retour en haut de page

le blog de Pol'Art Noir

tout… sauf des chroniques de lecture

C’est quoi cette histoire avec Pol’Art Noir ?

Vous l’apercevez à chacune de vos visites sans forcément vous en rendre compte, mais il est indiqué en toutes lettres tout là-haut, sous le logo : « depuis le 13 janvier 2005… ».

Pol’Art Noir a fêté ses vingt et un ans d’existence il y a peu. À cette occasion, l’habillage du site a été revu, modernisé et enrichi, avec notamment l’apparition de cette partie blog que vous consultez à l’instant. Il s’en est passé des choses durant tout ce temps. Pol’Art Noir est même resté dans le coma pendant quasi dix ans ! Voici un résumé de sa chronologie, en guise de premier billet.

La Préhistoire

Tout a commencé à cause de Jean-Pierre Raffarin (ou grâce à lui). C’est le premier fautif. En 2004, afin de réinjecter un peu d’argent frais dans l’économie du pays, le Premier ministre décide d’offrir à chacun la possibilité de récupérer la totalité de son épargne salariale. Fallait pas le dire deux fois : du beurre dans les épinards, qui devait normalement demeurer coincé au fond du frigo pendant cinq ans, si l’on pouvait le consommer tout de suite, c’eut été bête de se priver. Je décidais donc de me faire plaisir et achetais avec le pactole mon premier PC portable.

Mais un ordinateur n’est qu’une bête machine si on n’en fait rien ; une grosse calculatrice, une console de jeux encombrante ou un bloc-notes tout en plastique. Restait à trouver une utilité au nouveau jouet.

J’ai toujours été lecteur de polars et plutôt exclusif dans mes choix de genres littéraires. L’époque était à l’émergence d’internet qui prenait alors résolument son envol. Comme deux et deux font quatre, l’idée a germé d’une association fructueuse, avec envie de faire la même chose, à ma manière, que le défunt site « mauvais genres » de Bernard Strainchamps que certains d’entre vous ont certainement connu.

Les irréductibles Gaulois

Mes premières tentatives se sont faites sous Word. J’avais repéré que lorsqu’on cliquait sur « nouveau fichier », le logiciel proposait deux options : « texte » ou « html ». Je n’y connaissais rien de rien en matière de codage, mais j’étais à l’aise avec l’outil informatique. C’est donc avec un marteau et un burin que j’ai construit les premières bases, totalement à l’arrache et très vite limité. La découverte de Dreamweaver® m’a sauvé. Un logiciel magique : j’avais les idées ; lui s’occupait du code. 

13 janvier 2005. La structure est prête, mes premières chroniques sont rédigées, mises en page et j’ai enfin atteint l’objectif d’une cinquantaine de pages que je m’étais fixé. Le temps est venu de sauter dans le grand bain du web.

Pol'Art noir en avril 2006

Là n’est pas tout à fait la toute première version de Pol’Art Noir, mais c’est la plus ancienne conservée dans la mémoire de web.archive.org. Tout va très vite et mes nuits sont courtes. Je passe un temps fou à développer ma petite entreprise, à y ajouter, notamment un forum de discussion.

Le Moyen-Âge et l’artisanat

Je dois à Paul Colize l’idée de la création du Coin des Artisans. Voilà quelques mois à peine que le site est lancé et je reçois un mail : « J’écris des polars, ça vous intéresse ? ». De fil en aiguille naît l’idée d’associer à Pol’Art Noir une rubrique dédiée à la promotion d’auteurs inconnus. Chaque mois, un ou deux romans chroniqués et une mise en valeur sur la page d’accueil. Une belle aventure. Ils seront une petite quarantaine à s’y glisser. Je garde une certaine fierté d’avoir participé, à ma modeste mesure à l’émergence et la reconnaissance de certains talents : Paul Colize bien sûr, le précurseur, mais aussi la regrettée Marie Vindy, Élisa Vix, Thierry Brun, Léo Lapointe et j’en passe. J’ai même proposé à un certain Franck Thilliez d’y participer avec son premier roman, Train d’Enfer. Offre qu’il a gentiment déclinée, par respect pour le premier éditeur qu’il avait enfin fini par dénicher.

Petit à petit, certains parmi ses membres deviennent des rédacteurs réguliers de chroniques et une équipe virtuelle se constitue pour poursuivre l’enrichissement de l’offre. D’autres, plus concentrés sur leur plume, trouveront là un espace de rencontre, d’émulation. Ainsi germera dans l’esprit de Max Obione le principe de la création de la coopérative d’auteurs Krakoën. Elle publiera à sa création, début 2006, un recueil de nouvelles (Graines de Noir) regroupant les textes d’écrivains en herbe croisés sur le forum.

La Renaissance

Les échanges sur le forum auront aussi été l’occasion de rencontres bien réelles. Nous sommes quelques-uns calés à l’ouest de la France et au début de l’année 2008, deux des piliers s’associent pour créer l’association Fondu au Noir, Caroline de Benedetti et Émeric Cloche. Nous nous croiserons souvent à cette période, ainsi que quelques autres, au hasard de festivals, de pots arrosés.
Parmi ces « autres », Sophie, qui maîtrise l’art informatique. Le site est alors entièrement codé en HTML. Une chronique correspond à une page qu’il faut coder. Quelques centaines de chroniques déjà présentes m’empêchent désormais de procéder à toute mise à jour d’habillage (en gros, il faut modifier chaque page manuellement). C’est là que Sophie intervient en se chargeant de transformer la version « statique » en version « dynamique ».

