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(Alain Dreux-Gallou) A.D.G.

Le Grand Môme

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - Avril 1977

Tags : Roman noir Polar rural Trafic Vengeance Arnaque Journaliste Littéraire Populaire France profonde Années 1970 Moins de 250 pages

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un avis personnel...

Publié le 30 novembre 2008

RecommandéUne chronique de Jérôme Jukal.

Un inconnu entre par hasard dans la vie d’un petit groupe. Un homme tombé en panne, et sa fille, un bébé, qui dort dans un couffin. Il s’appelle Augustin et, comme un homonyme célèbre en littérature, il va laisser son empreinte. En passant, sans le chercher vraiment. Un grand môme à la forte personnalité, au charisme involontaire.
Celui qui raconte l’histoire, c’est Machin, un journaliste local au nom imprononçable et que tous préfèrent appeler ainsi. Machin est fasciné par Augustin mais a, dans le même temps, à faire à une bande de voleurs qui sévit dans le coin. Ils ont trouvé une technique efficace, ils font se déshabiller leurs victimes, les clients d’un bar ou d’un restaurant, en général, leur coupant de cette manière toute envie de rébellion. Machin n’apprécie pas d’être deux fois leur victime, ils ne vont pas l’apprécier non plus. Ceux qui entourent Machin vont se trouver également mêlés à l’histoire. Du coup.

A.D.G. s’attaque à du gros, l’un des romans les plus connus de la littérature française, Le Grand Meaulnes. Il s’y attaque pour deux raisons, sans aucun doute, le roman se situe dans le coin où il a grandi et son auteur, Alain-Fournier, porte le même nom que lui, celui qu’il a dû abandonner pour l’acronyme A.D.G. en raison des confusions inévitables. Un bon nombre d’adolescents a lu ce roman, A.D.G. en fait sûrement parti. Et ô surprise, nous n’assistons pas à un règlement de compte mais bien à un hommage. Particulièrement respectueux.
Une fois n’est pas coutume, A.D.G. ne lâche pas la bride à son style, il ne se laisse pas aller, il avance tout en finesse, tout en douceur. Il nous offre un roman au rythme lent et presque envoutant. On tourne les pages avec plaisir, en savourant. Augustin, lointain descendant du héro d’Alain-Fournier, pourrait tout aussi bien être celui-là même que l’on a suivi dans le roman du début du siècle et qui débarque chez A.D.G. pour poursuivre ses aventures. C’est une petite gourmandise qui n’en a pas l’air que nous offre l’auteur de polar. Le meilleur de ses romans que j’ai lus jusqu’ici.

Alors, bien sûr, il nous glisse quelques unes de ses pensées, presque des aphorismes.

Ce sont les policiers qui nous connaissent le mieux sur cette terre, eux qui savent les petits élastiques mous de nos lâchetés et les tranchants ébréchés de nos courages. Eux seuls. Les autres pantins qui siègent dans les prétoires ne sont là que pour mémoire et représentation.

On peut grincer des dents mais aussi savourer le style. Car A.D.G. est un grand styliste, quoiqu’on en dise. Et un véritable auteur de romans noirs.

Il fallait que la justice passe et quoiqu’en pense Gisèle, celle qui est expédiée, expéditive, est sans doute moins cruelle que l’autre qui a besoin d’apparat pour la mort d’un homme, de textes pour se justifier (précisément !) et d’un bourreau appointé pour faire croire qu’on ne s’est pas sali les mains.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Le Grand Meaulnes, peut-être. Ou les autres aventures de Machin, qui deviendra un double pour A.D.G.
Le Grand Môme a fait l'objet, en 1985, d'une adaptation pour la télévision signée Michel Léviant et réalisée par Jacques Ertaud, avec, notamment, Jacques Denis dans le rôle de Machin.

les dix premières lignes...

C’est parce que le moteur de sa vieille Ami 6 avait craqué dans le milieu de la côte qu’il est entré dans notre vie, avec cet air naturel du migrant qui ne s’embarrasse pas du superflu. Superflu de phrases, de bagages et peut-être de souvenirs. C’est sans doute parce que tout cela s’est passé en automne que maintenant, en y songeant, on trouve dans nos mémoires comme une douceur de feuilles mortes, de veillées aux châtaignes et de larges allées herbeuses qui semblent mener vers l’infini (…)

quatrième de couverture...

Cet automne-là, les feuilles ne furent pas les seules à mourir en Sologne. Le domaine inconnu des vieux souvenirs ne tarda pas à ressembler à une chapelle funéraire et la femme mystérieuse à une pourvoyeuse de morgue.
Mais d’où venait donc ce grand môme qui, impavide, se baladait au milieu des massacres ?

bio express...

(Alain Dreux-Gallou) A.D.G. (Alain Dreux-Gallou) A.D.G.D'après la présentation de l'éditeur (Le Dilettante) :
Né à Tours en 1947, A.D.G. (Alain Dreux Gallou) est devenu en une dizaine de romans — parus de 1971 à 1981 — l’un des maîtres du néo-polar français, à contre-courant de la pensée unique de l’après-68.
En 1972, paraît son premier roman « berrichon », La Nuit des Grands Chiens Malades, porté à l’écran par Georges Lautner sous le titre Quelques Messieurs trop Tranquilles. Il quitte alors son métier de brocanteur et de bouquiniste à Blois et s’installe à Paris, fait la connaissance d’Alphonse Boudard, devient le collaborateur de Michel Audiard et adapte pour la télévision le roman de Gaston Leroux, Chéri-Bibi.
En 1982, il part s’installer en Nouvelle-Calédonie, y écrit un gros roman d’aventures historiques, Le Grand Sud, et lance un journal anti-indépendantiste : Combat Calédonien. Le roman connut le succès, le journal les procès et les dettes.
Rentré à Paris en 1991, A.D.G. y meurt, le 1er novembre 2004.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire - Avril 1977 Gallimard / Série Noire
Avril 1977
Gallimard / Série Noire - Octobre 1985 Gallimard / Série Noire
Octobre 1985

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Cradoque's BandCradoque's Band
1972
La Marche TruqueLa Marche Truque
1972
La Nuit des Grands Chiens MaladesLa Nuit des Grands Chiens Malades
1972
Les Trois BadoursLes Trois Badours
1972
Je Suis un Roman NoirJe Suis un Roman Noir
1974
Notre Frère qui Êtes Odieux...Notre Frère qui Êtes Odieux...
1974
L'Otage est sans PitiéL'Otage est sans Pitié
1976
Balles NègresBalles Nègres
1981

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