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Pascal Dessaint

Un Drap sur le Kilimandjaro (Chroniques Vertes et Vagabondes)

Couverture

Première édition : Rivages - Mars 2005

Tags : Polar militant Années 2000 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 02 décembre 2006

Je suis de ceux qui pensent que si nous ne prenons pas tous conscience de l'importance de nos actes dans la vie de tous les jours, nous donnerons à nos enfants un monde invivable. Il y a menace d'anéantissement.

Ainsi Pascal Dessaint délaisse-t-il un temps la forme du polar, de la fiction, pour aborder de front un sujet qui lui tient à cœur, qu'il met en filigrane, sous forme de "décor" ou au centre de certains de ses romans, mais qui se fait ici plus pressant, plus concret.
Il ne s'agit pas vraiment de nouvelles – n'y cherchez pas d'intrigue – mais de chroniques au fil du temps qui reviennent sur les problèmes environnementaux. Sous la plume de Pascal Dessaint, l'écologie reste une affaire sérieuse, urgente même, mais le traitement qu'il choisit pour montrer ses engagements a un côté réjouissant. On est loin de la leçon de choses et l'amitié n'est jamais bien loin.
D'une plume aussi légère que le sujet est grave, l'auteur balaie concrètement quelques uns des dangers qui nous menacent, nous et/ou nos enfants. Concrètement, c'est-à-dire chiffres et documentation à l'appui :

— Tu connais le poids sur les écosystèmes d'une personne qui parcourt tous les jours cinq bornes pour se rendre à son boulot ?
— Non...
— Si elle choisit de se déplacer à vélo, la surface requise afin de faire pousser l'alimentation dont elle a besoin pour que son corps trouve l'énergie de pédaler est de 120m². En bus et en voiture, cette surface est respectivement de 420 et 2050m². Tu es venu comment ?
— À pied.
— Ça va, tu peux entrer.

Autrement dit, l'application du protocole de Kyoto ramené à l'échelle de l'individu. Mais pas seulement... Rassurez-vous, à sa manière, "petit Bush" et sa clique en prendront aussi pour leur grade tout au long de ces quinze chroniques.

Répéter, répéter encore et toujours. Enfoncer des portes ouvertes, marteler les consciences jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent aux réalités, fussent-elles dérangeantes. Nous sommes tous responsables de l'état de la planète et à ce titre chacun de nos gestes est un geste qui compte. Ne l'oublions jamais. Et n'oublions pas non plus qu'en bout de chaine, le plus grand nombre, c'est celui des consommateurs – toi, moi, nous – et que c'est aussi lui qui a le pouvoir. Sans consommateurs, le monde des pollueurs n'est rien !..

Une littérature citoyenne, engagée à titre personnel, militante, sans jamais être rébarbative. Mais il faut dire qu'il y a urgence :

Mon fils grandit, j'ai bientôt quarante ans et j'ai peur.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

L'environnement au cœur du roman : lisez Mourir n'est peut-être pas la Pire des Choses, du même auteur.

les dix premières lignes...

L'autre jour, d'un seul regard, j'ai compté douze lézards sur le mur languedocien. Je suis dans mon jardin, quartier Saint-Agne, Toulouse, et je rêve d'Afrique, de rhinocéros, de gorilles à dos blanc.
Vingt minutes, c'est le temps désormais qui s'écoule entre le disparition d'une espèce animale ou végétale, et une autre. Vingt, c'est le nombre d'espèces d'oiseaux que j'ai observées cette année sans sortir de chez moi. Des oiseaux communs comme le moineau, le merle et le pie, ou remarquables comme la fauvette à tête noire, le roitelet huppé et le gobe-mouche noir (...)

quatrième de couverture...

