Sébastien Gendron
Mes Amis Mortels
Première édition : Editions du Toucan - Juin 2008
un avis personnel...
Publié le 11 septembre 2008
Jean-Paul Arlan, le plus grand acteur français depuis Jean Gabin, qui a supplanté en son temps les jeunes Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, va proposer un projet à ses deux vieux "amis" Thierry Mat et Ange Sperone pour sauver son fils qui a fait perdre beaucoup d'argent à la famille Mat. Ce projet consiste à la production internationale de son dernier film qui permettrait aux deux familles de blanchir quelques liquidités et d'ouvrir de nouvelles opportunités à l'étranger… Mais les Mat-Sperone veulent un retour sur leur investissement.
Deuxième roman de la récente création des éditions Toucan : la série des Mat-Sperone, qui aborde le grand banditisme français au travers deux familles du milieu, les Mat et les Sperone.
Sébastien Gendron ne s'en sort pas trop mal pour un roman que l'on devine de commande, malgré une première moitié assez confuse dans laquelle on ne sait pas trop quels personnages ni quel fil suivre. C'est peut-être ce duo de cambrioleurs pseudo-professionnels qu'on croirait sortis tout droit de l'équipe de Dortmunder (cf. Donald Westlake), qui ne cadre pas avec l'ambiance et les autres personnages. Notamment les deux familles Mat et Sperone, qu'on voit peu finalement et dont le côté plutôt "beauf" que "Soprano à la française" dessert le récit.
La seconde moitié du livre, plus classique, apporte une cohérence et accroche enfin le lecteur, et c'est bien de l'histoire de Jean-Paul Arlan et de la quête de sa gloire d'antant qu'il s'agit. Le personnage du vieil acteur est indéniablement inspiré des monuments du cinéma français tels que Delon ou Depardieu, mais aussi de personnalités comme Sinatra pour ses liens avec la mafia, voir Johnny Hallyday pour le côté "marque déposée". Tout tourne autour de lui, et Sébastien Gendron explore ce Jean-Paul Arlan à coup de flash-back, dans ses rapports aux autres — et plus précisément avec son fils, un des rares qui ne le vénère pas — et dans son orgueil démesuré qui finiront par lui coûter beaucoup plus cher qu'il ne l'aurait cru.
Dans cet opus, pas de fusillades à tire larigot, pas de rebondissement à chaque fin de chapitre, l'auteur a fait dans le roman noir pas désagréable. Un auteur qu'il faut sûrement essayer dans ses productions plus personnelles.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Les autres romans de Sébastien Gendron, ou taper directement dans les valeurs sûres du roman noir comme Jim Thompson par exemple.
les dix premières lignes...
« And now, the end is near ;
And so I face the final curtain... »
« Ça sert pas à beaucoup de chose, ce que tu faits ! Tu sais ça ? »
À l'extérieur, des maisons sur pilotis à deux pas du port avec les odeurs de marée, des venelles qui s'entrelacent autour de quelques rues à peine plus larges, la fréquentation idoine du quartier bord cadre, trop de types pas nets et la plupart du temps bourrés de diverses substances qui tournent autour de filles rares, floues, maquillées comme des camions volés, perchées sur des talons à échasses. Il y a un escalier en bois qui mène à un homme, debout, mains croisées sur le pelvis, un mètre quatre-vingt-trois au garrot, tête avenante et buste répulsif sous un deux-pièces viscose sombre. Derrière ses épaules, une simple porte maintenue au chambranle par un pauvre verrou à targette. Sur cette porte, on a inscrit en français "Jetée" au-dessus d'une boîte à lettres (…)
quatrième de couverture...
Au début des années 2000, Jean-Paul Arlan n'est plus l'acteur mythique que le public a connu. Alors qu'il a tourné avec les plus grands, les bons films se font désormais sans lui.
Il décide donc de se lancer seul dans un grand projet, un film dans lequel il incarnera un flic aux mains propres, un justicier solitaire. Mais pour produire un long métrage de cette ampleur, son argent de poche ne sera pas suffisant. Ses liens avec le milieu vont s'avérer d'un grand secours, en particulier son amitié avec la famille Mat.
Mais si pour lui, il s'agit seulement d'un emprunt, les Mat y voient de leur côté un bon moyen pour blanchir de l'argent.
La suite relève plutôt du grand banditisme...
bio express...
Sébastien GendronPiochée sur le site de l'auteur :
Sébastien D. Gendron est né en 1970 à Talence, du croisement d’une rhétaise d’Ars et d’un Aquitain de Pessac.
Rapidement, il ne pratique aucun sport, obtient des notes déplorables en mathématique et se fâche avec les autorités. Il ne sera donc ni footballeur, ni scientifique, encore moins militaire.
Après un baccalauréat étonnement monotenté, il glande quatre ans à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux III, où on accepte de lui donner sa licence d’Etudes Cinématographiques juste pour saluer les nombreux frais d’inscription.
Il devient ensuite assistant mise en scène pour de nombreux produits de fiction télé et passe à la réalisation en 1997 après avoir substitué deux boîtes de films.
À force de saouler les éditeurs en leur envoyant des centaines de pages tapuscrites dans lesquelles ils tentent de transmettre sa vision du monde, on finit par accepter de lui publier quelques trucs.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Taxi, Take off & Landing
2010
Mort à Denise
2010
Quelque Chose pour le Week End
2011
Road Tripes
2013
La Revalorisation des Déchets
2015
Révolution
2017
Chevreuil
2024
Python
2025

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