Cesare Battisti
Dernières Cartouches
Première édition : Joëlle Losfeld - Septembre 1998
un avis personnel...
Publié le 31 mai 2006
À la suite d'un braquage qui a mal tourné, Claudio quitte le Sud de l'Italie et se retrouve à Milan. Il y rejoint un groupuscule d'activistes, participe aux réunions, par désœuvrement, curiosité :
Pendant les premières « assemblées générales », je me sentais comme un poisson hors de l'eau, incapable d'établir une différence d'un orateur à l'autre. Pour moi, ils parlaient tous le même langage et défendaient des points de vues identiques. Pourtant, s'ils entraient parfois en conflit, c'est qu'il existait forcément des divergences (…)
Il lit, cherche à comprendre les différents courants d'idées qui apparaissent autour de lui. Mais surtout, finit par agir, organiser les braquages qui permettront de financer les futures opérations, trouver les faux papiers et les armes. Au fil du temps, à force d'assister à tous ces meetings, rendez-vous, une seule évidence lui apparaît : ces jeunes hommes et femmes qui ont un espoir unique, celui de changer le monde, partagent surtout un même mal de vivre dont ils refusent de parler. Obligés à s'organiser pour trouver des fonds, mettre des camarades à l'abri, éviter la répression policière, ils s'éloignent du but premier :
On va finir par n'être plus que de vulgaires braqueurs. On ne parle plus de politique. On ne fait plus rien d'autre que de parler d'autofinancement.
Le doute s'installe quant à la suite à donner : impossible de revenir en arrière sans passer par la trahison, la délation, continuer en sachant pertinemment que l'on va droit au mur, choisir la fuite en provoquant sa propre fin ou essayer de partir….
Une écriture très simple qui permet de ne s'intéresser qu'à l'histoire, aux questionnements de cette jeunesse qui ne connaît plus que la révolte et la violence, celle dont elle use et celle qu'elle subit.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Les autres livres de Cesare Battisti ainsi que Nada, de Jean-Patrick Manchette, qui retrace l'histoire d'un groupe armé.
les dix premières lignes...
Janvier 1975
Au premier coup d'accélérateur, un piston s'était mis à cogner contre la culasse. Zazzà avait beau pousser les vitesses à fond, il ne parvenait pas à dépasser le cent kilomètres à l'heure sur une portion de route aussi plate qu'une table de billard.
« Bon dieu, on les a déjà au cul ! On aurait dû piquer des bicyclettes au lieu de cette guimbarde. Et maintenant, hein ? les enculés… Baisés comme des débiles pour trois lires qui ne suffiront même pas pour l'avocat, et à condition qu'ils nous descendent pas tout de suite (...) ! ».
quatrième de couverture...
À 22 ans, Claudio a déjà un lourd passé : vols à main armée et séjours en prison. Nous sommes en 1976, dans la région de Rome. Un grand mouvement politique et culturel secouant l'Italie va prendre ouvertement la forme d'une lutte armée menée contre l'État par une multitude d'organisations. Désormais clandestin, Claudio sera entraîné dans un tourbillon qui le portera en première ligne des combats.
bio express...
Cesare BattistiCesare Battisti est né en 1954 à Latina, ville industrielle près de Rome.
Il est attiré très tôt par l'idéal marxiste et la révolution. En 1968, il participe aux soulèvements étudiants et se lie avec des activistes d'extrême gauche. À l'âge de dix-sept ans, il est emprisonné pour des délits mineurs, puis il abandonne le lycée. En 1974, il est condamné à six ans de réclusion pour meurtre, accusation pour laquelle il s'est toujours dit innocent. Deux ans plus tard, il regagne sa liberté et échappe de peu à une nouvelle peine. Il s'installe à Milan avec ses compagnons d'armes et devient membre du groupuscule les « prolétaires armés pour le communisme ».
En 1979, il est arrêté à l'occasion d'une opération antiterroriste et refuse de se défendre à son procès. Il parvient à s'évader en 1981, gagne d'abord la France puis le Mexique où il exerce plusieurs petits métiers. Il devient pigiste dans des journaux mexicains et co-fonde le magazine culturel Via Libre. Il est même à l'initiative de la première Biennale latino-américaine de l'Affiche à Mexico.
En 1990, il revient en France, une de ses terres d'accueil, et écrit deux ans plus tard son premier roman noir Les Habits d'Ambre. Il évoque l'amour, la fraternité, ses camarades de révolte et ses difficultés financières.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.


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