Valerio Evangelisti
La Coulée de Feu
Première édition : Métailié - Janvier 2009
un avis personnel...
Publié le 01 mars 2009
Une chronique de Caroline de Benedetti .
Il est agréable et instructif d’apprendre un peu de l’histoire d’un pays grâce à un roman. Certes, ça ne remplace pas un essai ou un livre d’Histoire, mais comme on n’en ouvre pas toujours...
Valerio Evangelisti nous renvoie entre 1860 et 1890, d’abord à Brownsville côté Texas, à la frontière avec le Mexique. Les Négros, les Indiens et les Mexicains sont des moins que rien aux yeux des Anglos. Tout juste tolèrent-ils les hacendados, ces riches mexicains propriétaires terriens. Entre les deux pays, le Rio Bravo. Poussière, sifflement des balles, odeur des chevaux. On goutterait presque un peu de mezcal... Voilà le décor.
Le contenu, quant à lui, est bien touffu, étalé sur plusieurs années, avec de nombreux personnages. Hommes politiques, rangers, bandits, américains, mexicains... Chacun avec ses convictions, ses rêves et ses trahisons. Pas le genre de roman qu’on pose pour le reprendre trois jours plus tard, sous peine d’être largué. Décrire la situation politique durant ces trente années n’est pas une mince affaire, entre les différents gouvernements qui se succèdent et les hommes, parfois du même bord, qui se battent pour le pouvoir. Un pouvoir qui intéresse au plus haut point les Américains ayant la main mise sur les richesses naturelles du pays ; plutôt de riches partisans de la propriété privée (incongrue pour les indiens) et de tout parti qui la défendra. Un combat pas démodé !
L’idée que je me suis faite, c’est que le Mexique est l’échiquier sur lequel se joue une partie entre Washington et les capitales européennes. L’enjeu est la future hégémonie sur le continent américain tout entier.
On assiste à la lutte des ouvriers pour leurs droits « mais il est juste que celui qui a les meilleurs conditions se batte pour ceux qui ont les plus mauvaises, tu ne crois pas ? », à celle des bandoleros qui refusent la domination :
S’il doit y avoir une révolution dans un pays comme celui-là, elle viendra des bandoleros. La classe ouvrière urbaine est trop liée à la politique.
Tout commence avec Benito Juarez, pour se finir sous Porfirio Diaz et un discours aux accents actuels. Le passé nous parle souvent très bien du présent.
Le pays s’est depuis longtemps mis en route sur la voie du progrès et de la valeur travail. Il s’agit seulement de compléter l’œuvre, unis et solidaires sous le drapeau de la patrie. Je garantirai d’une main ferme l’ordre nécessaire.
Bienvenue dans les enjeux du pouvoir politique et la naissance d’une nation, toujours bouillonnante.
La Coulée de Feu comblera amateurs de précision, de voyage en d’autres lieux et d’aventure.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Restez au Mexique avec Enrique Serna, lui aussi chez Métailié, et ses romans La Peur des Bêtes et Quand je Serai Roi.
les dix premières lignes...
La totalité de l’affaire de la guerre de Cortina commença à Brownsville, Texas : une agglomération que le Rio Grande séparait de sa partie sud, le port de Matamoros, restée entre les mains des Mexicains. Poussiéreuse des deux côtés, malgré l’intense activité fluviale, et brûlée presque sans aucun répit par le soleil. Mais à Brownsville, les Anglos les tenaient en respect, les Mexicains, et ils les faisaient travailler (...)
quatrième de couverture...
À la fin du XIXe siècle, les frontières entre le nord du Mexique et le Texas varient au gré de la politique, des alliances des chefs de guerre et des défaites des armées sudistes. La Coulée de Feu raconte, depuis la frontière avec les États-Unis, l’émergence, sur trois décennies, de la nation mexicaine. S’y entrecroisent les destins de dizaines de personnages de toutes conditions, emportés dans le tourbillon des guerres et des révolutions, comme Marion Gillespie, la veuve fatale partagée entre son rôle de mère et un désir éperdu d’ascension sociale, ses enfants Christine et Rupert ; William Henry, soldat sudiste devenu tueur au service du général Porfirio Díaz, futur Président et dictateur ; Santos Cadena, le bandolero au grand cœur ; Heraclio, le séduisant chef de bande ; Margarita Magón, petite paysanne à la larme facile qui se transformera en révolutionnaire… Tous nous font suivre trente ans d’histoire politique contradictoire et éclairent leur signification.
La virtuosité du conteur nous fait sentir aussi bien la complexité de situations, où, par exemple, les Indiens sont massacrés au nom du progrès et de la démocratie, que le ridicule au cœur même des grands moments historiques, avec les rites grotesques de la cour de Maximilien, ou des épisodes guerriers aussi lamentables que sanglants.
Valerio Evangelisti révèle l’étendue d’un talent dans lequel l’impressionnante érudition est au service d’un point de vue acéré, ironique mais jamais cynique, sur les passions humaines.
bio express...
Valerio EvangelistiPiochée sur Wikipedia :
Valerio Evangelisti est un écrivain italien né en 1952 à Bologne. Il est diplômé de sciences politiques à l'université de Bologne où il se spécialise en histoire moderne et contemporaine. Il publie des livres et des essais historiques, puis il se consacre à la littérature fantastique.
Son premier roman Eymerich l'Inquisiteur obtient le Prix Urania en Italie. Neuf autres romans du cycle Eymerich ont suivi, et lui valent en 1998 le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Tour Eiffel de science-fiction en 1999. Il publie ensuite trois romans du cycle du Métal Hurlant et les trois volumes du Roman de Nostradamus par lesquels il s'est fait connaître en France.
Il est aussi correspondant du Monde Diplomatique, président de l'Archive Historique de la Nouvelle Gauche "Marco Pezzi" de Bologne.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.



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