Retour en haut de page

Frédéric H. Fajardie

Full Speed

Couverture

Première édition : Ed. des Equateurs - Janvier 2004

Tags : Thriller Roman d'enquête Polar urbain Comédie Crime organisé Serial Killer Complot Flic Original Paris Années 2000 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 01 mai 2006

Trois hauts gradés de l'armée russe, de l'armée irakienne et de l'armée française ont décidé de s'unir pour mettre Paris à feu et à sang. Un serial killer sévit dans le même temps, et, pour ajouter un peu de piquant, comme si ça ne suffisait pas, un pédophile kidnappe les enfants pour les trucider. Pour faire face à ces ennemis publiques particulièrement coriaces, les pouvoirs publics, débordés, il va sans dire, n'ont plus que la ressource d'appeler à la rescousse le commissaire Padovani, le flegmatique commissaire Padovani, l'anar Padovani, un cousin de San Antonio qui se shooterait aux livres de Thomas Berhard. On ne l'avait plus vu depuis "Polichinelle Mouillé" en 1983 (hormis une "apparition" en 1994 dans Patte de Velours), lui, dont la carrière débuta en fanfare dans "Tueurs de Flics" en 1979.
Flanqué de ses mulets, qui tombent comme des mouches dans chaque aventure, et d'une jeune stagiaire allemande tireuse d'élite, Padovani se met en chasse au pas de charge. Il le faut. Les exactions se multiplient. Blockbuster puissance dix, le thriller façon Fajardie ne se refuse rien. Ça commence avec un attentat dans le RER et quelques centaines de morts. Ça se terminera par une nuit bleue où la Bourse sautera, ainsi que l'Ambassade des États-Unis. Entre-temps, des diplomates, des politiques, des pontes des services secrets et plusieurs célébrités auront fait les frais de la folie meurtrière ambiante.
Au passage, on aura repéré un certain Depardieu, nu, empalé aux grilles du Jardin du Luxembourg. Vu ce pauvre Fabien Barthez, portier de l'équipe de France, décapité, sa tête devenue ballon dans ses mains gantées. Aperçu ce bon Abbé Pierre, crucifié, il va de soi.
On l'aura compris, Fajardie s'amuse avec un suspens d'enfer, en même temps qu'il règle des comptes avec tout ce qui l'agace. De la droite à l'extrême-gauche, tous en prennent pour leurs grades. À l'instar des trotskistes qui se ramassent à la petite cuiller après une explosion. Les cultureux ne sont pas épargnés. Une diatribe qui fait se retourner Marguerite Duras dans sa tombe. Une autre pour jeter par la fenêtre Lucchini.
Et puis le livre s'achève. Il neige. Et Fajardie conclut par une formule magique qui en dit long sur son talent :
"C'est pas si mal, la neige, ça a tôt fait de recouvrir le sang, c'est comme du Tipex sur cette grosse connerie qu'est la mort."



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Au cinema, un flic pouvant s'apparenter au commissaire Padovani a été incarné deux fois par Alain Delon, dans deux films de José Pinheiro, "Paroles de Flic" (scénario original de Fajardie) et "Ne Réveillez pas un Flic qui Dort" (adapté du roman Clause de Style).

Jérôme F. Goudeau (le sympathique webmaster du site officiel consacré à Frédéric H. Fajardie) m'a apporté à ce propos les précisions suivantes :

Effectivement, les personnages de flics des films cités sont assez proches du célèbre commissaire Padovani (...), cependant, il n'est pas possible de les fondre en un seul et même personnage.

