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Gilles Del Pappas

Vogue, Bel Engatseur

Couverture

Première édition : Jigal Polar - Octobre 2007

Tags : Crime organisé Quidam Populaire Marseille Années 1980 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 24 novembre 2007

Après son exil grec qui aura duré six mois, Constantin rentre à Marseille par la mer. La ville, ses amis lui manquent, plus que son métier de reporter photographe courant après l'image à travers le monde. Il veut se poser, changer de vie. C'est décidé, il fera pêcheur…

Gille Del Pappas a mis au centre de son œuvre le personnage de Constantin, dit Le Grec, qui apparaît dès son premier roman, Le Baiser du Confre (en 1998). Au fil des récits, on le suit dans ses aventures mouvementées en respectant une certaine chronologie qui l'inscrit dans l'air du temps : les intrigues s'écrivent au présent. Avec Vogue, Bel Engatseur, l'auteur brise ce schéma et nous voilà revenus au début de l'histoire, dans les années quatre-vingts.
Constantin est de retour à Marseille, il ne veut plus de sa vie de photographe qui le balade entre merveilles et misères du monde. Sur le bateau qui le ramène au port apparaît une évidence : son amour de la mer, de la méditerranée :

Je lui raconte la nuit quand les baleines remontent doucettement et que, tout à coup… vous avez un souffle… une présence formidable à côté de vous ! Et puis les dauphins, de toutes tailles et toutes couleurs, farceurs et joueurs inconditionnels, les poissons volants, les énormes tortues luth, le vol des raies mantas géantes en surface… et puis les vents qui vous bercent ou vous gansaillent, les levers et couchers de soleil signant le futur, la mer qui n'est jamais la même, en colère, songeuse, calme, dormant d'un sommeil si profond que l'on croirait qu'elle ne respire plus et qui pourtant est éternelle…

Arrivé sur le Vieux Port, il fait la connaissance de Féfé, un vieux pêcheur corse avec qui s'organise une pêche aux oursins, à l'ancienne, en plongée libre. Lors de leur sortie, les deux hommes repèrent sous l'eau une forme étrange, mais située trop profondément pour pouvoir l'examiner. Ils décident de revenir bientôt avec bouteilles pour une exploration plus poussée. Seulement voilà, lorsqu'ils remontent en surface, un comité d'accueil pas très engageant les attend qui leur intime l'ordre de dégager le secteur. N'empêche qu'on intimide pas comme ça le vieux Féfé et que les deux zozos retournent aussi sec sur zone pour en avoir le cœur net.
Il s'agit en fait de la carcasse d'un petit avion qui a dû se crasher en mer. Deux cadavres à bord, et des paquets qui flottent. De l'héroïne…
Une dernière surprise les attend encore. La nièce de Féfé, Chiara, a été enlevée. Le message est clair et violent : on leur demande de plonger récupérer le magot s'ils veulent revoir la fille.

Difficile d'aller plus loin dans l'intrigue qui se noue dans ce roman sans trop vous dévoiler ce qui s'y trame. Disons simplement que les années quatre-vingts sont, à Marseille comme ailleurs, le fruit de celles qui précèdent et que là-bas, la French Connection, ou ce qu'il en reste, n'est pas très loin. En plus, elle n'est pas seule…

Mais l'intrigue ne fait pas ici toute la saveur de ce roman. Gilles Del Pappas y fait aussi chanter la langue marseillaise, manipulant avec bonheur dans ses dialogues le vocabulaire et les expressions locales. C'est ensoleillé, forcément.
Et puis c'est aussi l'exposition d'une galerie de personnages particulièrement attachants — Féfé, le vieux pêcheur corse et sa compagne Tine forment un couple exceptionnel. Enfin, Vogue, Bel Engatseur est avant tout une grande et belle histoire d'amitié ; de celles, solides autant qu'imprévues, qui font trembler les montagnes et tomber les obstacles. La "positive attitude" quoi…



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Constantin "le Grec" est au centre des romans de Gilles Del Pappas. Difficile de le contourner si vous décidez de croiser la plume de cet auteur. Mais pourquoi s'en priver, après tout. Revenir de temps à autres à quelques valeurs basiques comme l'amitié n'a jamais fait de mal à personne…

les dix premières lignes...

5 juin 84.
J’avais décidé de partir une année entière.
Je en restais sur l’île grecque où j’étais allé me guérir l’âme et le corps, que six mois. Ce n’est pas moi qui ai pris cette décision, c’est le destin sombre et glacé.
Mais ça suffisait largement question physique. J’avais la tête froide du mathématicien et le corps sec du marcheur de marathon. Quant à l’âme… Je me rendais compte qu’il me faudrait peut-être toute une vie pour échapper aux remords qui me taraudaient.
J’arrivais donc à Marseille au début de l’été (…)

quatrième de couverture...

De retour de son exil dans les îles grecques, Constantin dit le Grec retrouve Marseille avec l’envie de bouléguer sa vie ! Pêcheur il sera ! Mais attirant les embrouilles comme dégun, Constantin se retrouve au centre d’une incroyable engatse qui, de l’Estaque à l’Amérique du Sud, en passant par les camps de concentration, va réveiller de vieux démons.
Fidèle à lui-même et avec l’aide de l’ami Féfé, c’est au lance-flammes que l’affaire se réglera... parce qu’ici, il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas !

bio express...

Gilles Del Pappas Gilles Del Pappas(cf. Institut français de Saint-Petersbourg)
Né de père grec et de mère italienne, Del Pappas est un vrai Marseillais. Pure huile d'olive ! Né en 1949 au Racati, un quartier populaire de la cité phocéenne, il passe une enfance heureuse de gamin des rues, ambiance que l'on retrouve parfois au détour de ses romans. Il s'intéresse très tôt à l'image, la photographie tout d'abord, la peinture ensuite puis le cinéma. Et c'est par celui-ci qu'il appréhende l'écriture.
Comme ses lointains ancêtres phocéens, Del Pappas a su très jeune quitter Marseille, son «Omphalos» pour parcourir le monde. L'Amérique du Sud, le Maghreb, l'Afrique, l'Inde. Ailleurs n'est jamais trop loin pour ce voyageur sans cesse en quête de nouvelles cultures et de nouvelles rencontres. Mais Del Pappas, c'est aussi un amoureux de la mer, du soleil, des garrigues, de Marseille, des odeurs, des lumières, sans oublier la cuisine bien sûr pour laquelle il est toujours partant, dès qu'il s'agit de partager une sardinade entre amis. Depuis dix ans, Del Pappas se consacre entièrement à l'écriture. Le Baiser du Congre, son premier roman a été chaleureusement salué par la critique et nominé au Prix Polar 98. Depuis les livres se multiplient avec un succès croissant auprès d'un lectorat fidèle et inconditionnel.
En février 2002, les académiciens marseillais l'ont distingué en lui donnant le Grand Prix de Provence pour l'ensemble de son œuvre.

édition(s)...

Jigal Polar - Octobre 2007 Jigal Polar
Octobre 2007

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Bleu sur la PeauBleu sur la Peau
1998
Le Baiser du CongreLe Baiser du Congre
1998
Le Jobi du RacatiLe Jobi du Racati
1999
Massilia DreamsMassilia Dreams
2000
Du Sel Plein les YeuxDu Sel Plein les Yeux
2000
Pleure Pas, le Mistral se LèvePleure Pas, le Mistral se Lève
2001
La Mue de la CigaleLa Mue de la Cigale
2002

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