Serge Scotto
Saucisse Président
Première édition : Jigal Polar - Avril 2007
un avis personnel...
Publié le 02 mai 2007
Le teckel a parfois mauvais caractère — c’est bien connu — est souvent court sur pattes et n’a pas sa langue dans sa poche (d’ailleurs, il n’a pas de poches... seulement une longue langue). Et quand un teckel a pour maître — ou compagnon, dirons-nous — un écrivain qui s’attache à contempler le monde dans le blanc des yeux au point de lui chercher des poux — ou des puces —, on obtient un alliage tendre à la dent dure. C’est comme ça...
Saucisse est l’ami fidèle de Serge Scotto et, à eux deux, ils parcourent le monde, notre monde, et s’associent pour en dresser un portrait à coup de petites touches, d’instantanés. Saucisse Président se compose d’autant de billets d’humeur (d’humour ?) qu’il compte de page ; de courts textes qui en disent long sur quelques dérèglements qui nous gouvernent tout en suivant l’actualité du moment.
C’est savoureux, teinté d’humour, d’acidité, parfois de gravité et souvent de grande sagesse.
À déguster en terrasse, avant d’aller glisser son bulletin dans une urne...
Tiens, pour l'occasion, je vous livre une des sentences de Saucisse, dans son intégralité (et avec l'autorisation de l'éditeur bien sûr...) :
Pas si Bête
Comme j’aime à le répéter, je n’étais pas assez cabot pour la politique ! C’était en fait une idée de mon maître... De ma courte carrière de ci-devant politichien, je ne garde aucune nostalgie, moi dont le plus grand plaisir est de courir tout nu dans la nature ! Je serais fort encombré des ors de la République et je me souviens m’être fait copieusement engueuler par un pingouin un jour où je gambadai joyeux sur les précieux tapis d’un ministère... Mais cette expérience, qui m’a vu affronter quelques vieux renards, m’aura au moins appris à être malin. Ce qui me donne des idées bêtes, parfois... La fréquentation de mon maître, sans doute !
En voici une, d’idée de bête, qui m’est venue en apprenant il y a quelques jours ce record historique pour le parti : 200 000 adhérents, cap franchi pour le Parti Socialiste en accueillant 75 000 nouveaux venus, en majorité de jeunes citadins diplômés. Il faut préciser que ce n’est pas compliqué d’adhérer, on peut même le faire sur internet et pour 20 euros. Je dis ça pour ceux que ça intéresserait... Présentant le bilan de la campagne d’adhésion lancée le 9 mars, François Hollande a qualifié cette vague d’« inespérée ». À ses yeux, elle « anticipe et prépare la victoire en 2007 ».
Le slogan était « Adhérer, c’est décider ». Car il s’agit par là de participer au chois du futur candidat socialiste lors de la primaire interne organisée à l’automne. Ce qui me fait penser que tous ces militants socialistes seraient peut-être beaucoup mieux inspirés d’adhérer plutôt à l’UMP, ce qui n’est pas plus compliqué, ne coûte pas trop cher non plus et serait plus directement efficace pour le bénéfice que ces braves gens comptent en tirer ! Car l’on se souvient que leur adversaire désigné, le redoutable petit Nicolas, attend lui-même le plébiscite des adhérents de son parti, qui le verra intronisé candidat de l’UMP à la présidentielle. Oui, mais avec 200 000 voix contre lui, ce pourrait être une tout autre affaire !
Après tout, quand on a voté Chirac une fois, on peut bien s’inscrire à l’UMP la fois d’après..., ce qui ne devrait donc pas dépayser outre mesure les socialistes. Moi, je vous dis ça comme un chien dans un jeu de quilles, je sais bien que c’est une idée bête... Comme un jour un grand singe ramassa un bout de bois, inventant le bâton ; il ne fallut guère de temps pour qu’Archimède déclare : « Donnez-moi un levier et je soulèverai le monde ! » Moi, quand on jette un bâton je le rapporte, au cas où quelqu’un se trouve là pour en faire un levier.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Bah, là... comme ça, pas d'idée.
Mais il faut savoir que Saucisse n'en est pas à ses premières armes, il a déjà sévi par le passé et continuera sans doute à le faire...
les dix premières lignes...
Une Sacrée Promenade
Ce n’était pas l’heure habituelle. Mais comme j’ai entendu mon maître décrocher ma laisse du porte-clés, je me suis rameuté dare-dare en remuant la queue, tout content de partir en promenade.
Dehors brillait un soleil prometteur. Nous partîmes à deux ; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au Vieux-Port. Et encore je n’avais sous les yeux que les chaussures des premiers rangs, car il faut dire que j’ai la vue basse ; vingt centimètres au garrot (...) !
quatrième de couverture...
Après avoir défrayé la chronique il y a quelques années en se présentant aux législatives, Saucisse poursuit ici son irrésistible et vaillante ascension vers la fonction suprême...
Tour à tour iconoclaste, provocateur ou philosophe de trottoir, Saucisse nous livre, à travers ses chroniques ébouriffantes parues dans la presse cette année, son point de vue sur un monde en décomposition.
Condensé du “Che”, de Martin Luther King et de José Bové, Saucisse par l’entremise de son fidèle et dévoué maître Serge Scotto, nous assène ici ses derniers aphorismes sur le genre humain, parole de chien !
Sarcastique, cinglant, visionnaire et citoyen, Saucisse nous donne là une leçon de courage et d’humilité dont nombre de « politichiens » en mal de programmes feraient bien de s’inspirer de toute urgence...
bio express...
Serge ScottoPiochée sur le site des Marseillais du monde :
Né du côté d’Endoume en 1963, Serge Scotto di Rinaldi renonce très tôt à un poste d'instituteur pour se tourner vers le monde de l’art et de la nuit. Souvent provocateur, homme aux casquettes multiples, tour à tour et dans le désordre — si l’on peut dire — dessinateur (il œuvra un temps pour Fluide Glacial), musicien (batteur déjanté des Steacks), parolier, journaliste radio et presse écrite (Métro, Le Ravi, Le Mague), peintre, directeur de galerie d’art, écrivain, Serge Scotto est un artiste multi-fonctions, qui se définit parfois lui-même comme un "punk classique".
Ami de Frédéric Vignale qui pense l’art comme un combat politique, Serge Scotto a défrayé la chronique en 2001 lorsque son chien (un splendide teckel nommé Saucisse) remporta 4% des suffrages exprimés aux élections municipales de Marseille, avec le slogan "Pour une société plus humaine, contre une vie de chien !"
Sur le plan littéraire, on lui doit notamment Le Crapaud qui Fume, Le Soudard Éberlué, Alerte à la Vache Folle, Comme un Chien, Saucisse dans le Métro et la participation à l’ouvrage collectif Onze Fois l'OM.
Même si sa "marseillitude" ne s’exprime que rarement par la littérature, il n'a jamais renié Marseille où il vit, prétendant même qu'elle est "son plus grand chagrin d'amour". Inclassables et attachants, Serge Scotto et son inséparable compagnon à pattes sont des acteurs incontournables du paysage artistique marseillais.

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