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Jeanne Desaubry

Le Passé Attendra

Couverture

Première édition : Krakoen - Juin 2007

Tags : Crime organisé Flic France Années 2000 Entre 250 et 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 16 septembre 2007

Genova Vuibert est flic à la Criminelle. Pas un métier facile, qu'elle assume seule, tout comme elle assume l'éducation de sa fille Judith dont le père, militaire, est parti se faire tuer clandestinement au Tchad à peine était-elle née.
Après un accident en mission au cours de laquelle elle fut blessée et tua un dealer, Genova termine sa convalescence du côté de Toulon chez une amie d'enfance, Bérengère, qui tient avec son mari le Mas des Oliviers, un superbe hôtel au milieu de cigales. Elle doit s'y reposer et préparer son témoignage pour le procès d'un homme qui a étranglé sa femme avant de la jeter à l'eau, pas encore tout à fait morte, et qui se déroule bientôt à Draguignan...

Jeanne Desaubry nous propose avec Le Passé Attendra de suivre une femme à la forte personnalité, Genova Vuibert. Genova est une battante, voire une rebelle, qui mène sa vie comme bon lui semble. Elle a choisi un métier d'homme, avec quelques illusions, au début, puis l'a conservé par amour de l'action, pour les décharges d'adrénaline qu'il lui procure encore. Elle vit dans le souvenir d'un amour perdu, un homme d'action lui aussi, parti se faire tuer alors qu'il venait de lui donner une fille. Judith a grandi, et les relations avec sa mère sont parfois conflictuelles.
Jeanne Desaubry raconte, décrit la vie de ses personnages, et l'on a l'impression que la trame de l'histoire se tisse en fond. L'éclairage est concentré sur le présent, mais c'est le passé et ses prolongements qu'il éclaire, subtilement, dans cette première partie.

Reste que Genova ne peut demeurer inactive trop longtemps et que les séances de shopping proposées par son amie Bérengère ne suffisent pas à remplir ses journées. Flic elle est, flic elle reste, même si son récent accident au cours duquel elle a tué un home, en état de légitime défense, lui laisse quelques angoissantes séquelles.
Or, il s'avère que le mari de Bérengère, le bel italien Gianlucca, a quelques fréquentations inavouables et que Genova commence à avoir des doutes sur la fraîcheur de son innocence. Elle est d'ailleurs prévenue par ses collègues locaux qui surveillent le bonhomme : il serait lié à la mafia. Déontologiquement, elle doit partir, quitter le mas et ses amis. Après une franche explication, elle décide pourtant de rester, deux jours, en attendant le procès durant lequel elle doit témoigner. Et puis elle a retrouvé à l'hôtel une vieille connaissance : Plume, strip-teaseuse, sorte de liane indomptable à l'indépendance solidement chevillée au corps et qui ne laisse pas indifférente Genova.

Oublié le passé. Il "attendra"... Cette fois c'est le présent qui compte. Et quel présent !.. Nous voilà désormais dans l'action, tout s'accélère. Un peu trop parfois. On a du mal à recoller les morceaux de cette intrigue aux multiples tentacules et à suivre les innombrables péripéties qui viennent perturber la marche en avant, à pas forcés, de Genova. Jeanne Desaubry privilégie le rythme, l'action, tout ce qui convient à son personnage, mais elle en perd son lecteur en route dans une intrigue alambiquée. On aura bien droit au final à l'explication, mais elle arrivera trop tard, sans qu'on ait plus envie d'y croire.

Un roman féminin, assurément, dédié "aux femmes dont la vie est un combat", qui présente quelques personnages féminins, justement, de manière précise et qu'on pourrait penser représentatifs : Genova, sa fille Judith, son amie Bérengère, Plume... Dommage que l'intrigue viennent brouiller les pistes et ne porte pas mieux ces fortes personnalités.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Marc Perrin, le "sauveur" de Genova Vuibert dans ce roman, est un des personnages de Hosto, le premier roman de Jeanne Desaubry, à mon sens plus abouti.

les dix premières lignes...

