Jean-Claude Izzo
Chourmo
Première édition : Gallimard / Série Noire - Mai 1996
un avis personnel...
Publié le 28 février 2005
Le retour de Fabio Montale qui a démissionné de la police parce qu'on ne peut pas être un flic honnête de gauche à Marseille... Il profite de sa retraite prématurée dans sa maison des Goudes, face à la Méditerranée, savourant son Lagavullin en écoutant Coltrane, entre deux parties de pêche à bord de son "pointu".
Mais cette douce quiétude est bien vite dérangée par l'arrivée de sa cousine Angèle, dont le fils Guitou a fugué et a rejoint Marseille pour retrouver sa petite amie Naïma. Angèle est sans nouvelle, et ne voudrait pas que cette fugue fasse dégénérer les rapports déjà difficiles qu'entretiennent son nouvel ami, le beau-père, et son fils. D'autant que ces rapports se sont encore assombris lorsque le premier a appris que Naïma était d'origine algérienne. Fabio Montale va mener son enquête, qui l'entraînera dans le milieu maghrébin.
Jean-Claude Izzo poursuit sa chronique de la vie marseillaise et s'attarde cette fois sur une plaie qui la ronge : le racisme. Les extrémistes sont de tous les bords, les racistes de même, et la politique, comme partout, mais peut-être ici plus qu'ailleurs, n'est pas en reste.
Marseille se transforme, mais perdrait-elle son cœur, sa substance, ce qui a fait sa grandeur, sa raison d'être : un port, une porte, ouverts sur le monde ?.. Montale (comme Izzo ?) comptait goûter les joies de la retraite, mais la réalité le poursuit de sa noirceur, pour notre plus grand "plaisir"...
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Il serait inconvenant de ne pas lire la trilogie marseillaise de Fabio Montale dans son ensemble. Alors commencez d'abord par Total Khéops, délectez vous de Chourmo, et finissez par Solea.
Et si vous écoutiez un peu de Coltrane en lisant Chourmo, pour vous mettre en phase avec Fabio Montale ; découvrez ce superbe site consacré au saxophoniste.
les dix premières lignes...
Du haut des escaliers de la gare Saint-Charles, Guitou - comme l'appelait encore sa mère - contemplait Marseille. "La grande ville". Sa mère y était née, mais elle ne l'y avait jamais emmené. Malgré ses promesses. Maintenant, il y était. Seul. Comme un grand.
Et dans deux heures, il reverrait Naïma.
C'est pour la voir qu'il était là.
Les mains enfoncées dans les poches de son jean, une Camel aux lèvres, il descendit lentement les marches. Face à la ville (...).
quatrième de couverture...
Revoilà Fabio Montale. L'ex-flic des quartiers nord de Marseille plonge dans sa ville à la recherche de deux adolescents disparus la veille de la rentrée des classes. Rien ne s'est arrangé depuis la démission de Montale. Le chômage, la misère, la drogue, la violence... Avec en fond, la montée du fanatisme islamique, et celle du Front National. Depuis que le jeune comorien Ibrahim Ali s'est fait tuer en courant derrière un bus de nuit, en février 1995, on sait qu'à Marseille tout est possible.
bio express...
Jean-Claude Izzo(cf.authologies)
Né en 1945 à marseille, fils d'un barman italien et d'une couturière espagnole, Jean-Claude Izzo vient de décrocher son CAP d'ajusteur-tourneur lorsqu'il est appelé pour effectuer son service militaire - service militaire durant lequel il fait une grève de la faim d'un mois, qui l'enverra en bataillon disciplinaire à Djibouti.
De retour en France à la fin de son service, il s'inscrit au PCF, milite dans un mouvement pacifiste, devient journaliste, puis rédacteur en chef de La Marseillaise. En 1978, après la rupture de l'Union de la Gauche, il coupe tous les ponts : divorce, quitte son journal, rend sa carte du parti. Après quelques années de galère, il renoue avec le journalisme, tout d'abord dans pour le mensuel Viva, puis pour la revue Gulliver après avoir rencontré Michel Le Bris. Avec ce dernier, il est à l'origine du festival "Étonnants Voyageurs" qui se tient chaque année à Saint-Malo.
Il commence à écrire des poèmes à la fin des années soixante. Quelques livres sont édités - qui ne trouvent pas ou peu de public - jusqu'en 1995 où, à cinquante ans, il fait sa véritable "entrée en littérature" avec Total Khéops, une série noire sur fond de cités marseillaises. Succès immédiat et impressionnant. Il sera suivi par Chourmo et Solea qui reprennent les aventures de l'ex-flic Fabio Montale.
Il meurt prématurément d'un cancer, à peine âgé de cinquante cinq ans. Ses cendres ont été repandues au-dessus du vieux port de Marseille...
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Total Khéops
1995
Les Marins Perdus
1997
Vivre Fatigue
1998
Solea
1998

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