peut aussi se pencher sur le cas de Victor Carl qui traverse les romans de William Lashner.

Le début...

Les dix premières lignes...

« C’est un garçon tellement gentil. Tellement doux. Il a toujours été facile. » Par-dessus mon bureau en désordre, Mme Nowak me regarde avec ses grands yeux tristes. Son fils vient d’être arrêté, pour la troisième fois, après s’être exhibé dans le bus devant des lycéennes. En l’occurrence, il n’y a pas moyen d’élaborer une défense à proprement parler. Eric apparaît sur la vidéosurveillance du bus, et il y a sept témoins dont deux officiers de police. Il nous faut donc plaider coupable et supplier le juge de se montrer clément. Nous présenterons les circonstances atténuantes demain.
Je veux que ce soit Mme Nowak qui s’y colle. Elle incarne à merveille la mère courage, mais surtout, elle est jolie. Elle a une bonne cinquantaine mais en paraît dix de moins, et le juge Weaver est un vieux pervers blasé qui ne reprend du poil de la bête qu’en présence de jolies femmes. C’est la meilleure stratégie juridique que je puisse imaginer.


La fin...

Quatrième de couverture...

Mille dollars de l’heure. Un tarif qui ne se refuse pas quand on est avocat commis d’office obligé de passer ses journées, dimanches compris, à plancher sur les dossiers attristants de petits malfaiteurs sans envergure. Puis à négocier des peines avec un procureur plus puissant que soi mais tellement moins compétent. Alors Justin Sykes, lassé par ce quotidien déprimant, accepte pour ce tarif de se mettre, un soir par semaine, au service des filles d’un gentlemen's club et de passer la nuit dans le motel d’en face. Sans trop chercher à comprendre. Parce que, c’est bien connu, les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Iain Levison










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Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

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