Publié le : 16 décembre 2025
Victor Caranne exerce comme psychothérapeute en milieu carcéral au côté des longues peines emprisonnées à la centrale de l’île de Ré.
C’est un homme très recherché par les détenus dès lors que se profilent les auditions pour les réductions de peine. C’est d’ailleurs là leur seul intérêt pour ces entretiens soumis au secret médical. Mais Victor y voit une plus grande utilité que celle, plus lucrative, qu’il entretenait auparavant auprès de patients beaucoup plus fortunés.
Noël approche, que Julia, sa compagne journaliste, doit passer loin de lui.
À la prison, un des patients de Victor s’est fait agresser, méchamment mordu par un autre détenu.
Victor est contacté par la police locale. Son meilleur ami, Jonas Somb, est au chevet de sa femme Julia, retrouvée assassinée sur la grève, et il ne veut pas bouger, perturbant ainsi le début de l’enquête. Victor parvient à raisonner Jonas qui laisse enfin les autorités s’occuper du corps de Julia, une femme qu’il connaît très bien puisqu’il entretient avec elle une liaison depuis plus d’une année… Et c’est justement ce moment que choisit Jonas pour insinuer à son ami qu’il savait tout de sa relation avec sa femme.
Tous deux sont interrogés par la police. Après avoir hésité, Victor décide de ne rien révéler de sa relation avec la femme de son meilleur ami.
Après avoir découvert Max Monnehay avec son roman Chiens Fous (2025), je m’étais promis d’explorer plus avant ses autres productions. J’ai donc entamé la lecture du premier volet d’une trilogie mettant en scène le personnage de Victor Caranne et je n’ai pas été déçu.
Max Monnehay prend un malin plaisir à jouer avec les nerfs de ses lecteurs, multipliant les fausses pistes, les rebondissements, les nouvelles voies ou les impasses. C’est à un véritable ascenseur émotionnel auquel on est soumis, tout comme le personnage de Victor Caranne qui, malgré ses facultés en matière de psychologie, arrive à tomber dans toutes les chausse-trappes qui lui sont proposées.
Le rythme est donc soutenu, mais les caractéristiques des personnages sont aussi adroitement fouillées et présentées, se mêlant parfaitement au récit qui suit son cours mouvementé. On s’attache à eux, les observant se démener dans l’écheveau de l’intrigue ou se perdre dans la valse-hésitation de leur psychologie.
L’humour de l’auteur est sous-jacent, jamais forcé, donnant une forme de légèreté au texte malgré la noirceur du propos et des situations.
Plus sérieusement, il est aussi beaucoup question de culpabilité dans ce roman, de rejet social, de dépendance affective et des moyens de les surmonter. Et si la forme emprunte au thriller, Max Monnehay sait ne pas jouer la surenchère en la matière, préférant doser avec finesse entre intelligence et frisson.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Compte tenu du succès rencontré avec cette première aventure, le personnage de Victor Caranne devient récurrent avec deux nouveaux romans publiés en 2022, Je Suis le Feu, puis en 2024, À la Gorge.
Les dix premières lignes...
Mercredi 21 décembre
L’homme assis face à moi avait l’œil vide, la peau grise et les lobes d’oreilles en escalopes de veau. Les manches de son sweat-shirt gris avaient été découpées très haut, dans le but probable d’exhiber une paire de biceps que deux décennies de pratique quotidienne de la musculation avaient durci façon poutrelles de soutènement. Il faisait à peine quinze degrés dans la cellule, mais il portait un pantalon en fine toile de coton blanc taché ici et là et son front était luisant de sueur. Sur son crâne totalement glabre se reflétaient les néons blancs.
« C’est quand vous voulez, Doc. »
Le « Doc » fut suivi d’un reniflement si puissant que je pus visualiser la trajectoire du mollard à travers la trachée et jusque dans l’estomac. J’attendis la fin du voyage en le fixant droit dans les yeux.
« C’est vous qui avez demandé à me voir, François. »
Quatrième de couverture...
Victor Caranne est psychologue en milieu carcéral. Chaque jour il emprunte à moto le long pont qui relie le continent à l’île de Ré pour rejoindre la Citadelle, fortification reconvertie en prison. Chaque jour il écoute des détenus lui confier leurs fantasmes les plus abjects, leurs crimes les plus atroces. Ils n’ont rien à craindre : les menottes de Caranne se nomment secret professionnel. La découverte d’un corps, sur la grève d’une plage proche de sa villa, va soudain bouleverser sa vie. C’est, pour lui, une perte immense. Caranne va devoir replonger dans un passé qu’il faisait tout pour oublier. Et les certitudes qu’il avait sur sa vie vont, une à une, s’effondrer.
Sa trombine... et sa bio en lien...
Informations au survol de l'image...