Shit !

Jacky Schwartzmann

Seuil Policiers - Mars 2023

Tags :  Roman noir Polar social Comédie Trafic Drogue Quidam France Années 2020 Humoristique Entre 250 et 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 31 décembre 2023

Recommandé Thibault Morel vient d’être nommé en tant que CPE au collège de Planoise, la banlieue difficile de Besançon. Il espère bien oublier là une histoire amoureuse délicate qui l’a vu se faire plaquer par sa chère dulcinée. Consciencieux et militant humaniste (pour ne pas dire « de gauche »), il se décide même à vivre au sein du quartier dans lequel il va bientôt travailler et investit un modeste appartement dans une des barres HLM. Pas de chance pour lui, il a écopé d’un logement situé en face d’un des points de deal, celui des frères Mehmeti, des Albanais qui font régner la terreur et promulguent leurs propres lois. Ainsi, le pauvre Thibault en est-il réduit à ne pas se séparer de sa quittance de loyer pour justifier de sa présence dans le hall de son immeuble et pouvoir rentrer chez lui après sa journée au collège. Tout ça après avoir subi quelques humiliations de bon aloi.
À Planoise, la guerre des gangs fait rage et la concurrence sévère. Une nuit, alors qu’il est terré dans son deux pièces, des coups de feu éclatent et Thibault assiste, derrière son œilleton, à la fin tragique des frères Mehmeti. Les assaillants ont fait place nette, mais ils n’ont pas trouvé la cachette des dealers. Le calme revenu, et avant l’arrivée des forces de l’ordre, il s’aventure chez ses anciens voisins de palier et, lui, finit par identifier la planque, astucieusement masquée par la baignoire. Un paquet de pognon, une centaine de kilos de shit…
La même idée a d’ailleurs traversé l’esprit de sa voisine, Madame Ramla. Après quelques hésitations, ils s’emparent de quelques liasses de billets. Pour elle, un peu de beurre dans les épinards, pour lui le moyen idéal de régler quelques problèmes sociaux qu’il rencontre au collège, comme l’organisation de ce voyage scolaire dont sont exclus les plus démunis.
Et puis, de fil en aiguille, l’improbable couple reconstitue à sa manière la petite entreprise des frères déchus.

Jacky Schwartzmann connaît bien Planoise et son environnement de banlieue « difficile », il y a grandi et n’a donc pas dû chercher très loin dans sa mémoire pour trouver l’inspiration et la matière à la construction de ce roman qui s’inscrit parfaitement dans sa méthode pour « traiter » les affaires sociales auxquelles il s’intéresse : la comédie.
On pourrait même penser à un aboutissement tant Shit ! est une réussite en la matière, trouvant le bon équilibre entre la situation improbable du départ et le déroulement de l’intrigue qui permet à l’auteur d’aborder des thématiques qui lui sont chères tout en conservant cette légèreté, cette science du bon mot qui font son cachet.
Thibault Morel est un gentil parachuté dans le monde des méchants qui va user de toutes ses compétences pour faire le bien autour de lui, par tous les moyens. La vie dans la cité n’est pas qu’affaire de trafic de drogue. Tout un mode habite là, oublié, délaissé, mais solidaire et c’est avec émotion que Jacky Schwartzmann le met en scène, gardant ses « piques » pour les institutions, officielles ou non.
Entre intégration ratée, racisme ordinaire, éducation nationale à la ramasse, police déboussolée, trafics en tout genre, et associations diverses et variées qui se démerdent, c’est le portrait d’un « quartier » qui se dessine, avec humour et lucidité. Celui-là est du côté de Besançon et pour le coup, occupe la partie émergée de l’iceberg, le temps d’une « belle » histoire.

Une chose est sûre : les hommes politiques, quelle que soit leur appartenance, sont des crevures qui n’ont pas la moindre idée de la vraie vie et des relations qu’entretiennent les Français entre eux. Les interpeller ? Cela reviendrait à appeler Jeff Bezos pour lui demander où est passé votre colis Amazon : il ne saurait même pas de quoi vous parlez.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

L’entame et l’idée de départ de Shit ! n’est pas sans rappeler celles du roman de Hannelore Cayre, La Daronne. Le traitement n’est pas le même, mais là aussi, la qualité est au rendez-vous.

Le début...

Les dix premières lignes...

C’est pour ne jamais devenir comme Frédéric Blanchard que j’ai choisi de ne pas être enseignant. Nous avons pourtant de nombreux points communs. Nous sommes tous deux de gauche, lui France insoumise, moi modeste socialiste. Nous consacrons tous deux notre carrière, pour ainsi dire notre vie, à la jeunesse. Nous sommes tous deux de fervents républicains, amoureux de notre pays, la France. La différence ? Il pue de la gueule.
Je le soupçonne de chiquer des chaussettes sales.
Ses fringues aussi puent de la gueule. Pantalon en velours côtelé, chaussures Paraboot à rebord et coutures apparentes, chemise blanche, veste de marin informe. Frédéric porte un uniforme. Ensuite, c’est dans la tête : il est toujours fâché. Révolté. Ulcéré. Il fait tourner dans son cerveau surchauffé des gimmicks révolutionnaires, on dirait DJ Staline : le ministre de l’Éducation nationale est un nazi qui dispose d’une administration complice dont la principale obsession est d’augmenter les effectifs des classes ; tous les gouvernements, depuis 1983 et le tournant mitterrandien de la rigueur, sont vendus au grand capital ; les Arabes sont les nouveaux prolétaires ; les flics sont des chiens. Amen (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Quand Thibault débarque à Planoise, quartier sensible de Besançon, il est loin de se douter que la vie lui réserve un bon paquet de shit. Conseiller d’éducation au collège, il mène une existence tout ce qu’il y a de plus banale. Sauf qu’en face de chez lui se trouve un four, une zone de deal tenue par les frères Mehmeti, des trafiquants albanais qui ont la particularité d’avoir la baffe facile. Alors que ces derniers se font descendre lors d’un règlement de comptes, Thibault et sa voisine, la très pragmatique Mme Ramla, tombent sur la cache de drogue.
Que faire de toute cette came ? Lorsque notre duo improvisé compare ses fiches de paie avec le prix de la barrette, il prend rapidement une décision. Un choix qui pourrait bien concerner tout Planoise.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Jacky Schwartzmann










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