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Renaud Marhic

Korrigans Connection

Couverture

Première édition : Editions du Barbu - Janvier 2010

Tags : Espionnage Polar social Polar fantastique Mystique Service secret Journaliste Original France Futuriste Entre 250 et 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 21 mars 2010

Une chronique de Émeric Cloche.

Je lis tous les Renaud Marhic, je lis aussi tous les opus de la collection Polars & Grimoires qui marient habilement merveilleux et littérature policière. On ne reviendra pas ici sur la façon dont Renaud Marhic décortique les mécanismes qui aliènent la perception des individus ou des groupes afin de les rendre crédules. On a déjà parlé de cela avec Terminus Brocéliande et L'Oreille de Denys et il suffit de se pencher sur la bibliographie de Renaud pour ce rendre compte que le sujet ne lui est pas étranger. Je ne sais plus d’ailleurs pendant que nous y sommes si je vous ai touché deux mots de Devenez Sorciers, Soyez Savants de Georges Charpak et Henri Broch aux éditions Odile Jacob, mais la lecture de cet ouvrage pourra fort bien compléter les lectures suscitées.
On retrouve dans Korrigans Connection les ingrédients habituels aux romans noirs de Marhic : journalistes (le personnage de la journaliste d’ailleurs me semble être le même que celui croisé dans L'Oreille de Denys), new age, érudit ésotérique, religion… on y recroise aussi, en filigrane, ses points de vues et théories sur les effets pervers de l’hystérie collective, sur la préparation de terrain consciemment ou inconsciemment mise en place pour faire avaler des couleuvres grosses comme ça, et cela pourrait devenir un peu lassant si un nouvel élément ne faisait pas son apparition : Renaud nous parle de l’enfance. Admirablement, avec sensibilité et espièglerie, sensibilité dans le sens de faculté à faire passer la sensation, nous apporter les odeurs et les découvertes de l’enfance. Quelque chose de branché sur la manière de Jan Thirion.
Notons aussi que le livre se passe dans les années 2020 et que les années 2020 ressemblent beaucoup aux années 2000… avec un tout petit peu plus de technologie pour les puissants et un arrière plan lointain de révolte et de grèves, ce qui semble tout à fait plausible, mais qui aurait mérité d’être développé un peu plus. N’oublions pas une certaine tendresse, l’humour et la révolte, contenus dans le style même de Renaud Marhic, qui sont aussi au rendez-vous.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Penchez-vous donc sur les autres ouvrages de la collection Polars & Grimoires. Ou tentez donc L'Oreille de Denys de Renaud Marhic.

les dix premières lignes...

Pontreau (Côtes-d’Armor), hameau de Ty-Distro, 18 mars
À minuit sonnant, la veuve Le Floc’h redressa un corps qu’elle n’aurait pas juré être sien — la douleur des rhumatismes avait entrepris, déjà, de séparer la chair et l’esprit. Le temps d’un carillon aigrelet, égrainé à grand-peine, elle patienta en bord de lit. (Sans doute l’espace lui paraissait-il plus redoutable encore ainsi empli de ce glas distordu.) L’horloge enfin muette, elle se dirigea à l’opposé du séjour combinant, en rez-de-chaussée, cuisine et chambre à coucher. Au-dessus de l’évier encrassé, l’unique robinet manifestait son incontinence d’un goutte-à-goutte rapide, obsédant (…)

quatrième de couverture...

Les Korrigans sont les lutins des légendes bretonnes. Mais pourquoi reviennent-ils ? Et pourquoi ont-ils choisi de réapparaître dans la commune natale de Jacquelin de Pontreau, ministre de l’Intérieur en titre ? Tandis que sur le terrain les apparitions se multiplient, place Beauvau, on tente de comprendre. Phénomène de psychose collective engendrée par quelques « singes savants », comme l’évoque la presse locale ? Ou manipulation terroriste à en croire les services de contre-espionnage ?
Mais voilà qu’entre en scène un étrange personnage, « chercheur et maître spirituel », affirmant avoir réussi à extraire l’ADN des restes fossilisés d’un Korrigan… pour mieux en cloner la descendance !
Au milieu de cette cacophonie, le ministre de l’Intérieur devra aussi écouter une autre voix. Celle de ce discret conseiller particulier — ami de quarante ans — le ramenant à l’enfance et au pensionnat Notre-Dame-des-Glaïeuls. Quand, en 1976, cinq orphelins exploraient le Bois de la Nuit sur la trace des Fées…

bio express...

