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Tito Topin

Graffiti Rock

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - Mai 1982

Tags : Comédie Arnaque Flic Populaire France Années 1980 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 25 mai 2007

On tourne une scène en extérieur à la terrasse du Central Bar à Vaison-la-Romaine. Une scène durant laquelle l'acteur principal se fait tirer dessus par une femme. Troisième prise, ce sera la bonne. Robert Klimt s'écroule. Il vient de se faire réellement assassiner.
Au même moment, de l'autre côté de la rue, Madeleine et Antoine sont devant leur télé tandis qu'un homme vise le moineau qui vient de se poser sur le rebord de leur fenêtre. Une balle. Madeleine et son jeune fils de quatre mois sont tués sur le coup. Le tireur embusqué s'enfuit, non sans tirer à nouveau sur deux gendarmes qui passaient par là...
C'est le commissaire Émile Gonzalès qui est chargé de cette enquête. Un flic également écrivain à succès en tant qu'auteur de polars sous le pseudonyme de Harry Punch. Mais la réalité est souvent bien plus complexe que la fiction, et il faut bien dire que le commissaire a bien du mal à comprendre ce qui relie tous ces meurtres...

Graffiti Rock n'est pas un long fleuve tranquille qui se déroule au fil des pages. Le mode de narration choisi par Tito Topin évoquerait même plutôt le torrent de montagne qui déboule, se cache sous la roche, réapparaît plus loin sans qu'on sache toujours très bien s'il s'agit de la même eau. C'est assez rock' n' roll et plein d'énergie.
L'intrigue en elle-même — une histoire d'arnaque — permet à l'auteur de mettre en scène une galerie de personnages plutôt déjantés. On croisera Madame Monsieur, sorte de matrone noire obèse tout droit sortie du bayou de la Nouvelles Orléans, affublées de gardes du corps se déplaçant en rollers ; on fera la connaissance de Mireille, femme au caractère bien trempé qui accueille chez elle une équipe de cinéma peu ordinaire ; on suivra avec effroi les déambulations de Bébert, le taxi unijambiste à la prudence excessive ; et beaucoup d'autres encore...

Récit déjanté, aventure loufoque donc, sur lequel Tito Topin vient tout de même plaquer quelques passages "informatifs" qui le font coller à l'époque. Le cinéma et ses ficelles bien sûr, mais aussi un précis sur les origines du graph américain (ou Bomb' Art) ou encore un exposé sur les débuts du rap (en 1982 !). La juxtaposition est parfois d'un étrange effet, mais bon, on passera.

Graffiti Rock a un côté rafraîchissant, pétillant, et s'appuie sur une exagération du trait que n'aurait sans doute pas renié Jean Yanne, avec qui Tito Topin a par ailleurs travaillé. C'est le même esprit qui habite ce roman : baroque et exubérant.



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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Le commissaire Émile Gonzalès apparaît de même dans Tchatcha Nouga, à l'univers tout aussi "allumé" et où les départs en vrille se succèdent.
Il a cependant commencé sa carrière de flic au Maroc et apparaît également dans 55 de Fièvre ou encore Piano Barjo.

les dix premières lignes...

La journée était caniculaire — le 23 juillet le plus chaud depuis le front popu avait annoncé la météo de midi — et les bistros répandus en terrasses multicolores sur les trottoirs de la place Montfort battaient des records d'affluence. Les parasols étalaient l'ombre de leurs corolles publicitaires envahies par les bières aux sonorités teutonnes, les vermouths aux consonances italiennes, les anisettes méditerranéennes qui évoquaient les calamars frits et les fèves éclatées par la violence des épices.
La terrasse la plus fréquentée était celle du Central-Bar qui, comme son nom l'indique, se trouvait au centre de ce grand rassemblement d'assoiffés (...)

quatrième de couverture...

Laurie Anderson attaqua O Superman avec la caresse violente de sa gorge profonde dans un solo révulsé de sax érectile. El Hadj tira une nouvelle fois. La balle arracha dans un accord de violon le bouton de cuir qui retenait la patte d'épaule du blouson de Tommy, à deux doigts de la carotide. Il eut envie de hurler pour sortir de son cauchemar... Le con, il ne faisait qu'y entrer...

bio express...

Tito Topin Tito Topin(cf. www.titotopin.com) Né en 1932 à Casablanca, Tito Topin crée à 21 ans, à son retour des Cies Sahariennes, sa propre agence de publicité, "Publicasso". Rappelé sous les drapeaux en août 1955 à la suite des événements tragiques de Oued-Zem, il est cassé à deux reprises de son grade et effectue trois mois de prison sur les six de son rappel. Démobilisé début 1956, il émigre au Brésil, à Sao-Paulo où très vite, il crée une nouvelle société "Catalox". Les accords d'Evian signés en 62, il retourne à Casablanca et crée une nouvelle agence de régie et publicité, "AGEP" avec des associés marocains. Il les quittera pour prendre la direction artistique de l'Agence Havas.
Installé à Paris fin 1966 comme illustrateur, il participe à diverses campagnes de publicité, fait de la bande dessinée (notamment avec Jean Yanne), des génériques et des affiches de films (Tout le Monde il est Beau, Idi Amine Dada, etc.) avant de s'installer en 1978 près de Vaison-la-Romaine où il séjourne toujours. Il publie son premier roman, Graffiti Rock en 1982 chez Gallimard, pour la Série Noire, écrit son premier scénario en 1984, crée la série Navarro en 1989 et monte sa propre maison de production en 1997.

Tito Topin est décédé le 6 décembre 2025, à l'âge de 93 ans.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire - Mai 1982 Gallimard / Série Noire
Mai 1982

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

55 de Fièvre55 de Fièvre
1983
Piano BarjoPiano Barjo
1983
14ème Nocturne14ème Nocturne
1983
Tchatcha NougaTchatcha Nouga
1984
Honey MoneyHoney Money
1984
Shanghai SkipperShanghai Skipper
1986
Bentch et CieBentch et Cie
2006
Sur un Air de NavarroSur un Air de Navarro
2006
Bentch BluesBentch Blues
2007
Cool, Bentch !Cool, Bentch !
2008
Photo FinishPhoto Finish
2008
Parfois je me Sens comme un Enfant sans MèreParfois je me Sens comme un Enfant sans Mère
2009
Des Rats et des HommesDes Rats et des Hommes
2011
Arrivederci, Trésor !Arrivederci, Trésor !
2024

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