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Fred Vargas

Sur la Dalle

Couverture

Première édition : Flammarion - Mai 2023

Tags : Roman d'enquête Crime organisé Flic Truand France profonde Années 2020 Plus de 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 27 août 2023

Après six années d’absence, le « pelleteur de nuage » reprend enfin du service.
Fred Vargas n’est pas la plus prolifique des auteures lorsqu’il s’agit de mettre en scène son commissaire favori. La dernière fois qu’on avait eu de ses nouvelles, c’était en 2017 avec Quand Sort la Recluse, pas forcément sa plus belle réussite.
Cette fois, Adamsberg est appelé du côté de la Bretagne, non loin de Combourg, la patrie de Chateaubriand. Je ne pouvais pas louper ça ; un tel personnage quasiment à domicile, c’est une aubaine. Sur place, un obscur descendant du célèbre écrivain, quasiment son sosie, est soupçonné d’avoir assassiné le garde-chasse. Le commissaire Mathieu, chargé de l’enquête, ne croit pas trop à cette accusation mais ne sait pas trop comment la contrer. Aussi fait-il appel à son collègue parisien croisé récemment ; les deux hommes s’étant rapidement appréciés.
Adamsberg débarque en solo, il veut se faire sa propre idée. Alors qu’il s’installe dans l’auberge de Johan qui deviendra vite son port d’attache, les morts s’enchaînent…

Lire Fred Vargas et assister aux péripéties qu’elle fait subir à son commissaire, c’est comme retrouver une vieille paire de charentaises et y glisser ses pieds meurtris. Ça fait du bien. Elles ont beau être moches et puer un peu, elles restent confortables et accueillantes.
La fantaisie qu’on a connue est au rendez-vous et Adamsberd fidèles à ses caractéristiques hors normes. Les ingrédients habituels sont présents comme les objets rares et hétéroclites, les personnages secondaires savoureux, et quand l’équipe débarque c’est comme une bande de potes perdus de vue qui s’invitent à l’improviste.
On sait bien que les intrigues concoctées par Fred Vargas sont alambiquées et souvent tirées par les cheveux, qu’elle n’a pas peur des invraisemblances et ne cherche pas le réalisme pur et dur. Sur ce point, on sera servi dans cet épisode. On passera aussi beaucoup (trop) de temps à table, à disserter (trop) longuement.

Vous l’aurez compris, cette douzième aventure du commissaire Adamsberg n’est encore une fois pas la plus aboutie, le souffle lui manque un peu. Mais pour ceux, comme moi, qui ont connu ses débuts si prometteurs, elle n’en reste pas moins savoureuse.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Si jamais il vous reste quelques épisodes de la série Adamsberg à découvrir, préférez les plus anciens.

les dix premières lignes...

Le gardien du commissariat du 13e arrondissement de Paris, Gardon, pointilleux jusqu’à la maniaquerie, était à son poste à sept heures trente pile, la tête penchée vers le ventilateur de son bureau pour sécher ses cheveux, selon son habitude, ce qui lui permit d’apercevoir de loin le commissaire Adamsberg approcher à pas très lents, portant sur ses avant-bras un objet non identifié, les paumes tournées vers le ciel, avec autant de précautions que s’il tenait un vase de cristal. Gardon – nom tant approprié à sa fonction qu’il lui avait valu force blagues avant qu’on ne s’en lasse –, n’était pas réputé pour sa vivacité d’esprit mais accomplissait sa mission avec un zèle presque excessif. Mission qui consistait à repérer toute étrangeté en approche, si minime fût-elle, et à en protéger le commissariat. Et pour cette tâche, il excellait, tant par son coup d’œil exercé par des années de service que par la vitesse inattendue de ses réflexes. N’entrait pas qui voulait dans ce saint des saints qu’était la Brigade criminelle, et il fallait que la patte fût plus blanche que neige pour que ce cerbère des lieux – qui était tout sauf impressionnant – acceptât de lever la grille de protection qui fermait l’entrée.

quatrième de couverture...

— Le dolmen dont tu m’as parlé, Johan, il est bien sur la route du petit pont ?
— À deux kilomètres après le petit pont, ne te trompe pas. Sur ta gauche, tu ne peux pas le manquer. Il est splendide, toutes ses pierres sont encore debout.
— Ça date de quand, un dolmen ?
— Environ quatre mille ans.
— Donc des pierres pénétrées par les siècles. C’est parfait pour moi.
— Mais parfait pour quoi ?
— Et cela servait à quoi, ces dolmens ? demanda Adamsberg sans répondre.
— Ce sont des monuments funéraires. Des tombes, si tu préfères, faites de pierres dressées recouvertes par de grandes dalles. J’espère que cela ne te gêne pas.
— En rien. C’est là que je vais aller m’allonger, en hauteur sur la dalle, sous le soleil.
— Et qu’est-ce que tu vas foutre là-dessus ?
— Je ne sais pas, Johan.

bio express...

