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Jeanne Desaubry

Dunes Froides

Couverture

Première édition : Krakoen - Janvier 2009

Tags : Roman d'enquête Polamour Psychologie Quidam Littéraire France Années 2000 Moins de 250 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 01 mars 2009

Victor Markievicz, professeur d'université, a perdu sa femme, malade, après trente-six ans de mariage. Triste, il l'est. Mais libre, aussi. Libre de vivre enfin la passion qu'il partage avec Martha, une de ses étudiantes.
Sur une plage du Nord, ils se sont tous deux retirés du monde, mais leur présence, dans une villa à cette époque de l'année habituellement abandonnée, ne passe pas inaperçue aux yeux d'un fouineur local.
Celui-là les observe en détail, prend des notes, des photos, comme une obsession. Martha s'est rendu compte de cette présence à ses côtés, mais plutôt que de la craindre, elle cherche à l'apprivoiser, allant même, parfois, jusqu'à jouer avec l'invisible…

Dans le calme de leur retraite, survient alors un événement imprévu : l'intrusion d'un pilleur de villa (nous sommes en hiver), squatter sortant de prison en quête d'un peu d'argent. Surprenant Martha, l'homme finit par tenter de la violer. Seul, l'intervention musclée de Victor empêche le drame de se dérouler jusqu'à son terme. Musclée, au point d'en tuer l'agresseur.
Mais voilà que cette agression fait resurgir un douloureux passé pour Martha : un viol subi à l'âge de treize ans. Choquée, elle se pose énormément de questions, se replie sur elle-même, ce qui n'est pas sans interférer sur sa relation avec Victor. D'autant qu'il semble que ce dernier commence à se lasser de sa conquête.
Lui, qui ne souhaite pas voir la police entrer dans son cocon, décide de se débarrasser du corps. C'est sans compter sur la marée et un pêcheur qui entraînent bientôt les forces de l'ordre dans leur sillage…

Lorsque la gendarmerie commence son enquête, intriguée par la présence de ce couple mystérieux, Martha finit par évoquer "l'ombre" qui l'épie. Il s'agit en fait d'un journaliste localier, déjà condamné pour des faits similaires. Victor, qui voit les mailles du filet se resserrer, décide alors de faire porter le chapeau à cet intrus…

C'est à une sorte de huis clos à ciel ouvert que nous convie Jeanne Desaubry dans ce nouveau roman. Sur les plages désertées du Nord de la France, sous les rafales d'un vent glacé, se joue une drôle d'aventure des sentiments.
Avec Victor, Martha et Duchamp (le journaliste voyeur), elle explore le spectre des possibles. Amour, passion, jalousie, attirance, répugnance, trahison, suspicion, domination, fantasme, et j'en passe… Autour de Martha, les deux mâles iront au bout de leurs désirs.
Le style est soigné, et la narration parfois troublante (au moins au début du récit) qui voit chacun des personnages endosser le rôle du narrateur, alternant le "je", direct, et le "il", impersonnel, observateur.
La construction de l'intrigue se fait un peu à force par moments afin de justifier le final, et les emboîtements des pièces du puzzle ne coïncident pas toujours parfaitement et c'est plus l'étude "psychologique" des personnages qui retient l'attention. Les hommes en prennent pour leur grade, et les femmes se révèlent souvent plus fortes que leurs congénères…
À méditer.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Jeanne Desaubry renouvelle à chaque publication son approche du polar, même si les personnages féminins sont toujours au cœur de ses récits. Hosto et Le Passé Attendra sont ses deux premiers romans.
On peut croire, sans trop se tromper, que le personnage de Duchamp — parfois appelé "l'Ombre" — est un clin d'œil au roman de Marc Behm, Mortelle Randonnée.

les dix premières lignes...

Le vieil homme grelotte ; des frissons agitent sa peau frippée. Il avance avec peine dans le sable mou. Là-bas, à la lisière des flots, la mer entraîne sa veste rouge, ses vêtements épars.
De l'ouverture béante du blockhaus sourd un air glacial, humide, une puanteur d'urine repoussante. L'homme tombe à genoux. Les tremblements qui secouent sa chair nue ne sont pas dus au froid. Tout en lui hurle qu'il ne doit pas pénétrer dans l'obscurité béante.
— Avance ! (…)

quatrième de couverture...

Le sale temps de l'hiver a redonné aux immenses plages du Nord leur aspect de désert marin, glacial et mouillé. Le vent souffle, le sable cingle. Les villas sont closes. Toutes sauf une, cachée au milieu des dunes, occupée par un couple insolite. Victor Markievicz, la soixantaine passée, et Martha, trop jeune, trop fragile. Lune de miel atypique ou cavale ? Leur présence intrigue et excite le voyeurisme d'un personnage énigmatique. Après la découverte d'un cadavre rejeté sur le rivage, les relations perverses entretenues par le trio iront crescendo vers un dénouement aussi inattendu que dramatique.

bio express...

Jeanne Desaubry Jeanne Desaubry(cf. la biographie présente sur le site de l'auteur)
— Alors, tu ne veux rien raconter de toi ?
— Je ne sais pas. Ça m'embête. Et puis quel moi ? Moi ou Jeanne ?
— Ah, parce que Jeanne ???
— Ben oui, elle n'existe pas en vrai. Enfin, si ! Mais pas tout le temps. Des fois elle existe, et des fois pas.
— Comment ça s'appelle : un pseudo d'écriture ?
— On peut aussi dire : schizophrénie... Tout dépend de qui te parle. De celui à qui tu parles aussi. Jeanne, elle aime pas les gens. Pourtant elle en est curieuse. Mais elle préfère être seule.
— Alors, si tu ne veux pas parler de toi, fais-nous le portrait de Jeanne.
— Un portrait chinois ?
— Allons-y. C'est quoi sa couleur préférée ?
— C'est la question la plus bête que je connaisse. Tout le monde s'en fout, non ?
— OK. Alors... Son auteur préféré ?
— Dur, dur ça... Elle en a souvent changé. Il y a eu Sartre, Ellroy, Rimbaud, Freud...
— En ce moment ?
— Elle adore Vargas. À cause de sa fidélité à Battisti et de sa pugnacité. Aussi parce qu'elle est un peu amoureuse d'Adamsberg. Jeanne, elle aime bien les gens moches. Ça l'attendrit.
— Musique ?
— Euh... Pergolèse, Françoise Hardy, Schubert... et Bach for ever.
— Pourquoi elle écrit cette Jeanne ?
— C'est aussi une question stupide. Comme tout le monde. Parce que sinon sa vie n'aurait pas de sens. Pour s'occuper. Pour fuir la réalité. Parce qu'elle ne peut pas faire autrement. Pour faire des économies ? (elle fait ses livres elle-même). Pour emmerder son mari qui est obligé de lire ce qu'elle écrit. Choisis.
— Bon, je laisse tomber. Je crois que je ferais mieux d'aller me faire une idée par moi-même.
— C'est ça. Depuis le début je te le dis. Sois curieux, lecteur ! Le reste, qui elle est, ce qu'elle fait, ce qu'elle aime. Tout ça, tout le monde s'en fout, en vrai. Va LIRE ! Tu reviendras ensuite me dire ce que tu en penses.

édition(s)...

Krakoen - Janvier 2009 Krakoen
Janvier 2009

du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Hosto (Haines Hospitalières)Hosto (Haines Hospitalières)
2003
Le Passé AttendraLe Passé Attendra
2007

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