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James Ellroy

A Cause de la Nuit

Couverture

Première édition : Rivages / Noir - Septembre 1987

Tags : Roman noir Thriller Roman d'enquête Polar urbain Mystique Psychologie Flic Criminel Littéraire Los Angeles Années 1980 Entre 250 et 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 01 janvier 2006

RecommandéDans Lune Sanglante, premier opus de la trilogie Lloyd Hopkins, Ellroy s'est appliqué à créer un personnage de flic parfait, de l'intelligence lumineuse à l'obstination justicière, en passant par la sensualité, le charisme, la sensibilité et l'insubordination.
Ce type-là, Lloyd Hopkins, qu'on a appris à aimer sous sa carapace de super flic, Ellroy semble s'acharner dans À Cause de la Nuit , à le détruire.
Sa femme l'a quitté, et bien loin des réussites sentimentales de Lune Sanglante , Lloyd est terriblement seul tout au long de cette descente aux enfers.
Même son exploit d'avoir arrêté un meurtrier fou et insaisissable n'a pas contribué à le rendre plus aimé.
Sa carrière semble au point mort, sa vie amoureuse idem, et l'enquête qui s'annonce après un triple meurtre dans un magasin de spiritueux devra marquer la rédemption et la renaissance, sous peine de mort.

Pourtant, Lloyd se fait mener en bateau, manipuler depuis le début par un psychiatre terrifiant, qui semble n'avoir d'autre but que d'accroître encore et encore son pouvoir sur ses malades et l'humanité entière. Il transforme des hordes de patients en larves gémissantes, qui se martèlent la poitrine pendant des heures en répétant Patria infinitum , "Au-delà de l'au-delà", et autres slogans mystiques.
Ce "voyageur de la nuit" a pris Lloyd pour cible et le tire à lui, il l'attend la bouche ouverte et les canines acérées comme un chat à l'entrée d'une souricière.
On assiste impuissant à l'embobinement du flic le plus intelligent de Los Angeles, espérant à chaque page qu'il va comprendre, qu'il va deviner, même si aucun indice ne peut l'y aider. On y croit encore au génie de Lloyd Hopkins, certainement il va trouver la faille. Il y a forcément une faille.

Ce deuxième opus laisse comme un goût amer, comme si Ellroy nous avait roulé dans la farine comme il le fait avec son sergent super héros. On s'attendait à une démonstration brillante du bon côté, celui de la justice et de la morale, et c'est du côté de l'obscurité malfaisante qu'on la trouve. Gloups. Ca fait drôle aux entournures.
Manifeste d'un écrivain génial. Ferrer le lecteur, l'emmener, l'endoctriner, et casser ses rêves.
C'est du grand art. Que l'on appréciera d'autant plus que l'on est un lecteur fluide et docile. On acceptera ou pas de laisser un morceau de ses idéaux au fil des pages, et d'entrevoir une vision plus noire du monde. Plus réaliste, sans aucun doute.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Si vous en êtes au deuxième opus. vous ne vous arrêterez pas en si bon chemin, poursuivez donc la route jusqu'au troisième volume de la trilogie La Colline aux Suicidés.

les dix premières lignes...

Le magasin de vins et spiritueux était situé à l'extrémité d'un long ruban de néons, à l'endroit où Hollywood Freeway coupait Sunset Boulevard ; frontière entre les vives lumières et les ténèbres des quartiers résidentiels.
L'homme dans la Toyota jaune s'arrêta dans les buissons qui bordaient la bretelle d'accès, tournant sèchement le volant et tirant vivement le frein à main d'un seul geste adroit. Il sortit de la boite à gants un révolver gros calibre et l'enfouit dans un journal plié, laissant dépasser la crosse et la détente, puis il tourna la clef de contact en position accessoire et ouvrit la portière. Il murmura, haletant : "Au-delà de l'au-delà" et de dirigea vers l'enseigne lumineuse qui clignotait, épelant les mots "VINS & SPIRITUEUX" ; frontière entre sa vie passée de terreur et sa nouvelle vie de puissance (...).

quatrième de couverture...

