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Pierre Siniac

Le Casse-Route

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - Mai 1969

Tags : Roman noir Polar maritime Road Polar Crime organisé Complot Truand Littéraire Argotique France Années 1970 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 20 octobre 2008

RecommandéPaul Chaumel dit Fine-de-claire est un cadre médiocre, père du petit Jean-Loup dit Shériff, un homme sans qualité aurait dit Musil, sans histoire, quelconque. Seulement voilà, le gros cadre amateur d’huîtres a les mains qui trempent dans un projet d’extorsion de fond : partir loin, promet-il à sa femme, mais avec le magot en diamants des fameux Black Power, qui ont décidé de l’entreposer loin des vues de l’Oncle Sam dans une succursale banquière de Nantes.

Mais Fine est un médiocre et un peureux. Alors que ces acolytes — Lefaucheux, patron de boîte et cerveau de l’opération ; Ober, ancien légionnaire ; Giquel, gras brun et hépatique ; Varcher, pote de Bod Dénard briquant jusqu’à l’usure son Smith et Wesson 45 ; Bobin, ancien coureur automobile ayant eu son quart de gloire au volant d’une Ferrari au Mans — répartissent les compétences de chacun, Fine fait parler de lui : il refuse d’abattre quiconque si le besoin s’en fait sentir. Exclu de l’opération commando par manque de fiabilité, tancé et rudoyé par un jeune adolescent quasiment élevé par Lefaucheux, et qui va remplacer au pied levé Chaumel, Fine ourdi sa vengeance.

Si le groupe a besoin du Casse-route de Bobin (un châssis de Dodge, surmonté d’un blindage d’AMX et d’un moteur démentiel) afin de se rendre en toute sûreté sur le littoral où un bateau puissant les attendra pour sortir le plus vite possible des eaux territoriales, la route s’achève sur des falaises, un virage serré et une descente vers les quais. Un bon coup de frein sera nécessaire d’autant que Bobin, limite psychopathe du volant, a tendance à avoir le pied lourd. Sans frein, le Casse-route décollera tout droit et tombera de tout son poids dans l’Atlantique sans laisser la moindre chance à l’équipage.

Fine se marre déjà en pensant à son plan machiavélique. S’il ne touche pas le magot, personne n’y touchera ! Entreposé dans la banlieue industrielle nantaise, le Casse-route est surveillé de près, sauf lors de la pause déjeuner. Il suffira de saboter les maîtres cylindres pour faire de cet engin blindé un cercueil de métal… Sept millions de francs par tête sont en jeu. On ne plaisante plus.

Siniac joue avec les nerfs du lecteur. On suit avec avidité et une curiosité grandissante cette histoire. Fine sabote, mais que va-t-il advenir du Casse-route ? Ce dernier va traverser à tombeau ouvert le village de Fine. Il faut espérer que Shériff ne sorte pas de l’école à cette heure-là. Si tout va bien ce ne sera pas le cas. Et s’il sortait à ce moment parce que le braquage a pris tout simplement plus de temps ? Et si Bobin se rend compte du sabotage ? Il pensera à Fine immédiatement. Comment Fine va-t-il éviter ces impondérables ? Comment va-t-il faire ? Suivre le Casse-route avec sa DS ?
Siniac comme d’habitude élève une histoire anodine au rang de récit dostoievskien, avec un vertige d’interrogations métaphysiques, à force de rebondissements crédibles à chaque chapitre et rien ne fini jamais de toute façon comme prévu.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

les dix premières lignes...

Il était dix heures.
À cette heure de la journée, le trafic sur l’autoroute est calme. C’est le moment creux entre départs au boulot et le trajet pour aller déjeuner. Des poids lourds, quelques camionnettes de mareyeurs qui filent de la côte jusque dans le Val de Loire ou le Poitou, des VRP et même plusieurs mémères qui vont faire leurs courses à Nantes.
L’autoroute, un bien grand mot. En fait, il s’agit plutôt d’un tronçon de route à trois voies, ces pelées, ces galeuses qu’on s’est efforcé, sans trop se casser la tête, de transformer en voie de circulation spéciale, comme on dit (…)

quatrième de couverture...

