Jean-François Vilar
Djemila
Première édition : Calmann-Lévy - Avril 1994
un avis personnel...
Publié le 03 décembre 2011
Prise en flagrant délit de chapardage dans un supermarché , Djemila, une jeune Algérienne vivant à Paris, poignarde le vigile à la main pour pouvoir s'échapper. Djemila est aussi la compagne de Sinclair, un intellectuel de gauche qui jadis dénonça la mort sous la torture d'une combattante du FLN qui se trouve être la mère de Djemila. Lorsque le vigile et un de ses amis, tous deux membres d'un parti d'extrême droite, effectuent une expédition punitive au domicile de Sinclair, ils sont abattus. Sinclair appelle Jonas, un ancien compagnon de lutte devenu policier, et lui affirme avoir tiré en état de légitime défense. Ensemble, ils décident d'effacer les traces du crime. Malheureusement, Fourier ; un journaliste d’extrême droite surnommé le Clébard, apprend la disparition des deux victimes après leur visite au domicile de Sinclair, et se lance dans une enquête…
Les années soixante-dix ont vu apparaître un nouveau courant dans le roman noir français qui fut appelé "néo polar". Des romans avec un fond social et politique. Jean-François Vilar en est sans aucun doute l'un des meilleurs représentants. Et ce court roman en est une preuve incontestable. Loin de tout manichéisme, Vilar montre le désenchantement, en cette fin des années qutre-vingts, des anciens activistes de gauche devenus figures de l'intelligentsia parisienne.
Ce roman nous replonge dans le climat politique de l'époque, la montée du Front National, les mouvements antiraciste, l'embourgeoisement d'une partie de la gauche intellectuelle.
Personne ne semble totalement innocent sous la plume de Vilar.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
les dix premières lignes...
C'est provoquant. Rien que pour le plaisir. Djemila glisse dans la poche de son blouson ceci : un compact-disc de « Europe » (pour elle), The Final Countdown, et la cinquième de Mahler (pour Sinclair). Le blouson aussi à été fauché. Mais il y longtemps, ailleurs. Pas dans un supermarché minable. Maintenant, après toutes ces bagarres, cette patine qui a raclé le cuir, il est à elle, définitivement.
Sinclair aime la musique interminable de Mahler. Il aime Djemila, avec ce blouson de zonarde. Un type tordu (…)
quatrième de couverture...
Un écrivain célèbre, intellectuel parisien de renom, est accusé d'avoir tué deux membres d'un parti d'extrême droite. Ainsi commence l'affaire Sinclair ! Une rumeur, une campagne de diffamation qui prend vite, en pleine période électorale, des allures de scandale politique !
Les sympathies politiques de Sinclair pour la gauche, son passé d'officier parachutiste en Algérie, sa "trahison" — il a dénoncé les méthodes employées par l'armée française à l'époque — et surtout la présence à ses côtés d'une jeune femme algérienne, Djemila, font de lui une cible privilégiée. On s'inquiète en haut lieu. Et si Sinclair était réellement coupable ?
bio express...
Jean-François VilarJean-François Vilar nait à Paris le 14 mars 1947.
Après des études de droit et de philosophie, il devient éducateur, militant à la Ligue Communiste Révolutionnaire et journaliste permanent à l'hebdomadaire Rouge.
Il démissionne de la LCR et de Rouge en 1981 et écrit son premier roman C'est Toujours les Autres qui Meurent dont le personnage central est Victor Blainville, un photographe qui travaille pour un quotidien vaguement de gauche. On retrouvera Victor Blainville dans cinq autres romans.
En 1997, il cesse de publier.
édition(s)...
Calmann-Lévy
Avril 1994
Folio Policier
Septembre 2011
Folio Policier
Septembre 2011

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