Qui a Peur de Baby Love ?

Maurice Gouiran

Jigal Polar - Septembre 2009

Tags :  Roman d'enquête Vengeance Flic Détective amateur Marseille Années 2000 Entre 250 et 400 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 25 octobre 2009

Un pendu retrouvé accroché au-dessus d'une passerelle réservée aux automobiles ; un pendu avec une balle dans la tempe et un bandeau da kamikaze sur le front. Telle est la situation lorsque le lieutenant Emma Govgaline débarque sur cette affaire. Une bien étrange affaire…
Passionis Cimarosa est un chef d'entreprise qui du haut de son immeuble domine la même passerelle. Lui, c'est son propre avis de décès qu'il vient de découvrir dans le journal du matin…
Quant à Clovis Narigou, il tente d'aider la belle Élodie à élucider le mystère du suicide de son frère Paterne qui, tout en étant gaucher, s'est tiré le soir du réveillon une balle dans la tête de la main droite…

On connaît l'habituel penchant de Maurice Gouiran à mêler dans ses intrigues la petite et la grande histoire, mais ce nouvel épisode des aventures de Clovis Narigou vient confirmer qui si les "règles" existent, elles connaissent aussi des exceptions. Le passé aura ici son importance, mais d'une manière plus "personnelle" qu'à l'accoutumée.
Une seconde habitude de Maurice Gouiran consiste à avancer dans la chronologie de ses récits par boucles superposées — Clovis racontant le lendemain ce qu'il a fait la veille — et là, la "règle" est respectée. Il faut dire que dans cette façon qu'a l'auteur de rendre son personnage principal proche du lecteur, d'établir une sorte de contact direct, le procédé est efficace.
Qui a Peur de Baby Love ? s'ouvre sur deux enquêtes parallèles — l'une policière, menée par Emma Govgaline ; l'autre privée, confiée à Clovis — qui ne vont pas tarder, comme on s'en doutait, à se rejoindre. Le schéma des crimes ne varie guère : les victimes sont prévenues par un avis de décès, paraissant dans la presse locale et sur lequel figure, parmi les noms des membres de la famille, celui d'un certain Baby Love ; puis le lendemain, on les retrouve mortes.
Il faudra un peu de temps à Clovis et Emma pour établir le point commun entre celles-ci, d'autant que certaines ont traînés leurs guêtres dans les milieux politiques marseillais et qu'Emma subit quelques pressions pour étouffer l'affaire, mais la véritable piste se situait ailleurs. Plus précisément entre les murs d'une vieille institution censée former les élites locales.
C'est l'occasion pour Maurice Gouiran de se pencher sur le cas de ces écoles parallèles et de leurs mœurs particulières ; de ces institutions qui, au détour des années soixante, s'enfermaient dans le radicalisme face à ce que leurs dirigeants considéraient comme la déliquescence de la société. Avec comme garde chiourme des anciens d'Algérie pour garantir la discipline, on retrouvait leurs étudiants dans des groupuscules d'extrême droite comme le GUD, successeur du mouvement Occident, et un peu plus tard… au pouvoir.
Ainsi donc — on ne se refait pas — il y aura bien un peu d'Histoire dans ce roman, mais plutôt à la marge ; la motivation du criminel, si elle a mûri dans ce terreau, se situant ailleurs. Maurice Gouiran s'attachant aussi à montrer la face cachée de ce qui se joue derrière les grilles dorées des "grandes" écoles de la Rébublique.

Maurice Gouiran n'est pas un auteur qui surprend — pour qui l'a déjà lu, on sait à peu près à quoi s'en tenir — mais si la recette est éprouvée, on doit bien lui reconnaître un certain talent de conteur. La différence se fait sur le niveau de "colère" qui sous-tend le récit — ici, plutôt faible — et la qualité des aventures amoureuses du principal protagoniste, qui oscille ici entre une rousse incendiaire — la belle Élodie — et une lieutenant de police à l'air androgyne de vieille fille mal fagotée qui finira, bien sûr, par attendrir cet amateur de jupons en tous genres qu'est Clovis Narigou.
Rien d'indispensable, mais une belle balade tout de même…


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Si on ne peut mettre en doute la sincérité de Maurice Gouiran, j'avoue préférer chez lui ses instants les plus graves. À ce titre, ne passez pas à côté de son excellent Train Bleu Train Noir.

Le début...

Les dix premières lignes...

Lundi 12 janvier
8 heures, le pendu de la passerelle

Tels de gros insectes vociférant, les véhicules fondaient à grande vitesse sur le centre-ville, mais aucun des conducteurs à demi ensommeillés n'avait remarqué le corps.
Normal.
Normal, car ceux qui empruntaient l'étroite passerelle, à plus de 100 km/h — le limitation était pourtant fixée à 70 km/h — pour se rendre au turbin, veillaient surtout à ne pas percuter les rambardes d'acier. La neige de la semaine précédente avait fondu, mais la chaussée était encore légèrement verglacée, à cause du gel nocturne (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Des notables au passé trouble que l’on retrouve étrangement suicidés aux quatre coins de la ville… Des curés, tendance réac, qui, dans leur Institut, convertissent leurs ouailles à la dure… Des avis de décès pour le moins étonnants… Des ados pour qui la discipline est souveraine… Un homo exilé à Haight-Ashbury qui découvre la vraie vie à San Francisco… Une justice parfois servile, si prompte à classer les affaires…
Et ces bandeaux de kamikaze retrouvés sur les victimes, ces photos de classe jaunies et la rumeur qui se propage sur Facebook…
Et ce mystérieux Baby Love… un fou, un sérial killer… ? Personne ne sait vraiment… jusqu’à ce qu’un tandem de choc, Emma Govgaline, jeune flic androgyne à la punk attitude, et Clovis que l’on ne présente plus, se jettent corps et âme sur cette bien curieuse affaire !


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Maurice Gouiran










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Réédition

Du même auteur...

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