1. Le Pratt de "Parole de Flic" effectue une véritable vendetta contre un groupe d'assassins fascisants qui ont tué sa fille. S'ils combattent les mêmes ennemis, le sentiment de vengeance n'est jamais présent chez Padovani qui évite le recours à la violence telle qu'on la retrouve chez Pratt, féroce et enragé comme un animal blessé.
2. Pratt est veuf (ou divorcé ?) et père d'une fille unique. Grindel (dans "Ne Réveillez pas un Flic qui Dort") vit en couple avec une jeune mannequin et sans enfant (dans le film, car il vit seul dans le livre). Padovani, lui, est marié à Francine et a deux fils. Ce contexte familial, rappelé dans chaque aventure de Padovani, n'est pas qu'un prétexte, un décor. C'est une base solide sur laquelle s'appuie Padovani. Base discrète mais toujours présente dans ses enquêtes et qui fait peut-être défaut à ses deux confrères.
3. Grindel et Padovani sont indiscutablement deux personnages distincts puisque dans le roman Clause de Style, Grindel et son directeur parlent nommément de Padovani. On peut simultanément noter que l'estime que les deux hommes lui portent prouvent bien que Grindel et Padovani ont des valeurs communes.

On peut donc parler de points communs, de ressemblances, d'inspirations communes. Il est alors tout à fait légitime - et opportun - de les comparer, mais les assimiler totalement en les substituant les uns aux autres est un amalgame inapproprié.

les dix premières lignes...

C'était une nuit d'automne froide, venteuse. Une pluie fine et glacée tombait en oblique sur Paris et, pour ajouter à cette désolation, un brouillard tenace estompait les quais de la Seine.
Sous le pont du RER, les très rares passants avançaient tête basse, cols remontés, parapluies inclinés vers l'avant, comme s'ils allaient au combat contre les gouttes. Quelques voitures roulaient à vitesse réduite, essuie-glaces à tout va. Les conducteurs gardaient le pied sur la pédale de frein.
Le vent violent arrachait aux arbres leurs dernières feuilles. Elles tournoyaient follement, montaient quelquefois en gracieuses spirales et retombaient sur le pavé gras et humide (...).

quatrième de couverture...

Un premier attentat spectaculaire dans le métro parisien et plusieurs centaines de victimes. Un autre où des torrents d'essence se déversent dans les rues de la capitale qui, soudain, ressemble à Bagdad sous les bombes. Des personnalités tuées avec un raffinement qui ferait passer Gengis Khan pour un plaisantin. Et un mobile qui pourrait avoir ses origines dans la guerre d'Irak.
L'enquête est confiée au commissaire divisionnaire Padovani, star de la brigade criminelle, héros mythique de "Tueurs de Flics" , qui parallèlement doit élucider une série de meurtres de travestis et arrêter un kidnappeur d'enfants. Face à tant de causes désespérées, Padovani et son équipe n'ont que deux armes : la vitesse (full speed) et l'humour noir.

bio express...

Frédéric H. Fajardie Frédéric H. FajardieFrédéric H. Fajardie est né le 28 août 1947 à Paris. Auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, dont certains adaptés au cinéma, il est considéré comme l'une des figures classiques du roman noir des années quatre-vingt, le néo-polar, au même titre que Jean-Patrick Manchette et Didier Daeninckx.
Son premier roman, Tueurs de flics, publié en 1979, remporte un succès immédiat. Les lecteurs adoptent immédiatement Padovani, ce flic qui ne mâche pas ses mots et qui a tout de l'Inspecteur Harry importé chez nous. La critique salue l'écriture rythmée et l'art de la formule qui fait mouche.
Romans, nouvelles, œuvres pour la jeunesse, scénarii, pièces radiophoniques, articles et chroniques de presse, Fajardie est un auteur prolifique qui s'est lancé ces dernières années dans le polar historique de grande ampleur au siècle des Lumières.
Plusieurs prix récompenseront son œuvre, dont le Prix Charles-Péguy en 2001 pour son autobiographie, et le Prix du Roman populaire en 2003 pour son roman historique, Le Voleur de Vent.
Il est décédé le premier août 2008 à Paris.

édition(s)...

Ed. des Equateurs - Janvier 2004 Ed. des Equateurs
Janvier 2004
Pocket - Septembre 2005 Pocket
Septembre 2005

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Tueurs de FlicsTueurs de Flics
1979
La Nuit des chats BottésLa Nuit des chats Bottés
1979
La Théorie du 1%La Théorie du 1%
1979
Les Foulards RougesLes Foulards Rouges
2001

vos commentaires...

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis !