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James Ellroy

American Tabloïd

Couverture

Première édition : Rivages / Thriller - Avril 1995

Tags : Roman noir Thriller Polar politique Crime organisé Corruption Truand Journaliste Original Etats Unis Années 1960 Plus de 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 28 février 2005

Après les fictions construites sur fond de Los Angeles que constituaient la Trilogie Lloyd Hopkins et le Quatuor de Los Angeles, James Ellroy entame avec American Tabloïd, premier tome d'une nouvelle trilogie intitulée Underworld USA, un vaste projet de relecture de l'histoire contemporaine des États-Unis. Énorme travail documentaire qui demanda quatre années d'efforts soutenus à l'auteur et à son équipe pour qu'au final soit pondu un volumineux pavé de près de huit cents pages mêlant adroitement la fiction et la réalité.

La période couverte par ce premier volume de la série s'étale de novembre 1958 jusqu'au 22 novembre 1963, jour de l'assassinat du président John F. Kennedy à Dallas. Et c'est bien cet homme là, ce symbole de l'Amérique triomphante, son mythe, qui sont le cœur de ce roman. Mais Ellroy n'est pas là pour encenser le héros national - on s'en serait douté - et tout au long de ce pavé, il va s'attacher à démonter pièce par pièce le piédestal fait au président "martyr" par l'histoire officielle.

On retrouve les figures classiques de l'univers des romans de James Ellroy : les flics pourris, les politiciens véreux, les assoiffés de pouvoir, les mafieux corrupteurs, tous plus vrais que nature et constituant le petit monde sombre et machiavélique caché derrière le sourire du président.
Ellroy mêle adroitement quantité de rapports officiels du FBI, de la CIA, à la construction de sa thèse sur le complot visant à l'assassinat du "number one", le tout dans un style profondément renouvelé ou transparaît l'urgence du propos, et où on a malheureusement parfois un peu de mal à s'y retrouver. Tout le monde en prend pour son grade, et personne ne sort grandi de cette histoire.
Impressionnant !..



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

La suite de Underworld USA, avec American Death Trip qui reprend "l'histoire" là où elle s'était arrêtée... Ou alors une autre version de l'assassinat de Kennedy développée par Maurice Gouiran dans Marseille la Ville où est Mort Kennedy.

Jean-Hugues Oppel rend directement hommage à cet opus de la trilogie dans son roman French Tabloïds.

les dix premières lignes...

L'Amérique n'a jamais été innocente. C'est au prix de notre pucelage que nous avons payé notre passage, sans un putain de regret sur ce que nous laissions derrière nous. Nous avons perdu la grâce et il est impossible d'imputer notre chute à un seul évènement, une seule série de circonstances. Il est impossible de perdre ce qui manque à la conception.
La nostalgie de masse fait chavirer les têtes et les cœurs par son apologie d'un passé excitant qui n'a jamais existé. Les hagiographes sanctifient les politiciens fourbes et trompeurs, il réinventent leur geste opportuniste en autant de moments d'une grande portée morale (...).

quatrième de couverture...

La véritable Trinité de Camelot était : de la Gueule, de la Poigne et de la Fesse. Jack Kennedy a été l'homme de paille mythodologique d'une tranche de notre histoire particulièrement juteuse. Il avais du bagout, il dégoisait des conneries et arborait une coupe de cheveux classe internationale. C'était le Bill Clinton de son époque, moins l'œil espion des médias envahissants et quelques poignées de lard.
Jack s'est fait dessouder au moment optimal pour lui assurer sa sainteté. Les mensonges continuent à tourbillonner autour de sa flamme éternelle. L'heure est venue de déloger son urne funéraire de son piédestal et de jeter la lumière sur quelques hommes qui ont accompagné son ascension et facilité sa chute.
Il y avait parmi eux des flics pourris, des artistes de l'extorsion et du chantage. Des rois du mouchard téléphonique, des soldats de fortune, des amuseurs publics homo. Une seule seconde de leurs existences eût-elle dévié de son cours, l'Histoire de l'Amérique n'existerait pas telle que nous la connaissons aujourd'hui.
L'heure est venue de démythifier toute une époque et de bâtir un nouveau mythe depuis le ruisseau jusqu'aux étoiles. L'heure est venue d'ouvrir grand les bras à des hommes mauvais et au prix qu'ils ont payé pour définir leur époque en secret.
À eux.

bio express...

