Sylvain Pettinotti
Manzini ou L'Art des Choix
Première édition : Editions Alain Bargain - Octobre 2007
un avis personnel...
Publié le 04 février 2008
Franck Rinaldi vient de passer vingt ans en prison pour le cambriolage d'une bijouterie qui a mal tourné. Il sort d'une longue parenthèse durant laquelle il a ruminé longuement une vengeance qu'il ne tarde pas à mettre à exécution. Les frères Reynald — ses anciens complices qui l'ont lâchement abandonné — sont dans son collimateur. Il retrouve rapidement le premier, patron d'une brasserie parisienne, et lui règle son compte…
Marie Deschamps, quant à elle, travaille dans une société de gardiennage-sécurité et, en visionnant les bandes de surveillance de la brasserie sur lesquelles on voit Rinaldi assassiner le patron, elle croit reconnaître sur les images sa fille disparue dix ans plus tôt et dont elle n'a jamais retrouvé la trace. Elle décide d'engager un détective privé — Olivier Manzini — et reprend espoir de revoir enfin sa fille…
Entretemps, Rinaldi poursuit sa quête qui se transforme en cavale, désormais accompagné d'une jeune femme qui ne veut plus le lâcher et qui poursuit, semble-t-il, le même but que lui…
Sylvain Pettinotti met en place une intrigue à deux "vitesses". Deux aventures qui s'alternent dans la première partie du roman et qui finiront par se rejoindre pour rebondir au pays des réseaux pédophiles mafieux et d'une improbable secte d'illuminés. N'empêche que des deux côtés, il s'agit d'une course-poursuite. Rinaldi court après sa vengeance accompagnée d'une fille poursuivie par des tueurs, tandis que Manzini tente de retrouver la même jeune femme en pistant Rinaldi. La boucle est bouclée, et le rythme du récit s'en ressent forcément. On va vite…
Manzini, personnage central, est un privé à "l'ancienne", dans la plus pure tradition hard-boiled. Vie solitaire, caractère bougon, gros fumeur — voire buveur —, les factures qui s'accumulent, un minuscule appartement-bureau, amateur de femmes… L'accumulation de clichés est un peu pesante et la progression de l'intrigue s'arrange quelquefois de raccourcis un peu hâtifs ou d'approximations malencontreuses.
Il y a là comme une nostalgie des polars adaptés par le cinéma français des années soixante / soixante-dix, avec des personnages masculins de gros durs sévèrement burnés. L'intrigue est des plus classiques, sans surprise, voire même avec des rebondissements un peu trop téléphonés qu'on devine plusieurs pages à l'avance, mais néanmoins, si on fait abstraction de ce manque flagrant d'originalité, restent l'ambiance, le rythme, et on peut se laisser aller, voire même emporter. Le style est alerte et on ne cherche parfois dans la lecture qu'un peu de divertissement.
La recette, comme les ressorts, ont beau être usés, la mécanique fonctionne encore. Après tout, on peut aussi faire la cuisine dans de vieux pots… On sait où on va, mais ça a l'avantage d'être efficace.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Sans doute les classiques du genre hard-boiled…
les dix premières lignes...
Juillet 1996
Marie Deschamps était une femme heureuse. Petite blonde dynamique, plutôt mignonne et bien fichue, elle flirtait avec la trentaine comme d'autres avec leur collègue de bureau : sans intention de passer à l'acte. Sa chevelure, juste assez sage pour être honnête, encadrait un visage aux traits fins et réguliers. Ses yeux, très bleus et toujours maquillés avec soin, paraissaient se marrer tout seuls.
Son mari, Patrick Deschamps, était un époux attentionné, doublé d'un père de famille responsable. De surcroît, il gagnait très bien sa vie, ce qui ne gâchait rien (…)
quatrième de couverture...
Un ancien taulard décidé à faire la peau aux deux affreux qui l'ont fait plonger pour vingt ans : le scénario est classique, pour le détective privé Olivier Manzini. Ce qui l'est moins, c'est quand une cliente prétend avoir vu un fantôme sur la vidéo du braquage sanglant d'une brasserie parisienne… et lui demande de le retrouver.
De Paris jusque dans le sud de la France, le privé et le taulard vont croiser le chemin d'une brochette de fous furieux qui ne reculent devant rien… ou presque.
Prostitution, réseaux pédophiles, secte de tordus… pour Manzini le Parisien, amateur de bières fraîches et de pizzas, c'est le plongeon tout habillé dans un drôle de panier de crabes.
bio express...
Sylvain PettinottiPiochée sur le site des éditions Reflet Noir :
Sylvain Pettinotti est né il y a déjà quelques décennies — pas beaucoup — dans la région parisienne.
Après un Bac littéraire et un diplôme universitaire en Carrières Sociales, il devient instituteur en 1986. Amoureux des grands espaces et fana des sports de montagne, il décide qu’il serait bien mieux dans les alpages que dans le métro. Il émigre alors sur le Plateau du Vercors, près de Grenoble, au début des années 90. Chacun ses goûts, prétendront certains. Et ils auront bien raison !
Il travaille pendant quelques années dans l’enseignement spécialisé, anime des émissions de Jazz sur une radio locale, pratique les arts martiaux et se met à l’écriture d’un premier polar. Il a en fait commencé à écrire au… cours préparatoire, comme beaucoup de gens, sur des cahiers à grosses lignes. Il continue aujourd'hui mais cette fois avec son ordinateur, une bien étrange machine qui lui cause des frayeurs régulières en cessant parfois de fonctionner sans prévenir. Le matin, très tôt — à partir de quatre heures — il éprouve un plaisir sadique à trucider, dépecer, kidnapper, occire de façons diverses et variées toutes sortes de gens… comme quoi, on s'amuse comme on peut !
Depuis 2004, il vit et enseigne dans le village de Lans en Vercors dans le département de l’Isère.
édition(s)...
du même auteur...
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