Il est psychiatre, manipule les solitaires et les faibles, et utilise son pouvoir maléfique la nuit. Plus il tire d'informations de ses malades, plus son royaume devient puissant. Jusqu'au jour où ce "voyageur de la nuit" croise le chemin du sergent Lloyd Hopkins.

bio express...

James Ellroy James EllroyJames Ellroy (de son vrai nom Lee Earle Ellroy) est né le 4 mars 1948 d'un père comptable relativement âgé (50 ans) et d'une mère infirmière d'origine allemande. Six ans plus tard, ses parents divorcent et c'est logiquement sa mère qui obtient la garde de l'enfant. Lorsqu'il a dix ans, ils déménagent pour un quartier populaire de Los Angeles ; à cet âge, James est déjà un fervent lecteur de littérature policière.
C'est peu de temps après, le 22 juin 1958 que sa mère, Jean Ellroy, est assassinée, événement qui le marquera à jamais. Le coupable ne sera d'ailleurs jamais retrouvé. James est alors confié à son père, âgé alors d'une soixantaine d'année qui, malgré sa bienveillance, le laisse la plupart du temps livré à lui même. Commence alors pour lui une succession de bêtises plus ou moins graves. En 1961 il fait la connaissance de Randy Rice, "petit voyou" comme lui, qui partagera ses quatre cents coups, son goût pour les romans policier et pour les filles.
En 1965 , devant la dégradation de l'état de santé de son père, James qui s'est fait renvoyer du collège s'engage à contrecœur dans l'armée, poussé par son père mourant qui succombera d'ailleurs d'un cancer peu de temps après. C'est le début d'une longue descente aux enfers pour James Ellroy, qui se fera vite réformer de l'armée pour retrouver son ami Randy Rice et sombrer avec lui dans l'abus d'alcool et de drogues.
Durant plus d'une dizaine d'année, James devient sans domicile fixe, vivant de petits boulots et menus larcins, dormant dans les parcs publics, s'introduisant par effraction chez les gens, pas tant pour les cambrioler (même s'il volait des sous-vêtements, de l'alcool, de la marijuana et des cartes de crédit quand c'était possible) que pour le frisson ressenti, déclare-t-il plus tard.
C'est un abcès au poumon en 1975 qui va sûrement le faire renoncer aux drogues et à l'alcool et briser ainsi le cercle infernal dans lequel il s'est enfermé. Il devient alors caddie dans un club de golf de Los Angeles et commence une vie plus rangée. En 1978 il a l'idée de raconter sa vie dans un roman : Brown's Requiem qui sera publié en 1981 aux États-Unis. Il continue sa carrière d'écrivain avec Clandestin et nous offre la série des Lloyd Hopkins, qu'il terminera avant terme, ne sortant que trois des cinq tomes initialement prévus.
Aujourd'hui James Ellroy est l'un des meilleurs auteurs américains de romans noirs et nous a déjà offert à ses nombreux fans plus d'une quinzaine d'ouvrages durant les vingt dernières années. (cf. wikipedia)

édition(s)...

Rivages / Noir - Septembre 1987 Rivages / Noir
Septembre 1987
Rivages / Noir - Février 2001 Rivages / Noir
Février 2001

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Lune SanglanteLune Sanglante
1987
La Colline aux SuicidésLa Colline aux Suicidés
1988
Le Dahlia NoirLe Dahlia Noir
1988
ClandestinClandestin
1989
Un Tueur sur la RouteUn Tueur sur la Route
1989
Le Grand Nulle PartLe Grand Nulle Part
1989
American TabloïdAmerican Tabloïd
1995
Ma Part d'OmbreMa Part d'Ombre
1997
American Death TripAmerican Death Trip
2001
Underworld USAUnderworld USA
2010

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