La Commedia des Ratés

Tonino Benacquista

Gallimard / Série Noire - Avril 1991

Tags :  Roman noir Polar rural Arnaque Quidam Littéraire Humoristique Moins de 250 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 1er mai 2006

Recommandé Ce roman est un pur plaisir, une tranche de rigolade et un condensé de tendresse.
Le narrateur, Antonio, croise un jour en bas du HLM de banlieue de ses parents, un camarade d'enfance, Dario, immigré italien tout comme lui, qui lui demande un étrange service. Le lendemain, Dario est retrouvé mort, d'une balle dans la tête.
Et pour comble de malchance, il a légué à Antonio une vigne qu'il venait de racheter dans le sud de l'Italie, dans le bled dont sont originaires leurs parents à tous les deux.
Antonio se retrouve enchaîné à cette terre dont il ne voulait plus entendre parler, dont il cherchait à toute force à se détacher. Lorsque par dessus le marché on essaie de le tuer peu de temps après qu'il soit entré en possession de la vigne, il décide de prendre le taureau par les cornes une bonne fois pour toutes, d'aller en Italie voir cette vigne et de trouver quoi en faire.
Il arrive dans son pays d'origine comme un étranger, un touriste, que l'on reconnaît simplement en l'entendant parler. Il s'installe au village, et petit à petit rencontre d'étranges personnages, hauts en couleur, jusqu'à finalement découvrir le secret de la vigne léguée par Dario.
S'ensuit une guirlande délicieuse d'arnaques, de retours de bâtons, de menaces et de malentendus, qui finissent par éreinter notre héros au-delà de l'imaginable. Il s'en reviendra à Paris rompu, blasé, mais curieusement réconcilié avec la terre de ses ancêtres.

Les deux cent cinquante pages de ce roman sont l'occasion de voyager et de rire, au gré de l'écriture simple et imagée de Benacquista, où se mêlent quantités d'expressions italiennes, comme on imagine l'embrouillamini qui peut habiter le cerveau d'un exilé cherchant à se défaire de la langue de son enfance. De l'humour sans jamais de méchanceté, une autodérision et un ton désabusé omniprésents, et une tendresse incroyable.
Un pur régal.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Tout Benacquista.

Le début...

Les dix premières lignes...

— Tu viens dimanche à manger ?
— Peux pas. J'ai du boulot.
— Même le dimanche ?.. Porca miseria !
J'aime pas quand il s'énerve, le patriarche. Mais j'aime encore moins venir le dimanche. C'est le jour où la banlieue fait semblant de revivre, à la sortie de l'église et au PMU. Les deux étapes que j'essaie d'éviter, quitte à faire un détour, pour ne pas avoir à tendre une main gênée à des gens qui m'ont connu tout petit, et qui se demandent comment je m'en sors dans la vie, désormais. Les ritals sont curieux du devenir des autres (...).


La fin...

Quatrième de couverture...

Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entre la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant la toute-puissance de l'absurdité face au bon sens.
La Commedia des Ratés a remporté en 1991 le Grand Prix de littérature policière, le trophée 813 du meilleur roman et le prix Mystère de la critique.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Tonino Benacquista










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