Le Casse-route, c’est un pur chef d’œuvre de mécanique : la carrosserie d’un tank mais capable de se taper du 220 comme une fleur. Bobin, un as du volant, l’a conçu amoureusement en vue de participer à une compétition d’un genre spécial : faucher le trésor du Black Power, planqué dans une banque de Nantes. Les gens de la région ne l’ont vu qu’une fois, mais ils en sont restés sur le cul. On en parle encore dans le landernau.

bio express...

Pierre Siniac Pierre SiniacVoir ci-dessous... Pas besoin d'en rajouter.
Juste une chose : Pierre Siniac est décédé en mars 2002.

Autoportrait paru sur le défunt www.romanpolicier.com
Né à Paris le 15 juin 1928. Mes parents étaient de petites gens, des artisans. Ma mère, franc-comtoise, était couturière et costumière de théâtre. Le véritable chef de famille, ce fut elle, d'où son influence totale. Les vacances d'enfance se passaient toujours en Franche-Comté. Donc, votre serviteur très marqué par ce climat, le caractère de cette province, la famille de ce côté-là, etc. La famille paternelle, méditerranéenne, nous était pratiquement inconnue, lointaine et sans influence. Mon père, outre quelques jobs au cours de sa jeunesse à Marseille, exerçait la profession de bottier. Ma mère disait à des gens : "Mon mari est dans la chaussure", et moi - anecdote - âgé de quatre ou cinq ans, je courais jeter un coup d'oeil dans le placard aux godasses. J'ai quitté l'école communale à 14 ans pour être embrigadé dans un CET (à l'époque : école professionnelle) : technicien pour les installations de chauffage central, dessin industriel, puis l'imprimerie, et je ne sais quoi encore. Une sorte de galère, je passais plutôt mes journées au cinéma. J'ai fait quatre ou cinq de ces écoles, je n'y restais jamais longtemps. J'ai navigué à droite et à gauche, voyagé, exercé pas mal de jobs divers, connu de tas de milieux (expérience enrichissante pour quelqu'un qui veut écrire).
Citons quelques-uns de ces boulots : secrétaire d'un mage marchand d'amulettes et autres gadgets attrape-cons figurant de cinéma, astrologue, assistant d'un généalogiste (je connais bien cette partie), emballeur, manouvre dans une briqueterie, garçon de courses, chauffeur, employé dans une blanchisserie de gros, caissier (assez longtemps) dans des abattoirs (La Villette, Vaugirard) - je m'y plaisais - OS quelques jours chez Citroën, sur une perceuse (poilant !), sans parler des travaux à la campagne, etc. etc. Ensuite une longue période stable dans le théâtre (le jour : partie administrative ; le soir : petits rôles sur scène, régisseur, aide-décorateur, accessoiriste, caissier, etc.) Quelques pièces écrites et représentées, ici ou là, dont une pièce surréaliste saluée par la critique mais qui ne fit pas un rond ! Voilà, en gros, mon parcours « bio ». J'en oublie.
Durant toutes ces années, j'écrivais, bien sûr (mon premier roman en 1938, à dix ans.) Mon premier ours publiable parut en juillet 1958 aux Editions de l'Arabesque, puis je suis entré à la Série Noire, en 1968, avec Les Morfalous , qui fit un sacré tabac, suivi de peu par un autre succès foudroyant : Les Monte-en-l'air Sont là ! Ecrivain à plein temps - aucune autre profession - depuis 67-68.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire - Mai 1969 Gallimard / Série Noire
Mai 1969

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Les Monte-en-l'Air Sont là !Les Monte-en-l'Air Sont là !
1970
Luj Inferman' et la CloducqueLuj Inferman' et la Cloducque
1971
Les 401 Coups de Luj Inferman'Les 401 Coups de Luj Inferman'
1972
Femmes BlafardesFemmes Blafardes
1981

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