James Ellroy James EllroyJames Ellroy (de son vrai nom Lee Earle Ellroy) est né le 4 mars 1948 d'un père comptable relativement âgé (50 ans) et d'une mère infirmière d'origine allemande. Six ans plus tard, ses parents divorcent et c'est logiquement sa mère qui obtient la garde de l'enfant. Lorsqu'il a dix ans, ils déménagent pour un quartier populaire de Los Angeles ; à cet âge, James est déjà un fervent lecteur de littérature policière.
C'est peu de temps après, le 22 juin 1958 que sa mère, Jean Ellroy, est assassinée, événement qui le marquera à jamais. Le coupable ne sera d'ailleurs jamais retrouvé. James est alors confié à son père, âgé alors d'une soixantaine d'année qui, malgré sa bienveillance, le laisse la plupart du temps livré à lui même. Commence alors pour lui une succession de bêtises plus ou moins graves. En 1961 il fait la connaissance de Randy Rice, "petit voyou" comme lui, qui partagera ses quatre cents coups, son goût pour les romans policier et pour les filles.
En 1965 , devant la dégradation de l'état de santé de son père, James qui s'est fait renvoyer du collège s'engage à contrecœur dans l'armée, poussé par son père mourant qui succombera d'ailleurs d'un cancer peu de temps après. C'est le début d'une longue descente aux enfers pour James Ellroy, qui se fera vite réformer de l'armée pour retrouver son ami Randy Rice et sombrer avec lui dans l'abus d'alcool et de drogues.
Durant plus d'une dizaine d'année, James devient sans domicile fixe, vivant de petits boulots et menus larcins, dormant dans les parcs publics, s'introduisant par effraction chez les gens, pas tant pour les cambrioler (même s'il volait des sous-vêtements, de l'alcool, de la marijuana et des cartes de crédit quand c'était possible) que pour le frisson ressenti, déclare-t-il plus tard.
C'est un abcès au poumon en 1975 qui va sûrement le faire renoncer aux drogues et à l'alcool et briser ainsi le cercle infernal dans lequel il s'est enfermé. Il devient alors caddie dans un club de golf de Los Angeles et commence une vie plus rangée. En 1978 il a l'idée de raconter sa vie dans un roman : Brown's Requiem qui sera publié en 1981 aux États-Unis. Il continue sa carrière d'écrivain avec Clandestin et nous offre la série des Lloyd Hopkins, qu'il terminera avant terme, ne sortant que trois des cinq tomes initialement prévus.
Aujourd'hui James Ellroy est l'un des meilleurs auteurs américains de romans noirs et nous a déjà offert à ses nombreux fans plus d'une quinzaine d'ouvrages durant les vingt dernières années. (cf. wikipedia)

édition(s)...

Rivages / Thriller - Avril 1995 Rivages / Thriller
Avril 1995
Rivages / Noir - Octobre 1997 Rivages / Noir
Octobre 1997

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Lune SanglanteLune Sanglante
1987
A Cause de la NuitA Cause de la Nuit
1987
La Colline aux SuicidésLa Colline aux Suicidés
1988
Le Dahlia NoirLe Dahlia Noir
1988
ClandestinClandestin
1989
Un Tueur sur la RouteUn Tueur sur la Route
1989
Le Grand Nulle PartLe Grand Nulle Part
1989
Ma Part d'OmbreMa Part d'Ombre
1997
American Death TripAmerican Death Trip
2001
Underworld USAUnderworld USA
2010

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