Pascal Dessaint
Mourir n'est peut-être pas la Pire des Choses
Première édition : Rivages / Thriller - Janvier 2003
un avis personnel...
Publié le 31 mars 2006
Un roman dense, lourd, sensuel, qui laisse une impression douce amère flottant dans l'air.
Un construction assez originale, succession de chapitres tous écrits à la première personne, alternant les points de vue des différents personnages, donne un ton plus qu'intime à ce récit surprenant.
Plus que d'une mort et d'une énigme à résoudre, il est question d'une bande d'amis, soudés depuis toujours par des préoccupations écologiques quasi obsessionnelles.
L'une des membres de la bande est d'ailleurs partie vivre à Djakarta, pour tâcher de faire quelque chose pour les derniers grands singes encore vivants. Elle y laisse sa santé, son énergie, et ses idéaux.
Les autres, ceux qui sont restés en France, se morfondent sur l'état de la planète, l'inconscience des gouvernements, des gens. Ils font de grands discours en battant l'air de leurs mains, jusqu'à ce que, un soir, ils se trouvent confrontés à leurs principes poussés à l'extrême.
Entre le dernier bouquetin des Pyrénées et un homme parmi d'autres, lequel choisiraient-ils de sauver ? Peut-on prôner la survie d'espèces animales et détester les êtres humains ? Dans un pays où les hommes meurent de faim, peut-on leur interdire de manger les singes qui passent à leur portée, fussent-ils d'une espèce en voie de disparition ?
La mort de Jérômine Gartner n'est que le point d'orgue d'une chaîne d'événements, de circonstances, de relations malsaines qui finissent par éclater ou pourrir sur place ; l'aboutissement de toutes ces questions sans réponse, de toutes ces contradictions.
On a l'impression en lisant ce roman de plonger dans un bain de chaleur étouffant, comme si on était sous les tropiques à attendre la pluie en transpirant à grosses gouttes. On y entend le bruit des insectes, des oiseaux, on y est envahi de plantes et de chaleur torride. L'ambiance est malsaine, lourde de secrets comme un nuage qui ne veut pas crever.
Et on en ressort avec de drôles de questions, et pas du tout de réponses.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Désolé, pas d'idée.
les dix premières lignes...
Jérômine Gartner était assise dans le fauteuil, ses jambes écartées indiquaient une heure approximative, huit heures vingt, un peu plus ou un peu moins, elle était nue et morte. Gartner, ça me disait vaguement quelque chose.
J'avais reçu l'appel en début de matinée. Germaine Jourda se faisait du mouron pour sa voisine. Celle-ci était partie en week-end vendredi soir. Comme souvent, elle lui avait confié le petit Paul, qu'elle devait récupérer lundi, dans l'après-midi au plus tard. On était maintenant mardi et Jérômine Gartner ne lui avait toujours pas donné signe de vie (...).
quatrième de couverture...
Toulouse, juin 2000. Quand les policiers pénètrent chez Jérômine Gartner, qui n'avait plus donné signe de vie à sa voisine, ils découvrent un étrange spectacle : la jeune femme est allongée dans un fauteuil ; elle a été étranglée et la climatisation est poussée au maximum. L'examen médico-légal révèlera la présence de sept grains de riz et de sept fragments de métal dans l'œsophage de la victime.
Chargé de l'enquête, le capitaine Félix Dutrey n'a d'autre choix que de fouiller dans le passé de Jérômine et d'aller à la rencontre de tous ceux qui la connaissaient : sa collègue Elisa, ses amis Cédric, Marthe et Suzanne. Jérômine avait aussi un frère, écrivain à succès mystérieusement disparu en mer. C'est dans le secret de ces vies que Félix Dutrey trouvera la clé de la mort de Jérômine Gartner. Une révélation qui bouleversera sa propre existence.
bio express...
Pascal DessaintNé à Dunkerque, Pascal Dessaint s'installe au début des années quatre-vingt à Toulouse où il situe la plupart de ses romans. Sixième enfant d'une famille modeste, il mène ses études jusqu'à un D.E.A. d'histoire contemporaine consacré à la Chine avant d'exercer des métiers tels que veilleur de nuit, gardien de musée ou animateur radio.
Pascal Dessaint ne dédaigne ni les outrances du néo-réalisme ni le fantastique quotidien. À 36 ans, il est l'auteur de deux recueils de nouvelles, d'une aventure du Poulpe, Les Pis Rennais, et de sept autres romans dont La Vie n'Est pas une Punition, Bouche d'Ombre (prix mystère de la critique 1997), À Trop Courber l'Échine et Du Bruit Sous le Silence (grand prix de littérature policière 1999).
Autoportrait paru sur le défunt www.romanpolicier.com
Je suis né dans une famille ouvrière du Nord. J'ai vécu vingt ans à Coudekerque-Branche. Papa est descendu dans la mine à quatorze ans, il a trimé dur toute sa vie, il dit que j'écris des mensonges, il a raison ! Maman a élevé six enfants. Quand j'étais petit, elle disait que lire rendait moins bête. À l'exception du mercredi, je n'avais pas le droit de regarder la télévision. Je lisais donc beaucoup. Cela m'a peut-être rendu moins bête !
Je dois le plaisir des mots à mon frère Eusèbe, qui est un superbe poète, et puis à des auteurs comme Bukowski, Miller, Selby, Cendrars... Je suis né en 1964. J'obtiens laborieusement un bac C - on ne peut pas écrire un roman et se consacrer sérieusement aux mathématiques ! À dix-neuf ans, je vais à Paris, je fais le tour des éditeurs, je dépose des manuscrits un peu partout, ils seront refusés, je patienterai dix ans avant de publier mon premier roman.
En attendant, je pars vivre à Toulouse, on est en 1984, je fais des études d'histoire, j'écris des livres, je dirige une revue consacrée à l'Asie, je suis veilleur de nuit, animateur radio, je dors très très peu. J'obtiens un DEA d'histoire contemporaine en 1989, mais je n'en peux plus d'avoir le cul entre deux chaises, je prends un risque énorme et pas toujours très bien compris, j'abandonne mes études, je me mets à écrire assidûment.
En 1991, j'accompagne pendant deux mois le peintre naturaliste Eric Alibert dans les Alpes, nous traversons tous les grands massifs, de la France à la Slovénie. Grâce à cette expérience, je me découvre la passion de la montagne, j'y cours désormais dès que ça m'est possible, dans le Couserans en Ariège, j'y trouve mon équilibre.
Ma démence est récompensée en 1992 quand mon premier livre paraît !
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
De Quoi Tenir Dix Jours
1993
La Vie n'est pas une Punition
1995
Les Pis Rennais (Poulpe)
1996
Bouche d'Ombre
1996
Du Bruit sous le Silence
1999
Un Drap sur le Kilimandjaro (Chroniques Vertes et Vagabondes)
2005
Loin des Humains
2005
Tu ne Verras Plus
2008

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