Retour en haut de page

Pierre Siniac

Les Monte-en-l'Air Sont là !

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - 1970

Tags : Roman noir Roman à énigme Crime organisé Corruption Complot Truand Criminel Littéraire Original Argotique France Années 1970 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 20 octobre 2008

S’attaquer au fameux système Breifer de l’industriel du même nom a quelque chose de fou. Personne n’a osé y laisser ses plumes. En effet, depuis que le coffre du Home Breifer, villa de luxe pour milliardaires recherchant le vert dans les Alpes a été attaqué, Breifer n’y est pas allé par quatre chemins pour ramener la clientèle. Un blockhaus sur une arête alpine, véritable nid d’aigle, uniquement accessible par un téléphérique privatif, surveillé par des gardiens armés jusqu’aux dents… Voilà rien de moins que le fameux « vide-poches » : inattaquable, inviolable. Et quand bien même un casse s’y ferait, les voleurs auraient le choix entre les gouffres du glacier attenant et la seule route menant jusqu’à la sous-station de téléphérique, vite close alors par la gendarmerie. Le choix entre le suicide ou l’arrestation. Inattaquable ! Les clients n'en sont pas dupes : de riches industriels, aristocrates, fils de bonne famille y déposent leur fond le temps d’un week-end ou d’une semaine dans les Alpes, non loin de Megève. Montant estimé dans les dix coffres du « vide-poches » : pas moins de quelques milliards de francs au bas mot.

Comment Gusti la Feignasse, petit homme à l’allure de Charlot tout droit sorti d’un film muet, voyou sur le retour, sans expérience va-t-il monter son coup ? Comment accéder au Home Breifer si l’on n’est pas un milliardaire ? Comment arriver jusqu’au « vide-poches » ? Comment forcer les dix coffres brevetés ? Autant de questions que Gusti se pose et semble ne pas méconnaître. Duclair, son comparse, ancien adjudant devenu gras à force d’ingérer en grande quantité des tartines au foie de veau et de la cochonnaille, lui, semble bien plus dubitatif…

Siniac signe ici un roman noir dont bien entendu personne ne sortira vainqueur. La feignasse Gusti, un bon à rien garanti sur facture, fait preuve d’un trait de génie. Mais, hélas pour lui, il n’est pas le seul et tout se complique. L’écriture de Siniac, ses références au cinéma américain (Asphalt Jungle), ses rebondissements, font de ce livre un concentré de l’art du braquage et du machiavélisme ambiant dans le Milieu. Des rebondissements réellement imprévus, le manque de chance ou parfois la chance extrême viennent se décliner dans les pages de ce livre que l’on lit avec une curiosité grandissante. Haletant… mais désespéré.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Le Casse-Route de Siniac.

les dix premières lignes...

« Toute ma vie je me suis fait une certaine idée du braquage », se dit Gusti la Feignasse en se réveillent sur le coup de onze heures du matin. Il resta paresser sous ses draps chauds et humides de sueur, l’édredon remonté jusqu’au menton, se mit à penser à ses théories plus ou moins fumeuses sur l’art du braquage (…)

quatrième de couverture...

Un charmant garçon, Gusti-la-feignasse. Pas tout jeune, cireur de chaussures sur les Champs-Élysées, ancien voyou, passionné de film policier, il avait en tête le plus formidable hold-up des siècles passés et à venir.

bio express...

Pierre Siniac Pierre SiniacVoir ci-dessous... Pas besoin d'en rajouter.
Juste une chose : Pierre Siniac est décédé en mars 2002.

Autoportrait paru sur le défunt www.romanpolicier.com
Né à Paris le 15 juin 1928. Mes parents étaient de petites gens, des artisans. Ma mère, franc-comtoise, était couturière et costumière de théâtre. Le véritable chef de famille, ce fut elle, d'où son influence totale. Les vacances d'enfance se passaient toujours en Franche-Comté. Donc, votre serviteur très marqué par ce climat, le caractère de cette province, la famille de ce côté-là, etc. La famille paternelle, méditerranéenne, nous était pratiquement inconnue, lointaine et sans influence. Mon père, outre quelques jobs au cours de sa jeunesse à Marseille, exerçait la profession de bottier. Ma mère disait à des gens : "Mon mari est dans la chaussure", et moi - anecdote - âgé de quatre ou cinq ans, je courais jeter un coup d'oeil dans le placard aux godasses. J'ai quitté l'école communale à 14 ans pour être embrigadé dans un CET (à l'époque : école professionnelle) : technicien pour les installations de chauffage central, dessin industriel, puis l'imprimerie, et je ne sais quoi encore. Une sorte de galère, je passais plutôt mes journées au cinéma. J'ai fait quatre ou cinq de ces écoles, je n'y restais jamais longtemps. J'ai navigué à droite et à gauche, voyagé, exercé pas mal de jobs divers, connu de tas de milieux (expérience enrichissante pour quelqu'un qui veut écrire).
Citons quelques-uns de ces boulots : secrétaire d'un mage marchand d'amulettes et autres gadgets attrape-cons figurant de cinéma, astrologue, assistant d'un généalogiste (je connais bien cette partie), emballeur, manouvre dans une briqueterie, garçon de courses, chauffeur, employé dans une blanchisserie de gros, caissier (assez longtemps) dans des abattoirs (La Villette, Vaugirard) - je m'y plaisais - OS quelques jours chez Citroën, sur une perceuse (poilant !), sans parler des travaux à la campagne, etc. etc. Ensuite une longue période stable dans le théâtre (le jour : partie administrative ; le soir : petits rôles sur scène, régisseur, aide-décorateur, accessoiriste, caissier, etc.) Quelques pièces écrites et représentées, ici ou là, dont une pièce surréaliste saluée par la critique mais qui ne fit pas un rond ! Voilà, en gros, mon parcours « bio ». J'en oublie.
Durant toutes ces années, j'écrivais, bien sûr (mon premier roman en 1938, à dix ans.) Mon premier ours publiable parut en juillet 1958 aux Editions de l'Arabesque, puis je suis entré à la Série Noire, en 1968, avec Les Morfalous , qui fit un sacré tabac, suivi de peu par un autre succès foudroyant : Les Monte-en-l'air Sont là ! Ecrivain à plein temps - aucune autre profession - depuis 67-68.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire -  1970 Gallimard / Série Noire
1970
Folio Policier - Décembre 2000 Folio Policier
Décembre 2000

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Le Casse-RouteLe Casse-Route
1969
Luj Inferman' et la CloducqueLuj Inferman' et la Cloducque
1971
Les 401 Coups de Luj Inferman'Les 401 Coups de Luj Inferman'
1972
Femmes BlafardesFemmes Blafardes
1981

vos commentaires...

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis !