Donald Westlake
Les Sentiers du Désastre
Première édition : Rivages / Thriller - Avril 2006
un avis personnel...
Publié le 18 octobre 2007
Le roman débute par une impression de déjà lu. L’intrusion au domicile d’Andy Kelp d’un ancien complice n’est pas sans rappeler celle de Jom Thimson chez John Dortmunder (Dégâts des Eaux). Westlake resservirait-il les plats ? Non, rapidement il nous entraîne sur de toutes autres voies, celles de la Pennsylvanie que sillonne Alicia Hall au volant des voitures de collection de son époux, Monroe Hall, entraînant à sa suite des hommes floués, désireux d’obtenir réparation.
Roman appartenant à la série des Dortmunder, le cambrioleur malchanceux, le lecteur sait dès le départ que le coup — aussi bien préparé soit-il — va foirer en route. Westlake met donc tout son talent dans la mise en place. Les chapitres sont courts, rapides, et jonglent avec plusieurs groupes de personnages. Tous ont pour objectif Monroe Hall, ses biens, son argent.
Les protagonistes que l’auteur rassemble autour de la propriété de l’odieux Hall sont caricaturaux : il y a les syndicalistes un peu niais, bedonnants buveurs de bière, les investisseurs bourgeois bernés, le narcissique professeur de culture physique, l’acariâtre mais fidèle cuisinière… La bande de Dortmunder, comme les autres a pour problème premier de pénétrer dans le domaine de Monroe Hall. S’il a arnaqué ses actionnaires et accessoirement le fisc, il n’a perdu ni la liberté ni la fortune qui lui a conservé la première. Rejeté par les riches et bien-pensants, il vit désormais reclus dans sa demeure, avec son épouse et ses multiples collections (voitures anciennes, coucous, boites à musique).
En lui-même, ce roman n’a pas grand intérêt. L’intrigue est un prétexte. L’équipe de Dortmunder elle-même n’est qu’un accessoire. Le lecteur s’attend et attend l’inévitable pierre qui va gripper la machinerie bien huilée du casse. Et pourtant, le livre est réjouissant. Il dresse une galerie de personnages divers et déjantés, de l’ancien de la CIA vendeur d’identités de substitution, au représentant de commerce imbibé. Il transpose tout l’univers de Dortmunder dans le XXIème siècle, OJ Bar & Grill inclus. Dortmunder est intemporel, Westlake est un auteur chevronné. Il esquisse des pistes pour son intrigue, laisse en évidence les indices de ce qu’il va sans doute advenir, rendant le lecteur complice de l’histoire. Dans la mécanique westlakienne, il y a place pour le loufoque, pas pour le hasard.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Un autre Dortumder, au choix : Histoire d’Os, Dégâts des Eaux, Pierre qui Roule…
les dix premières lignes...
Dortmunder était assis dans son salon pour regarder les informations régionales du soir. Il venait d’en arriver à la conclusion que tous les immeubles de l’Etat du New Jersey allaient finir en tas de cendres, à raison de trois par flash d’infos, quand la sonnette retentit. Il leva la tête, surpris, car il n’attendait personne ; et il fut doublement surpris en constatant que ce n’était pas le beuglement familier de la sonnette de l’entrée, ici, à l’étage, mais le dring ! de la sonnette d’en bas, jamais entendu, qui retentissait dans la cuisine (...)
quatrième de couverture...
« Paria ! » Voilà un mot que Monroe Hall voudrait voir disparaître du vocabulaire. Est-ce sa faute à lui s’il est né riche et qu’il n’a pas résisté à empocher l’argent de ses actionnaires, les poussant au désespoir ou à la colère ? Est-ce sa faute encore s’il a pu échapper à la justice et transformer l’ensemble de ses biens en une fondation, dont il est le désintéressé gérant ? Et pourquoi son professeur de musculation lui en veut-il d’avoir signalé aux impôts les sommes qu’il lui a versées en liquide ? Cela justifie-t-il qu’on l’appelle un « paria », et qu’il n’arrive plus à avoir de vie mondaine parce qu’aucun employé de maison ne veut travailler pour lui ? Le destion est trop cruel. Jusqu’au jour où, comme par miracle, son agence lui envoie un merveilleux groupe de serviteurs : un majordome, un chauffeur, un secrétaire, un garde du corps.
Seulement voilà : Monroe Hall ne sait pas que le véritable nom de son majordome est John Dortmunder et que lui et ses amis ont l’intention de vider sa grande demeure de sa collection de voitures anciennes. Mais Dortmunder n’imagine pas combien de gens haïssent Monroe Hall. Lorsque ce dernier disparaît sans laisser de trace, la police fait son apparition. Et comme tout amateur de romans policiers le sait, dans ce genre d’histoire le principal suspect est toujours… le majordome.
bio express...
Donald WestlakeDonald Westlake est né de parents irlandais à New York en 1933, il commence à écrire des romans noirs dès le début des années 60. Son style se caractérise par une grande maîtrise du roman noir américain classique auquel il ajoute une dose d'humour.
Il est décédé le 31 décembre 2008.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
L'Assassin de Papa (361)
1962
Un Loup Chasse l'Autre
1964
Pierre qui Brûle (Pierre qui Roule)
1971
Place au Gang !
1974
V'là Aut' Chose ! (Jimmy the Kid)
1976
Personne n'est Parfait (La Joyeuse Magouille)
1978
Adios Shéhérazade
1985
Le Couperet
1998
Mauvaises Nouvelles
2002
Finie le Comédie
2014

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