Londres Express

Peter Loughran

Gallimard / Série Noire - 1967 - Traduction (anglais) : Marcel Duhamel

Tags :  Roman noir Quidam Grande-Bretagne Années 1960 Moins de 250 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 1er février 2007

Préparez-vous pour un voyage singulier. Un voyage qui va ramener à Londres ce marin dont vous ne connaîtrez pas le nom. Son bateau est parti sans lui à cause d’un incident dont il va vous parler. Il va vous parler de beaucoup d’autres choses, vous donner sa vision du monde. Une vision très personnelle.
Le voyage est singulier, le livre a un ton qui lui est propre. Un monologue rempli de contradictions, de considérations sur tout et sur rien, un va-et-vient entre le présent, le voyage, les passagers qui partagent son compartiment, et le passé, les faits marquants de la vie de ce marin en escale. Ça s’entrechoque, ça se bouscule...
Celles qui partagent son compartiment lui rappellent des épisodes de sa vie et tout se mélange, il s’échauffe, perd pied, s’isole.

Marcel Duhamel avoue dans une courte présentation que ce livre leur a posé des problèmes. Difficile à cataloguer, ils ont finalement décidé de le publier dans la collection de la "série noire" en sachant que ce choix était discutable. Je vous rassure, on est bien là en plein roman noir, un roman qui s’assombrit au fur et à mesure que l’on tourne les pages, un roman qui s’enfonce au rythme du monologue de son personnage central. Un roman particulier, singulier.


Le Commentaire de Cyril Herry

Dans un compartiment de wagon à destination de Londres : un homme, deux nonnes et une fillette. Au fil du roman, cette combinaison va se modifier et déterminer l’orientation du long monologue que constitue Londres Express.
Un monologue mené par « je » ; ce type dont le visage visible en couverture de la réédition chez Folio Policier nous donnera une idée de la tronche et de l’accoutrement. Sosie de Tony Curtis ou gueule de crapule, on l’ignorera jusqu’au bout.
« Je » baise des putes japonaises répugnantes et je conserve au plus profond de moi la douceur du visage de Sainte Agnès, la grâce à l’état pure, je me salis, j’ôte les points noirs de mon visage et je recommence, encore et encore, ne me dites pas si j’ai raison ou tort, je suis assez grand. Pour vous juger tous, bande de lâches, pour vous pardonner, pour désirer vous ressembler, pour crever d’envie de piétiner vos visages de faux jetons sur les trottoirs de Londres.

Quand « je » racontera ça aux copains une fois revenu à bord, ils n’en reviendront pas de ce que j’ai vécu, puis tant qu’à faire, je touillerai deux histoires pour n’en faire qu’une, ou bien je broderai, tiens. J’en rajouterai un peu, histoire de leur montrer comment c’est la vie à cette bande de traîtres.
« Je » prend le large. Sans cesse. Il fait le tour du monde et Dieu sait qu’il en voit de toutes les couleurs, des culs, des quais, des cons. Mais aujourd’hui, dans le vacarme du train, Londres approche. Il y a cette fillette, là, depuis le départ. Il y a ces nonnes et leur fichue morale qui harponnent la petite. Il y a ce monde autour de « je » qui n’en fait qu’à sa tête. Il y a des corps, des cœurs et des âmes qui chavirent partout. Cette souillure de toute part, bande de minables. Il y a des vices à tous les détours de rue ; des tentations, des excès, des douleurs, que Diable, puis la nature humaine, espèce de vauriens.
Et des saligauds qui voudraient me juger encore ?

Laissez-moi en paix. Laissez-moi croire ou injurier ou bien prendre le large.
Mettez-moi à l’ombre.
Londres approche. Il y a cette fillette.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

L’aspect monologue, cogitations du personnage principal, ressassement, peut rappeler Céline et les pensées de Bardamu.

Le début...

Les dix premières lignes...

J’étais très en avance quand je suis arrivé à la gare. La grosse horloge, sous la verrière, marquait onze heures vingt, et le train ne partait qu’à midi moins dix, alors j’ai décidé d’aller faire un petit tour dehors, histoire de passer le temps. Déjà, quand tout va bien, ça me met les nerfs en pelote d’avoir à poireauter mais, dans l’état où j’étais, il y avait de quoi devenir enragé. Je suis donc aller me baguenauder pour tuer le temps.
Mais, d’abord, j’ai pris mon billet et je me suis renseigné du quai du train de Londres, après quoi je suis sorti voir un peu à quoi ressemblait le patelin (...)


La fin...

Quatrième de couverture...

Évidemment, vous direz que je suis un monstre. Que je n’aurais jamais dû me saouler dans les bas quartiers ni courir les filles. Ni flanquer des briques dans les fenêtres. Ni me conduire de façon aussi abominable dans le train qui m’emmenait au port de Londres. Eh bien, c’est vous tous, avec vos vices et votre méchanceté qui m’y avez obligé. Je ne suis pas plus monstre que vous, bande d’hypocrites !


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Peter Loughran










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