Retour en haut de page

Emmanuel Errer

Le Cercle d'Argent

Couverture

Première édition : Fleuve Noir - Avril 1992

Tags : Roman noir Flic Paris Années 1990 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 06 juin 2010

Voilà maintenant un an que Marie-Jeanne fréquente Julien Blancœur. Après son veuvage et deux années de chasteté, elle a retrouvé le plaisir de la chair avec ce flic macho, la cinquantaine, qui ne la respecte guère.
C'est justement devant chez elle que Julien est témoin du braquage d'une banque et qu'il intervient alors que deux hommes tentent de s'enfuir à moto après avoir tiré sur un vigile. Après une courte fusillade qui laisse le pilote blessé, il prend en chasse le second braqueur mais, faute de souffle, revient bredouille devant la banque. Là, il découvre qu'un garçonnet de dix ans a été victime d'une balle perdue, une balle qui pourrait bien être une de celles qu'il a tirées…

Même si la balistique l'innocente bientôt, Julien s'interroge sur le bien-fondé de son intervention — fallait-il déclencher cette fusillade — et endosse partiellement la responsabilité de la mort de l'enfant. Il se lance alors dans une poursuite effrénée à la recherche du fuyard. Du coupable.

À travers cette poursuite et ces interrogations, Emmanuel Errer va nous dresser un portrait légèrement futuriste et franchement pessimiste de notre société. Le roman, écrit en 1992, se déroule en 1998 ; les japonais ont découvert un vaccin contre le sida, les Pompiers de Paris ont été privatisés et il semble bien que ce soit bientôt le tour de la police nationale. Emmanuel Errer nous montre un monde où chacun joue pour soi dans une ambiance plombée, ou au moins la vision, désabusée, qu'il en a :

Julien examina attentivement la devanture de la vieille boutique, juste après le coude de la rue, une librairie-bar. Ça existait donc encore dans ce quartier qui passait pour être devenu le refuge des intellectuels insensibles au Veau d'Or. Les autres, ceux qui avaient réussi et remplissaient les petits écrans de leurs images auto satisfaites, avaient émigré dix ans auparavant vers le quartier de la Bastille, bien que le complexe immobilier des Buttes-Chaumont, construit à l'emplacement de l'ancienne usine audio-visuelle, commençât à attirer ce que la capitale comptait de gens dans le coup.

Emmanuel Errer se fait comme nostalgique, sans toutefois s'apitoyer, d'un passé plus reluisant que le présent, un présent où tout le monde se fout de tout — l'État post-libéral en premier lieu. N'empêche que ses considérations sur la situation de notre société ont du mal à coller avec l'intrigue qu'il propose, un peu tarabiscotée.
Rien n'est sympathique dans cette histoire… mais sans doute est-ce là le sentiment général de l'auteur.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Dans un tout autre registre, plus "historique", j'avais été enchanté par un autre roman d'Emmanuel Errer, Un Détour par l'Enfer.

les dix premières lignes...

— Tu veux une astuce pour mieux réussir le bourguignon ?
Elle le regarda avec étonnement. Elle avait pourtant cuisiné de son mieux pour lui prouver qu'elle était autre chose qu'un sexe et s'en convaincre elle-même. Il ne la voyait quand même pas seulement pour « tirer son coup », bien qu'il le lui répétât souvent. Il employait à dessein un langage grossier :
— Hier au soir, j'ai tiré une drôle de fille, une danseuse à ce qu'elle prétendait. Mais c'est moi qui donnais le tempo (…)

quatrième de couverture...

Lucien est un flic mal dans sa peau, vaguement à la dérive. Comme cette France où il vit et où plus personne ne sait au juste comment vivre. Et voilà qu'un jour il assiste par hasard à un hold-up qui entraîne dans la rue la mort d'un petit garçon.
Une balle perdue ?
C'est probable, mais pas certain. C'est peut-être même un coup monté. Et le début d'une affaire totalement inouïe.

bio express...

Emmanuel Errer Emmanuel ErrerPseudonyme de René Charles Rey (qui utilisera également comme signature les noms de Jean Mazarin ou de Nécronian), né en mars 1934 à Tunis.
Après avoir été enseignant durant deux années, puis travaillé pour une entreprise de sondage pendant plus de dix ans, il se décide au milieu des années soixante-dix à vivre de sa plume.
Auteur plutôt prolifique, il s'attache à dénoncer à travers ses romans la manipulation dans tous ses états, mais écrit également dans le genre espionnage, voire humoristique.
En 1983, il reçoit le Grand Prix de littérature policière pour Collabo Song et sera, deux ans plus tard, le "nègre" du tennisman Illie Nastase pour son roman Tie Break.
À la fin des années quatre-vingt, il se tourne vers l'écriture de scénarios, signant le dernier épisode des 5 Dernières Minutes ou quelques numéros de séries télévisuelles françaises à tendance polardière comme Navaro, Les Cordier ou encore Malone, pour lequel il est couronné, en 2004, par le Grand Prix du télé-polar au festival de Cognac.

édition(s)...

Fleuve Noir - Avril 1992 Fleuve Noir
Avril 1992

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Un Détour par l'EnferUn Détour par l'Enfer
1988

vos commentaires...

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis !