Dominique Manotti
Kop
Première édition : Rivages / Thriller - Mai 1998
un avis personnel...
Publié le 14 novembre 2009
Une fusillade à la sortie d'un magasin. Deux morts, un homme et une femme, exécutés au fusil-mitrailleur par deux personnes sur une moto. Romero, un des flics de l'équipe de Daquin, est l'homme abattu. Daquin fait tout ce qu'il faut pour récupérer l'enquête et découvrir le pourquoi du comment, qui est cette femme qui accompagnait Romero, et qui, apparemment, était la cible des tueurs. L'enquête amène rapidement Daquin à s'intéresser au club de Lisle-sur-Seine en lutte pour devenir champion de France de football, et à son président Jean-Pierre Reynaud.
Dominique Manotti a choisit le football comme décor mais cela reste juste un décor qui aurait pu être n'importe quel autre sport, et c'est le gros moins de ce livre pour un lecteur comme moi qui aime le football. J'attendais un traitement autre de ce sport que cette photographie stéréotypée du football des années 80-90, avec ses transferts louches, ses arbitrages douteux, ses joueurs corrompus, le dopage… On retrouve, par exemple, un joueur argentin amateur de cocaïne qui rappelle les mauvais côtés de Maradona, ou ce président de club, Jean-Pierre Reynaud qui lui, fait penser au Bernard Tapie de l'Olympique de Marseille. Bref, une image du football, certainement due à l'époque où l'auteur a écrit ce roman, mais qui manque cruellement de passion pour contrebalancer le côté malsain du foot-business.
Hormis ce point négatif purement subjectif, Dominique Manotti nous plonge dans une histoire de magouilles politiques de blanchiment d'argent, sur fond de club de football, bien construite, dont le rythme rapide, très rapide, permet d'enfiler les cent quatre-vingt-dix pages en deux temps trois mouvements. Kop est la troisième enquête de Daquin, alors peut-être que lire les premiers volets dans l'ordre, et ainsi mieux connaître cette équipe de flics et leurs rapports, ajoute à l'intérêt de l'intrigue.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Il faut sûrement aller voir du côté des autres aventures de Daquin, ou vers Lorraine Connection de la même Dominique Manotti.
Côté football et drogue, le Narco Football Club de Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal recoupe les mêmes thèmes.
les dix premières lignes...
Jeudi 3 mai 1990
La première rafale atteint l'homme et la femme dans le dos, les corps s'écroulent sur l'esplanade déserte devant le centre commercial. La moto accélère, deuxième rafale en passant à hauteur des cadavres, qui tressautent sous les balles. Une des portes vitrées de la brasserie à l'entrée de la galerie marchande explose. Les serveurs se jettent au sol. Le tireur brandit son pistolet-mitrailleur en hurlant de joie et le conducteur arrache son engin dans une roue arrière périlleuse. Le gérant se rue sur son téléphone. La moto fait demi-tour, franchit le terre-plein central, enfile la grande avenue à quatre voies quasiment déserte, brûle les feux rouges et disparaît (…)
quatrième de couverture...
L’inspecteur Romero avait rendez-vous avec une certaine Nadine Speck, droguée et dealeuse. Ils sont abattus en pleine rue à Levallois par des tueurs à moto. Apparemment, c’est la jeune fille qui était visée. Y a-t-il un lien avec son frère, le régisseur du stade de football de Lisle-sur-Seine ? Après une étonnante ascension, le club est sur le point de devenir champion de France. Les enjeux sont énormes, surtout pour Jean-Pierre Reynaud, son président, qui est aussi maire de la ville et entrepreneur de travaux publics. Qui a commandité le meurtre de Levallois ? Que faisait Romero avec cette femme à l’existence trouble, en dehors de toute mission officielle ? Au cours de son enquête, le commissaire Daquin va pousser des portes qui cachent turpitudes, corruption et cadavres.
bio express...
Dominique ManottiExtraite du site de l'auteur :
Née à Paris en 1942, et j'y suis restée pendant tout ce temps.
1) Historienne de formation et de métier (des années d'enseignement de l'histoire économique comtemporaine en fac). L'Histoire comme méthode de pensée et de travail :
lectures, rencontres, réflexions. Puis choix d'un sujet d'étude, formulation d'hypothèses. Puis recherches, accumulation de faits, d'indices, de traces, critique des hypothèses de départ, imagination de ce qu'ont été la vie et la mort des hommes sur les traces desquels on travaille. Puis construction d’une machine rationnelle ramassant tous les éléments de connaissance accumulés et écriture.
Une méthode parfaitement transposable à l'écriture de romans policiers ou noirs.
2) Militante, dès l’adolescence, d'abord à la fin de la guerre d'Algérie pour l'indépendance de l'Algérie, puis dans les années soixante et soixante-dix, dans différents mouvements et syndicats, dans une tonalité qu'on pourrait dire marxiste et syndicaliste révolutionnaire.
3) Romancière, sur le tard, et pas par vocation, plutôt par désespoir. L'arrivée de Mitterrand au pouvoir sonne, d'une certaine façon, comme le glas des espoirs de transformation radicale de la société. Alors, le roman noir apparaît comme la forme la plus appropriée pour raconter ce que fut l'expérience de ma génération, et ma pratique professionnelle d'historienne m'a semblé l'outil adéquat pour tenter l'expérience de l'écriture romanesque.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Sombre Sentier
1995
Lorraine Connection
2006
Bien Connu des Services de Police
2010

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