Jean-Claude Izzo
Solea
Première édition : Gallimard / Série Noire - Avril 1998
un avis personnel...
Publié le 28 février 2005
Troisième et dernier épisode de la saga Fabio Montale, où Jean-Claude Izzo explore et dissèque le vie marseillaise, la ville de Marseille.
Fabio Montale, qui a quitté la police après Total Khéops pour avoir trop vu la corruption qui régnait dans les rangs du pouvoir, qui s'est confronté aux extrémismes de tous bords liés à la présence de l'extrême droite, du Front National, de l'Islam radical et d'un fort contingent maghrébin dans la ville et la région (cf. Chourmo), tente de reprendre ses esprits et de se réadapter à la vie "normale" dans sa maison des Goudes, à l'abri de toute noirceur. Mais trop de magouilles, trop de morts ont meurtri son âme, broyé ses espérances.
C'est alors que Babette, journaliste d'investigation de sa connaissance, le contacte : elle enquête sur les liens douteux mais tangibles qui unissent la haute finance internationale et la mafia.
Et la mafia, du coté de Marseille, n'est jamais très loin. Aussi, lorsque Fabio Montale se retrouve en possession des dossiers de Babette où sont étalées les preuves des liens recherchés par la journaliste, preuves que la dite mafia entend bien faire disparaître, les choses se gâtent, forcément...
Jean-Claude Izzo poursuit la sombre description de la vie politique marseillaise, et le constat qu'il en fait est des plus pessimiste. Fabio Montale est rongé de l'intérieur et s'enfonce dans la déprime, au point qu'il ne sortira pas vivant de cette "aventure". On pense bien sûr au parallèle avec la santé de l'auteur qui, atteint d'un cancer, allait décéder quelques dix-huit mois après la parution de ce roman. Incontournable...
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Ne vous lancez pas dans la lecture de Solea sans avoir déjà digéré Total Khéops et Chourmo, ce serait un péché...
les dix premières lignes...
Sa vie était là-bas, à Marseille. Là-bas, derrière ces montagnes que le soleil couchant éclairait, ce soir, d'un rouge vif. "Demain, il y aura du vent", pensa Babette.
Depuis quinze jours qu'elle était dans ce hameau des Cévennes, Le Castellas, elle montait sur la crête à la fin de la journée. Par ce chemin où Bruno emmenait ses chèvres.
Ici, elle avait songé, le matin de son arrivée, rien ne change. Tout meurt et renaît. Même s'il y a plus de villages mourants que renaissants. À un moment ou à un autre, toujours un homme réinvente les gestes anciens. Et tout recommence. Les chemins embroussaillés retrouvent leur raison d'être.
- C'est ça, la mémoire de la montagne, avait dit Bruno en lui servant un gros bol de café noir (...).
quatrième de couverture...
"Ceci est un roman. rien de ce qu'on va lire n'a existé. Mais comme il m'est impossible de rester indifférent à la lecture quotidienne des journaux, mon histoire emprunte forcément les chemins du réel. Car c'est bien là que tout se joue, dans la réalité. Et l'horreur, dans la réalité, dépasse - et de loin - toutes les fictions possibles. Quant à Marseille, ma ville, toujours à mi-distance entre la tragédie et la lumière, elle se fait, comme il se doit, l'écho de ce qui nous menace."
bio express...
Jean-Claude Izzo(cf.authologies)
Né en 1945 à marseille, fils d'un barman italien et d'une couturière espagnole, Jean-Claude Izzo vient de décrocher son CAP d'ajusteur-tourneur lorsqu'il est appelé pour effectuer son service militaire - service militaire durant lequel il fait une grève de la faim d'un mois, qui l'enverra en bataillon disciplinaire à Djibouti.
De retour en France à la fin de son service, il s'inscrit au PCF, milite dans un mouvement pacifiste, devient journaliste, puis rédacteur en chef de La Marseillaise. En 1978, après la rupture de l'Union de la Gauche, il coupe tous les ponts : divorce, quitte son journal, rend sa carte du parti. Après quelques années de galère, il renoue avec le journalisme, tout d'abord dans pour le mensuel Viva, puis pour la revue Gulliver après avoir rencontré Michel Le Bris. Avec ce dernier, il est à l'origine du festival "Étonnants Voyageurs" qui se tient chaque année à Saint-Malo.
Il commence à écrire des poèmes à la fin des années soixante. Quelques livres sont édités - qui ne trouvent pas ou peu de public - jusqu'en 1995 où, à cinquante ans, il fait sa véritable "entrée en littérature" avec Total Khéops, une série noire sur fond de cités marseillaises. Succès immédiat et impressionnant. Il sera suivi par Chourmo et Solea qui reprennent les aventures de l'ex-flic Fabio Montale.
Il meurt prématurément d'un cancer, à peine âgé de cinquante cinq ans. Ses cendres ont été repandues au-dessus du vieux port de Marseille...
édition(s)...
Gallimard / Série Noire
Avril 1998
Folio Policier
Février 2001
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Total Khéops
1995
Chourmo
1996
Les Marins Perdus
1997
Vivre Fatigue
1998

vos commentaires...
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis !