Didier Daeninckx
Les Figurants
Première édition : Verdier - Novembre 1998
un avis personnel...
Publié le 01 novembre 2006
Une chronique de Jérôme Jukal.
Valère Notermans est devenu cinéphile, pilier des festivals, par hasard. Usé par une vie conjugale vide, il est devenu un habitué du troquet du coin où il a rencontré Jérôme Sisovath, un type qui va l'entraîner dans la cinéphilie et le monde à part des mordus de festivals. Il se crée une connaissance pointue dans le domaine. Son engouement, sa curiosité, vont l'amener à se passionner pour une bobine d'un film inconnu visionnée sans crier gare.
Daeninckx s'est passionné pour son sujet et il nous passionne. Il décrit le petit monde fermé des habitués de festivals sur tous les thèmes et en tous genres pourvu qu'ils aient le cinéma pour dénominateur commun. Il truffe de détails son histoire et, comme à son habitude, d'anecdotes singulières, révélatrices des petits travers de la nature humaine. Il nous sert une intrigue ayant pour sujet les pires travers de l'âme humaine. En détective improvisé, Valère Notermans va s'enfoncer dans le glauque, le nauséabond…
C'est court, efficace et mené de main de maître. C'est passionnant, bien écrit, avec un humour léger. Un livre qui marque… À lire !
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
D'autres romans de Daeninckx, baignant dans l'histoire contemporaine, La Mort n'Oublie Personne, Meurtres pour Mémoire, Itinéraire d'un Salaud Ordinaire…
D'autre auteurs français qui prennent parfois à rebrousse poil, Jean-Bernard Pouy, Thierry Jonquet…
les dix premières lignes...
La porte de la chambre s'ouvrit alors qu'il trempait sa tartine dans le café tiède. Elvire étira en bâillant les pans de sa chemise de nuit rose, ferma ses poings de poupée, poussa un grognement de plaisir avant de lancer la phrase qui inaugurait chacune de leurs journées communes depuis près de quinze ans.
— Oh, cette nuit, j'ai bien dormi…
Valère Notermans leva les yeux et il anticipa le moindre geste de sa femme. Il se promettait souvent de changer un objet de place pour voir si cela compromettait le déroulement du rituel ou s'il existait encore assez de ressources en elle pour s'adapter à l'inattendu (...)
quatrième de couverture...
Valère Notermans est un cinéphile. Sa connaissance du septième art est passionnée, exhaustive, méticuleuse, particulièrement attachée à l'aventure des débuts et toujours en quête de rareté.
Venu dans la région de Lille pour un banal festival, il découvre, un jour de braderie, des images fascinantes qui témoignent d'une grande maîtrise. Il ne se résoudra pas à rejoindre son domicile avant d'avoir identifié le réalisateur de cette troublante bobine, avec pour seul indice quelques lettres énigmatiques de la fin du générique.
bio express...
Didier Daeninckx(d'après la présentation des éditions Verdier)
Né en 1949, à Saint-Denis, issu d'une famille contestataire : son arrière-grand-père a déserté en 1870 et fuit la Belgique pour la France, son grand-père a déserté, lui aussi, en 1917. Influencé par sa famille, il sera proche du parti communiste pendant toute sa jeunesse.
Didier Daeninckx a exercé pendant une quinzaine d'années les métiers d'ouvrier imprimeur, animateur culturel et journaliste localier. En 1982, les éditions Le Masque publient son premier roman, Mort au Premier Tour, écrit en 1977 ! Daeninckx, en lisant le quatrième de couverture, découvre que celui qui l'a rédigée a complètement dénaturé l'intrigue. Particulièrement déçu, il va refuser sa réimpression et ira même jusqu'à le réécrire quelques années plus tard, n'en gardant que les trois premières lignes et le dernier mot.
En 1984, il publie Meurtres Pour Mémoire dans la Série Noire de Gallimard. Il a depuis fait paraître une trentaine de titres qui confirment une volonté d'ancrer les intrigues du roman noir dans la réalité sociale et politique.
Plusieurs de ses ouvrages ont été publiés dans des collections destinées à la jeunesse (Syros-Souris noire, Page Blanche chez Gallimard, Flammarion). Il est également l'auteur de nombreuses nouvelles qui décrivent le quotidien sous un aspect tantôt tragique, tantôt ironique, et dont le lien pourrait être l'humour noir.
Il a obtenu de nombreux prix (Prix populiste, Prix Louis Guilloux, Grand prix de littérature policière, Prix Goncourt du livre de jeunesse…), et en 1994, la Société des Gens de Lettres lui a décerné le Prix Paul Féval de Littérature Populaire pour l'ensemble de son œuvre.
édition(s)...
Verdier
Novembre 1998
Librio Noir
Novembre 1998
Librio Noir
Avril 2002
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Meurtres pour Mémoire
1984
Métropolice
1985
La Mort n'Oublie Personne
1989
Le Chat de Tigali
1989
Mort au Premier Tour
1997
On Achève Bien les Disc-Jockeys
2006
Histoire et Faux-Semblants
2007

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