Charles Willeford
Une Fille Facile
Première édition : Rivages / Noir - Mars 1990
un avis personnel...
Publié le 19 mars 2008
À l'avant dernière ligne d'Une Fille Facile, tout un monde bascule. Six mots, pas plus, et le lecteur est soufflé, estomaqué par l'audace et le talent de l'auteur de ce livre écrit en 1967, ce roman noir, pas vraiment un polar, qui classe Charles Willeford dans la lignée des plus grands auteurs, de John Fante à Jim Thompson, de Romain Gary à William Styron.
L'humour grinçant de l'auteur qui n'apparaît pas au fil de cette histoire désespérée surgit ainsi à l'avant dernière ligne. Charles Willeford a joué avec nous et nous a bien eus. On ne rit pas, non, mais on salue l'habileté de l'artiste qui, évitant une démonstration pesante, nous amène à réfléchir sur notre attitude face à certains gros problèmes de société. Et dès lors, ce sont des passages entiers du livre qui reviennent à notre esprit et que l'on comprend mieux.
En dire plus serait priver le lecteur d'une belle surprise.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Le cycle des aventures du Sergent Hoke Mosley, de Miami Blues à Ainsi Va la Mort, par le même auteur ou encore La Religion des Ratés, de Nick Tosches.
les dix premières lignes...
Il devait être aux environs de onze heures moins le quart. Un marin est entré et a commandé un hot dog sauce piment et un café. J'ai coupé un petit pain en deux, attrapé une Francfort dans l'eau bouillante et je l'ai nichée entre les tranches avant de la napper d'une demi louche de sauce piment que j'ai copieusement garnie d'un hachis d'oignons. J'ai gribouillé une addition que j'ai posée à côté de l'assiette. Je n'aurais pas recommandé ce magma infâme à un animal crevant de faim. Le marin était mon seul client et après avoir avalé son dog, il est parti.
C'est exactement à ce moment-là qu'elle est entrée (…)
quatrième de couverture...
San Francisco, ville sans soleil où les jours s'écoulent dans la grisaille des brumes qui remontent de la baie. Quand Henry rencontre Helen, elle semble une proie facile. Lui-même est au bout du rouleau et n'attend plus rien de la vie, du monde ou des femmes.
Mais les petites tâches d'or dans les yeux d'Helen, son rouge à lèvres presque noir sur l'ovale de son visage très blanc ramènent Harry à la vie. Provisoirement, car la mort est toujours au rendez vous dans ce genre d'histoire.
bio express...
Charles WillefordNé en 1919 dans l'Arkansas, Charles Willeford a grandi à Los Angeles après avoir très vite perdu ses parents, tous deux atteints de tuberculose. Élevé par sa grand-mère à l'aube de la grande dépression de 1929, il va, âgé de douze ans, prendre la route (et le rail) et bourlinguer à travers le pays en solitaire.
À seize ans, il s'engage une première fois dans l'armée et dès lors, pendant de nombreuses années, va faire de multiples aller et retours entre l'uniforme et l'habit civil. Il prend le temps d'étudier l'art, en France, en Amérique du Sud, et commence à écrire au début des années 50 sans pour autant rencontrer le succès.
Dépressif, fumeur autant que buveur, les aléas de l'édition lui font abandonner le roman une première fois au début des années 60. Il s'installe en Floride et enseigne l'écriture à l'université de Miami. Après plusieurs retours et longs silences, il trouve enfin la voie de la reconnaissance et du succès à partir du milieu des années 80. Il n'aura jamais le temps d'en profiter : emporté pas ses excès, il meurt d'une crise cardiaque en 1988.
édition(s)...
du même auteur...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.
Miami Blues
1989
Une Seconde Chance pour les Morts
1990
Dérapages
1990
Hérésie
1990
Ainsi Va la Mort
1991

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