Seul le Silence

Roger Jon Ellory

Sonatine - Août 2008 - Traduction (anglais) : Fabrice Pointeau

Tags :  Etats Unis Plus de 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 14 février 2009

Recommandé La quatrième de couverture ci-dessus tend à présenter ce roman comme un parmi tant d’autres au milieu de la pléthorique production consacrée aux serial killer. Pourtant il s’agit de bien autre chose. Bien sûr, obéissant aux lois du genre, il nous amène à nous interroger sur l’identité du tueur et ce jusqu’aux dernières pages. Mais l’essentiel n’est pas là.

Le début nous montre un Joseph Vaughan meurtri et cet homme va nous raconter par le détail et dès l’enfance comment il en est arrivé là. Comment une catastrophe tend à conditionner de façon irrémédiable la vie d’un individu, dans sa destinée mais aussi dans sa psychologie, sa noirceur, sa culpabilité. Le roman nous conte aussi une communauté qui perd ses petites filles de façon horrible, qui se soupçonne, se replie sur elle-même, sur ce qu’elle croit être son identité.
La qualité d’écriture est telle que nous sommes en totale empathie avec Joseph Vaughan ; nous ressentons ses peurs et ses souffrances d’enfant, nous subissons ses injustices, ses indignations.
L’auteur fait preuve d’une grande acuité, de finesse pour nous dépeindre sans complaisance la psychologie des personnages, la complexité de leurs relations au fil de ces années marquées par la terreur et le mystère. La fluidité et la précision du style permettent de s’attacher aux petites choses de la vie des habitants de la petite ville d’Augusta Falls (Georgie)comme à la grande Histoire marquant les époques traversées (des années trente à nos jours).
Le roman suit l’histoire de façon chronologique, mais, ouvrant le récit et le ponctuant, on retrouve Joseph Vaughan face au meurtrier qu’il vient de tuer, se pensant à l’agonie, à bout de force, physique et psychologique. Ces moments sont poignants. Il fait le bilan et ne s’épargne pas.
Un grand roman.

Seul bémol pour l’édition française, ces panneaux racoleurs signés Michael Connelly ornant la première et la quatrième de couverture.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Il y a quelques similitudes avec les marécages de Joe R.Lansdale : le Sud des USA, l’enfance, l’époque, un serial killer.
The Red Riding Quartet de David Peace, peut être, pour l’impact du “Mal” sur les individus.

Le début...

Les dix premières lignes...

Coups de feu, comme des os se cassant.
New York : sa clameur infinie, ses rythmes métalliques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant ; ses métros et cireurs de chaussures, carrefours embouteillés et taxis jaunes ; ses querelles d’amoureux ; son histoire, sa passion, ses promesses et ses prières.
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, comme s’il n’avait pas plus d’importance qu’un simple battement de cœur solitaire.
Personne ne l’entendit parmi une telle abondance de vie.
Peut-être à cause de tous les autres bruits.
Peut-être parce que personne ne l’écoutait (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis l’enfance.
Trente ans plus tôt : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village du sud des États-Unis le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Mais à nouveau les meurtres d’enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre. Pour échapper à ses démons, Joseph n’aura d’autres solutions que de reprendre l’enquête, afin de démasquer le vrai coupable.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Roger Jon Ellory










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Réédition

Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

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