Faut pas Rêver

Pascale Dietrich

Liana Levi - Mai 2021

Tags :  Roman d'enquête Comédie Quidam France Années 2020 Moins de 250 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 18 février 2025

À trente-neuf ans, Louise a enfin dégoté la perle rare. Il se prénomme Carlos, exerce le métier de sage-femme, et depuis peu ils ont emménagé dans un appartement commun à Paris. Avec lui, Louise est même prête à faire un enfant.
Carlos est l’homme idéal, mais il a tout de même un petit défaut. La nuit, non seulement il dort, mais il parle. D’abord il grogne, puis s’exprime dans sa langue natale, en espagnol, et c’est souvent assez violent. Le matin, frais comme un gardon, il ne se souvient de rien. Louise, qui voudrait retrouver la quiétude de ses nuits, décide de l’enregistrer.
Elle met alors à contribution sa meilleure amie, Jeanne, fraîchement divorcée, pour assurer la traduction et découvre un Carlos pour le moins vindicatif, à l’opposé de ce qu’il est en version diurne.

On ne construit pas une famille sur des sables mouvants.

Comme souvent avec Pascale Dietrich, ce sont les femmes qui sont au cœur du récit. Ici, elles sont deux, présentant différentes phases de leur vie. L’une est enceinte, amoureuse, et inquiète de ce que cachent les nuits de son homme ; l’autre est récemment divorcée, mère célibataire aux prises avec un ex qui ne s’acquitte pas de la pension alimentaire. Louise et Jeanne sont liées par le genre et l’amitié, et par l’enquête qu’elles mènent de concert sur le monde onirique, violent et débridé de Carlos.

Le monde des rêves est un endroit étrange où les règles n’ont plus cours, mais il est aussi régi par notre réalité la plus concrète. Le plus dur est d’identifier les filtres traversés par ces petites ou grandes idées qui nous traversent, puis de démêler le vrai du faux. Ajoutez à cela les angoisses inhérentes au statut de femme enceinte et vous obtenez le personnage de Louise, ballottée par la découverte de la face cachée de son homme idéal.

Elle avait le sentiment de découvrir quelque chose de parfaitement neuf, une forme de pensée et d’expression primaire pas encore défrichée. Ça la changeait de la langue de bois. Le sommeil était peut-être l’un des derniers lieux où l’on pouvait s’exprimer sans avoir à se censurer et à se conformer au politiquement correct. Qui, dans ses rêves, parle de « techniciens de surface », de « gens de couleur » ou de « personnes en surcharge pondérale » ? La nuit, les gens appellent un chat un chat.

À partir de ce point de départ généreusement documenté, Pascale Dietrich s’amuse, avec toute l’intelligence et la légèreté qu’on lui connaît, à nous immerger dans ce monde si merveilleux qu’il dévoile parfois des facettes plus sombres. Son scénario est équilibré et réserve quelques surprises plutôt inattendues.
Si vous cherchez une agréable lecture de transition entre deux pavés plus « tordus », vous êtes au bon endroit.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Je n’ai pas souvenir de roman qui s’attache comme celui-ci au monde onirique, désolé.

Le début...

Les dix premières lignes...

Les yeux gonflés, Louise regardait Carlos beurrer une biscotte avec enthousiasme. Contrairement à elle, il avait passé une nuit réparatrice. Il se mit à grignoter méticuleusement les bords de sa tartine pour la tremper dans son café. Il était d’un naturel heureux et c’est sans doute ce qui avait attiré Louise dès leur rencontre, un an auparavant, lors d’un dîner chez Jeanne et Julien. Quand il avait raconté qu’après avoir travaillé dans la finance, il avait opéré un virage à cent quatre-vingts degrés pour se reconvertir dans le métier de sage-femme, elle avait définitivement fondu.
Il faut dire que jusque-là elle avait eu le don de tomber sur des tordus : des excessifs, des capricieux, des maniaques, des dépressifs, des buveurs, des hypocondriaques… Elle les attirait tel un aimant. Elle avait même eu une aventure avec un collectionneur de sous-bocks, le pire de tous.


La fin...

Quatrième de couverture...

Rêver d’un crime fait-il du dormeur un suspect ? C’est ce que n’ose imaginer Louise, depuis deux mois réveillée en sursaut au beau milieu de la nuit par Carlos. Son compagnon parle dans son sommeil, en espagnol et avec véhémence. Il semble revivre encore et toujours la même scène, dont il affirme ne pas se souvenir au matin. Sans cet inquiétant désagrément, Louise serait certaine d’avoir enfin rencontré l’homme idéal : Carlos a quitté l’Andalousie pour exercer le métier de sage-femme à Paris. Que cache sa somniloquie ? Pour en avoir le cœur net, Louise dissimule près de son oreiller un enregistreur. Les premiers résultats de la judicieuse analyse des cauchemars, obtenus par son amie Jeanne à partir de la traduction qu’elle effectue, la placent face à une évidence troublante : la nuit, c’est un scénario meurtrier qui est rejoué, à Marbella. Un parfait lieu de vacances. Faut-il y aller ?


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Pascale Dietrich










Edition(s)...

Informations au survol de l'image...

Réédition Réédition poche

Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

Les Mafieuses L'Agent