Fred Vargas Fred VargasFred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers.
Sa sœur jumelle, Jo, peintre, a également adopté ce pseudonyme de Vargas, et c'est même elle qui la première le trouva, l'empruntant au personnage joué par Ava Gardner dans La Comtesse aux Pieds Nus. Pendant toute sa scolarité Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques ; après le bac elle choisit de faire des études d'Histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Actuellement ses recherches d'historienne-archéologue portent sur les ossements animaux du Moyen Âge. Quand elle parle de sa formation, la personnalité et l'enseignement de son père y tiennent un rôle déterminant. Elle a débuté sa "carrière" d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'Amour et de la Mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Fred Vargas, mère d'un petit garçon, vit à Paris.


Autoportrait paru sur le défunt www.romanpolicier.com)
Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis née de père et de mère, c'est déjà ça de pris. Sachez que mon frère aussi est né de père et de mère, c'est une tradition dans la famille, chacun son truc. Je n'étais pas toute seule dans l'œuf, ma sœur jumelle était là qui m'a tenu compagnie dans le petit habitacle maternel durant huit mois. Elle est née dix minutes avant moi, c'est là un détail passionnant, et puis j'ai suivi. Nous voilà donc dehors, à Paris, un 7 juin, qu'est-ce qu'on va faire ? C'est passionnant. On nous noue d'urgence des bracelets de couleur aux poignets pour ne pas nous confondre. On nous prénomme : Joëlle pour ma jum' (qu'on appelle aussitôt "Jo" par flemme, certainement) et Frédérique pour moi (qu'on appelle illico "Fred" par flemme, je suppose). Mon frère Stéphane avait été nommé "Steph" par flemme, je présume. Dans la famille, on est assez économe sur les prénoms, chacun sa manière. Quand je vous dis que tout cela est passionnant, vous voyez que je ne vous raconte pas des blagues.
Je ne me suis pas quittée, avec ma jumelle, si vous me suivez bien. Tout ce qu'elle savait faire, je ne le faisais pas et vice-versa. Ainsi, pas de rivalité en vue, et une grosse économie d'énergie, une astuce formidable. Si bien que je suis devenue à moitié compétente dans les choses de la vie, et elle de même. Je poursuis cette histoire qui, je la sais, vous tiens en haleine : Jo s'est mise à peindre très tôt, j'ai lâché le crayon aussi sec. Sans vocation, j'ai tourné coté sciences, archéologie médiévale. Je suis toujours archéologue, et ma sour est toujours peintre. Je discute ses tableaux comme elle corrige mes textes. Ah oui, le polar, j'oubliais. Pour me divertir de temps à autres du Moyen Âge, je voulais faire de l'accordéon (si vous avez suivi la logique de cette époustouflante histoire, vous aurez déduit finement que ma jumelle était portée coté musique classique, et donc, moi, accordéon). Je me suis acharnée sur cet instrument pendant dix ans, avec une absence de talent stupéfiante. Un beau soir, émergeant d'un chantier de fouilles, j'ai trahi mon accordéon, qui me le rendait bien, et j'ai fait l'acquisition d'un cahier propre et d'un feutre neuf pour écrire un polar. Allons-y. J'ai continué.
Un autre beau soir, ma soeur m'a dit : "Pourquoi écris-tu ?". Et j'ai fait cette réponse, devenue historique : "Je ne sais pas". Je ne sais toujours pas. Pas mal, non ?

édition(s)...

Flammarion - Mai 2023 Flammarion
Mai 2023
J'ai Lu Policier - Mai 2024 J'ai Lu Policier
Mai 2024

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Ceux Qui Vont Mourir Te SaluentCeux Qui Vont Mourir Te Saluent
1993
Debout les MortsDebout les Morts
1995
Un Peu Plus Loin sur la DroiteUn Peu Plus Loin sur la Droite
1996
L'Homme aux Cercles BleusL'Homme aux Cercles Bleus
1996
Sans Feu ni LieuSans Feu ni Lieu
1997
L'Homme à l'EnversL'Homme à l'Envers
1999
Pars Vite et Reviens TardPars Vite et Reviens Tard
2001
Coule la SeineCoule la Seine
2002
Sous les Vents de NeptuneSous les Vents de Neptune
2004
Dans les Bois ÉternelsDans les Bois Éternels
2006
Un Lieu IncertainUn Lieu Incertain
2008

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