L'obscurité était tombée depuis un moment. Je commençais à avoir mal aux yeux à force de fixer la même zone de trottoir miteux où je m'attendais à voir apparaître mon suspect. À mon côté, Marc Perrin, tête à la renverse sur le dossier du siège, les yeux dans le vague, s'offrait une pause.
— Eh, Gen, tu sais ce qu'on m'a dit à la brigade ?
— Nan ?
— Paraît que Mariotti va avoir sa mute.
Silence.
— Tu t'en tapes ?
— Ouais. C'est un con. Il sera con ailleurs, c'est tout (...)

quatrième de couverture...

Genova Vuibert, lieutenante de la Crim', vient témoigner dans un procès d'assises à Draguignan. En attendant, elle réside au Mas des oliviers, une auberge de charme dans l'arrière-pays de Bandol, appartenant à de vieux amis. Enfin le farniente bien mérité. Hélas ! Dans ce paradis terrestre, le serpent ne tardera pas à siffler la descente aux enfers. Gen n'avait pas prévu, ni de se laisser séduire par une strip-teaseuse, ni de risquer sa vie dans l'espoir de sauver celle de sa fille, encore moins d'affronter la mafia, arme à la main, ni enfin d'endurer la trahison d'une amitié. Dans une Provence en proie aux incendies, elle est devenue la cible des parrains du crime. Marc Perrin, son collègue dépêché spécialement de Paris, tentera d'éteindre les flammèches que sème l'impétueuse Gen Vuibert.

bio express...

Jeanne Desaubry Jeanne Desaubry(cf. la biographie présente sur le site de l'auteur)
— Alors, tu ne veux rien raconter de toi ?
— Je ne sais pas. Ça m'embête. Et puis quel moi ? Moi ou Jeanne ?
— Ah, parce que Jeanne ???
— Ben oui, elle n'existe pas en vrai. Enfin, si ! Mais pas tout le temps. Des fois elle existe, et des fois pas.
— Comment ça s'appelle : un pseudo d'écriture ?
— On peut aussi dire : schizophrénie... Tout dépend de qui te parle. De celui à qui tu parles aussi. Jeanne, elle aime pas les gens. Pourtant elle en est curieuse. Mais elle préfère être seule.
— Alors, si tu ne veux pas parler de toi, fais-nous le portrait de Jeanne.
— Un portrait chinois ?
— Allons-y. C'est quoi sa couleur préférée ?
— C'est la question la plus bête que je connaisse. Tout le monde s'en fout, non ?
— OK. Alors... Son auteur préféré ?
— Dur, dur ça... Elle en a souvent changé. Il y a eu Sartre, Ellroy, Rimbaud, Freud...
— En ce moment ?
— Elle adore Vargas. À cause de sa fidélité à Battisti et de sa pugnacité. Aussi parce qu'elle est un peu amoureuse d'Adamsberg. Jeanne, elle aime bien les gens moches. Ça l'attendrit.
— Musique ?
— Euh... Pergolèse, Françoise Hardy, Schubert... et Bach for ever.
— Pourquoi elle écrit cette Jeanne ?
— C'est aussi une question stupide. Comme tout le monde. Parce que sinon sa vie n'aurait pas de sens. Pour s'occuper. Pour fuir la réalité. Parce qu'elle ne peut pas faire autrement. Pour faire des économies ? (elle fait ses livres elle-même). Pour emmerder son mari qui est obligé de lire ce qu'elle écrit. Choisis.
— Bon, je laisse tomber. Je crois que je ferais mieux d'aller me faire une idée par moi-même.
— C'est ça. Depuis le début je te le dis. Sois curieux, lecteur ! Le reste, qui elle est, ce qu'elle fait, ce qu'elle aime. Tout ça, tout le monde s'en fout, en vrai. Va LIRE ! Tu reviendras ensuite me dire ce que tu en penses.

édition(s)...

Krakoen - Juin 2007 Krakoen
Juin 2007

du même auteur...

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Hosto (Haines Hospitalières)Hosto (Haines Hospitalières)
2003
Dunes FroidesDunes Froides
2009

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