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David Goodis

Épaves

Couverture

Première édition : Glancier-Guénaud - 1980

Tags : Roman noir Polar social Polar urbain Crime organisé Corruption Truand Quidam Années 1950 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 13 mars 2007

Une chronique de Émeric Cloche.

Dans cette maison, chaque individu était un ennemi en puissance ; tous appartenaient à l’armée clandestine qui obéissait au code non écrit de Ruxton Street, et que les énormes poings de Hagen se chargeaient de faire respecter. Ils obéissaient car tous avaient peur.

D’entrée de jeu, David Goodis décrit Ruxton Street comme un serpent. D’un côté de la rue il y a Matt Hagen et ses sbires qui font régner la loi grâce à la violence, la corruption et la peur et de l’autre une population rackettée, abrutie par l’alcool ou aveuglée par le travail et qui traverse de temps en temps pour avoir un peu de "bon temps". Il y a aussi la culpabilité de ceux qui voient tout ce qui se passe, des deux côtés de la rue, encore lucides, mais qui pour continuer à vivre "tranquillement" se taisent. Comme Bertha, Sam ou Chet. Dans un sursaut de dignité, devant les actes d’Hagen, ils vont se lever, "comme dans ces contes de bonnes femmes où un crétin de chevalier va affronter milles dangers".

C’est Michel Lebrun "Le pape du polar" qui a traduit Street of The Lost (1952).



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Quelques pistes à explorer, ou pas...

DVDGilles Béhat adapte le livre au cinéma le 4 janvier 1984 avec des dialogues de Jean Vautrin et une musique de Bernard Lavilliers qui colle à merveille avec l’ambiance de la rue. Après avoir vu La Lune dans le Caniveau de Beinex, Bréhat s’intéresse à David Goodis. Il lit Épaves. Ayant lui-même été élevé en banlieue, le sujet résonne avec son enfance. La transposition de l’action en banlieue française donne lieu à quelques changements. Sam, par exemple, le personnage du Noir devient Italien. Les relations entre les personnages du roman sont élargies, les personnages approfondis prennent une dimension encore plus importante. Le film est un chef d’œuvre aux images volontairement stylisées, servi par de très bons acteurs : Hagen joué par Bernard-Pierre Donnadieu est encore plus puissant que dans le bouquin de Goodis et Chet trouve toute sa place à l’écran avec Bernard Giraudeau. Les personnages joués par Christine Boisson (Bertha) & Nathalie Courval (La femme de Chet) y gagnent en subtilité.
Comme il l’explique lui-même, Gilles Béhat n’a pas voulu faire un documentaire, mais une fable moderne. Un film qui donne à réfléchir, trente ans après la parution du livre de Goodis.

les dix premières lignes...

Elle gisait sur le dos, dans le ruisseau de Ruxton Street, à dix heures dix, la petite Chinoise. Ouvrant les yeux, elle regarda la lune rousse ; elle voyait cinq lunes, de couleur lavande, qui tournoyaient dans le ciel comme des ballons de baudruche. La jeune fille tenta de se lever, retomba en arrière et gémit. Elle éprouvait une douleur violente au bras gauche, et se demanda s’il était cassé. Puis elle sentit une douleur différente, ferma ses yeux et se mordit violemment la lèvre. Elle se prit à espérer qu’elle agonisait et serait bientôt morte.
Alors elle entendit les pas qui s’approchaient (...)

quatrième de couverture...

Quand la nuit tombe sur Ruxton Street, le cauchemar recommence. Dans cette rue sans joie, c'est Hagen qui fait la loi : celle du vice, de la corruption et du meurtre.
Face à Hagen, Chet Lawrence ne pèse pas lourd. Pourtant, il ira jusqu'au bout. Tout en sachant ce qui l'attend : la descente aux enfers.
Sans espoir de retour.

Avec David Goodis (1917-1967), le romantisme fait son entrée dans le polar américain.
Filles perdues, clochards célestes et tendres voyous, ses personnages hantés par l'échec arpentent le boulevard du crime, les pieds dans les nuages.

bio express...

David Goodis David GoodisPrésentation de l'éditeur (Folio) :
Né en 1917 à Philadelphie, David Goodis semble s'être forgé un destin aussi sombre, aussi désespérant que celui de ses héros. Timide, solitaire, refermé sur soi, il a fait d'assez brillantes études universitaires et a obtenu un diplôme de journaliste en 1938. Encouragé par un premier essai romanesque, il se rend à New York et écrit des histoires de guerre aérienne. Son roman Cauchemar, paru en 1946, ayant suscité l'intérêt de la Warner Bros, le voici à Hollywood, où il participe à l'élaboration de divers scénarios.
Et puis c'est le retour, probablement définitif à Philadelphie et le début d'une légende basée sur des faits réels : l'alcoolisme, la solitude, les errances dans les lieux maudits, les vagabondages, les arrestations et, en même temps, la poursuite fiévreuse de l'écriture, dans une sorte d'identification avec les ratés de la vie, les victimes de la malchance, les témoins malheureux de la déchéance humaine.
Il est mort à l'hôpital en 1967 et, actuellement, reste oublié des bibliothèques américaines. Ce destin, exemplaire dans la mélancolie, ne rappelle-t-il pas un peu celui d'Edgar Poe ?

édition(s)...

Glancier-Guénaud -  1980 Glancier-Guénaud
1980
Marabout -  1982 Marabout
1982

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

La Police est AccuséeLa Police est Accusée
1951
Le CasseLe Casse
1954
CauchemarCauchemar
1956
Tirez sur le Pianiste !Tirez sur le Pianiste !
1957
Sans Espoir de RetourSans Espoir de Retour
1957
La Pêche aux AvarosLa Pêche aux Avaros
1967
Cassidy's GirlCassidy's Girl
1982
La GarceLa Garce
1985

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