Renaud Marhic Renaud MarhicEn forme d'autoportrait glané sur le site de l'auteur :
Brest, 1965. Ce sera trop tard pour Woodstock — tant pis pour l’amour dans la boue. Un peu juste pour l’épingle à nourrice dans la joue — pourtant seyant. Vingt ans au cœur des "années frics"… Face au néant, je vis la tête en arrière. De facto, fruit des amours contre nature du flower power et du punk. Un peu décalé, sûrement. La suite à l’avenant. ("Me serais bien vu rock star. Ne sachant pas chanter, suis devenu journaliste". Longtemps, je raconterai ça. La dérision pour toute pudeur.) Je lis Philippe Djian. Éblouissement. Entrée en littérature. La nuit, je rédige mon premier roman, mes premières nouvelles. Jardinage et p’tit secret. Surtout ne pas importuner un éditeur avec ça. Réflexion sur l’écrit. (Elle durera quinze ans.) Le journalisme pour ersatz. Je rame à la radio. Galère en petite presse. Free lance tendance investigation.

1995 : affaire du Temple Solaire. Déjà cinquante-trois morts. Dix-sept adeptes de plus prennent un aller-simple pour Sirius. Je viens de cibler la secte dans un livre-enquête. Soulignant qu’elle n’a pas fini de nuire… Alors la cour des grands. Médias nationaux. Je pige à l’écrit, à l’audiovisuel. Au passage, je signe sept essais. Et me fixe en des publications choisies : Charlie Hebdo, Le Vrai Papier Journal… Fin du premier acte.

Spécialiste des sujets qui fâchent, je me fais tant d’amis… De la nature humaine goûtant plus qu’à mon tour l’intriguant panorama. Il est un éditeur pour s’en apercevoir. Et m’interroger. Aurais-je l’ambition de la fiction ? Cette fois, il n’est plus temps de cultiver son jardin. Ça s’appellera Hermines et Idées Noires (Terre de Brume, 2000). Roman noir politique. Néo-polar. Expérience du journaliste d’investigation alimentant la plume de l’écrivain. Enfin face à moi-même. D’abord, guetter sans trop y croire : la barre symbolique des deux milles exemplaires — franchie —, ces lecteurs qui ont lu — le font savoir —, et puis ces gens que je ne connais pas, qui parlent de moi. (Il y a cette fille — Élodie — de Jeunes à Paris. Ce critique de La Voix du Nord. Nathanaël Tribondeau et sa Mandragore Verte. Merci.) Enfin, réaliser : le deuxième acte a commencé.

"Le monde s’effritait selon des règles depuis longtemps découvertes. Et le journalisme, désormais, m’emmerdait. Alors je menais double vie. Tirant la gueule à l’investigation le jour, bandant à mort pour la littérature la nuit. En tant que gratte-papier, je désirais qu’on me foute la paix. En tant qu’écrivain, je voulais : que Tika soit ma muse — soit ne m’amuse pas, mais qu’elle soit là, près de moi ; que les Mickey 3D me rendent jaloux par la beauté de leurs textes — j’ai toujours envié les musiciens ; que James Ellroy jure — "la vie de ma mère !" — revenir un de ces quatre au style incisif et glacial de White Jazz. Tout ça n’était pas gagné."

Rien n'est perdu.

Je suis écrivain.

édition(s)...

Editions du Barbu - Janvier 2010 Editions du Barbu
Janvier 2010

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Hermines et Idées NoiresHermines et Idées Noires
2000
Terminus BrocéliandeTerminus Brocéliande
2008
L'Oreille de DenysL'Oreille de Denys
2008

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