Le saviez-vous ? En Camargue, à la saison de la chasse, cent quatre-vingts millions de billes de plomb sont répandues dans la nature. Vingt minutes, c'est le temps qui s'écoule dans le monde entre la disparition de deux espèces. Dans vingt ans, il n'y aura plus de neige éternelle au sommet du Kilimandjaro.
Pascal Dessaint renoue avec une pensée qui n'est certes pas neuve (l'harmonie de l'être humain avec la nature), mais qui semblait être tombée dans les oubliettes de l'Histoire. Il la ressuscite avec vigueur en en démontrant l'absolue pertinence dans notre monde qui croit à la suprématie de la techno science, parfois jusqu'à l'absurde.
Ni passéiste, ni naïf, l'auteur préfère l'arme du rire – complice ou grinçant – pour réveiller l'homme qui dort et l'inciter à agir. Tant qu'il en est encore temps.

bio express...

Pascal Dessaint Pascal DessaintNé à Dunkerque, Pascal Dessaint s'installe au début des années quatre-vingt à Toulouse où il situe la plupart de ses romans. Sixième enfant d'une famille modeste, il mène ses études jusqu'à un D.E.A. d'histoire contemporaine consacré à la Chine avant d'exercer des métiers tels que veilleur de nuit, gardien de musée ou animateur radio.
Pascal Dessaint ne dédaigne ni les outrances du néo-réalisme ni le fantastique quotidien. À 36 ans, il est l'auteur de deux recueils de nouvelles, d'une aventure du Poulpe, Les Pis Rennais, et de sept autres romans dont La Vie n'Est pas une Punition, Bouche d'Ombre (prix mystère de la critique 1997), À Trop Courber l'Échine et Du Bruit Sous le Silence (grand prix de littérature policière 1999).


Autoportrait paru sur le défunt www.romanpolicier.com
Je suis né dans une famille ouvrière du Nord. J'ai vécu vingt ans à Coudekerque-Branche. Papa est descendu dans la mine à quatorze ans, il a trimé dur toute sa vie, il dit que j'écris des mensonges, il a raison ! Maman a élevé six enfants. Quand j'étais petit, elle disait que lire rendait moins bête. À l'exception du mercredi, je n'avais pas le droit de regarder la télévision. Je lisais donc beaucoup. Cela m'a peut-être rendu moins bête ! Je dois le plaisir des mots à mon frère Eusèbe, qui est un superbe poète, et puis à des auteurs comme Bukowski, Miller, Selby, Cendrars... Je suis né en 1964. J'obtiens laborieusement un bac C - on ne peut pas écrire un roman et se consacrer sérieusement aux mathématiques ! À dix-neuf ans, je vais à Paris, je fais le tour des éditeurs, je dépose des manuscrits un peu partout, ils seront refusés, je patienterai dix ans avant de publier mon premier roman. En attendant, je pars vivre à Toulouse, on est en 1984, je fais des études d'histoire, j'écris des livres, je dirige une revue consacrée à l'Asie, je suis veilleur de nuit, animateur radio, je dors très très peu. J'obtiens un DEA d'histoire contemporaine en 1989, mais je n'en peux plus d'avoir le cul entre deux chaises, je prends un risque énorme et pas toujours très bien compris, j'abandonne mes études, je me mets à écrire assidûment. En 1991, j'accompagne pendant deux mois le peintre naturaliste Eric Alibert dans les Alpes, nous traversons tous les grands massifs, de la France à la Slovénie. Grâce à cette expérience, je me découvre la passion de la montagne, j'y cours désormais dès que ça m'est possible, dans le Couserans en Ariège, j'y trouve mon équilibre. Ma démence est récompensée en 1992 quand mon premier livre paraît !

édition(s)...

Rivages - Mars 2005 Rivages
Mars 2005

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

De Quoi Tenir Dix JoursDe Quoi Tenir Dix Jours
1993
La Vie n'est pas une PunitionLa Vie n'est pas une Punition
1995
Les Pis Rennais (Poulpe)Les Pis Rennais (Poulpe)
1996
Bouche d'OmbreBouche d'Ombre
1996
Du Bruit sous le SilenceDu Bruit sous le Silence
1999
Mourir n'est peut-être pas la Pire des ChosesMourir n'est peut-être pas la Pire des Choses
2003
Loin des HumainsLoin des Humains
2005
Tu ne Verras PlusTu ne Verras Plus
2008

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