Une révolution. Non… pardon, une re-naissance.

Pol'Art Noir en novembre 2009

Pas de grands changements majeurs à l’affichage pour le visiteur, mais pour moi, administrateur et webmaster en chef, la possibilité de travailler au design sans me soucier du contenu existant.  

Les Lumières

Dès lors, c’est une affaire qui roule. Pol’Art Noir commence à être connu et reconnu dans le milieu du polar, les visiteurs affluent, le référencement est bon et les liens externes nombreux et de qualité (oui, je sais, c’est du jargon de geek). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le site prospère et continue de s’enrichir. Je teste de nouvelles rubriques comme les futures parutions, aidé par un libraire membre du forum ; l’ajout d’interviews réalisées lors de rencontres ou par échange de mails ; la création de dossiers thématiques comme ceux concernant les nouvelles maisons d’édition. Toutes les portes sont ouvertes.

La transformation du site réalisée par Sophie m’ouvre la possibilité de faire évoluer l’habillage à ma guise. Il devient plus « sérieux », plus professionnel. Sans doute un peu plus joli.

Le Coin des Artisans a quant à lui disparu, je ne parvenais pas à l’alimenter comme je le voulais. Et puis je croule déjà sous les services de presse qui encombrent très régulièrement ma boîte à lettres. Je ne vais pas me plaindre. Sans rien demander à personne, je lis désormais gratos, même si je n’arrive que très rarement à tenir la cadence. La rançon du succès, mais un hobby chronophage.

La Révolution

La fin de la première décennie du XXIe siècle marque un tournant, pas seulement pour Pol’Art Noir. Les réseaux sociaux débarquent. La voilà la révolution ! Et ça fait des victimes co-latérales.
Apparu en France en 2008, l’ogre Facebook va tout balayer sur son passage. Son déploiement signe la mort des forums de discussion dont la fréquentation s’effrite. C’est nettement perceptible dès le début de l’année 2009.

Le web « libre » et ouvert vit ses derniers instants. Et c’est d’autant plus vrai lorsque Google modifie radicalement ses algorithmes pour considérer que désormais la pertinence des sites se mesure à la hauteur de leur chiffre d’affaires. En quelques mois, n’ayant strictement rien à vendre, Pol’Art Noir perd la moitié de sa fréquentation. Bienvenue dans l’ère du web « marchand ».

Par ailleurs, cette période correspond aussi pour moi à des changements de vie professionnelle. Je n’entre pas dans les détails, mais la conséquence est réelle : moins de temps à consacrer au site. C’est peut-être également le cas pour certains des chroniqueurs habituels car, petit à petit, je reçois moins de propositions d’articles et me retrouve quasiment seul à approvisionner les nouvelles chroniques.

Pol'Art Noir en septembre 2013

La lassitude guette, coincée entre le manque de temps et parfois l’impression de répéter mes chroniques, voire de radoter. Sans compter avec tous ces SP que je continue de recevoir à flot constant et que je m’oblige au mieux de mes possibilités à honorer. Je continue de lire du polar, toujours avec le même plaisir, mais j’en ai marre d’avoir toujours sur moi ce carnet de notes sur lequel j’inscris en permanence mes impressions (je vous montrerai un jour ma collection).

Bref, ça sent le sapin. Je fais une première pause de quelques mois autour de 2013. Je reprends mollement début 2014, puis abandonne et signe ma dernière chronique sur Pol’Art Noir, première version, le 6 juin de la même année.

L’Époque Moderne

Le temps a passé. J’en ai terminé avec la vie professionnelle, le temps de la retraite a sonné. Au fond d’un disque dur, j’ai conservé trace de tout le travail réalisé pour la « cause » et me propose de dépoussiérer l’ensemble. Nous sommes courant 2022 et les années comptent pour des siècles dans l’informatique et le codage. Depuis que j’ai arrêté, les versions de langage ont évolué, de nouvelles sont apparues. Conséquence : lorsque je tente de remettre la machine en marche, plus rien ne fonctionne ; je n’ai droit qu’à une série d’erreurs fatales. Mais je suis un peu têtu et après quelque temps, j’arrive à corriger l’ancien code et retrouve avec bonheur un espace qui n’était qu’endormi.

Je suis néanmoins le seul à en profiter, le nouveau Pol’Art Noir n’est pas en ligne et donc consultable uniquement sur mon propre ordinateur. Super, non ?

À la faveur d’un été 2023 particulièrement pourri, je peaufine mon retour sur la toile. C’est décidé, j’y retourne ! Même si j’ai constaté que mon ancien nom de domaine n’est plus disponible et qu’il faudra en passer par une guerre de référencement pour se faire à nouveau connaître, ou reconnaître. Première chronique du nouveau genre le 23 août 2023.

Deux années se sont écoulées depuis. Je publie sans pression (même si ça n’est pas tout à fait vrai, mais on ne se refait pas…), au rythme qui me convient. Je ne lis que les romans dont j’ai envie et refuse quasiment toute offre de service de presse. J’ai tout mon temps et retrouvé le plaisir de tenir ce site qui me tient tant à cœur, au point que je ne compte plus mes heures pour le moderniser, l’améliorer et l’enrichir.

Pol'Art Noir en février 2026

Pol’Art Noir n’a jamais eu d’autre vocation que celle qui l’anime aujourd’hui : être un espace de partage autour du polar, nourri par la curiosité et le plaisir de lecture. Au fil du temps, il a changé de forme, de rythme, parfois disparu, mais l’envie, elle, est restée intacte. Tant qu’elle sera là, le site continuera d’exister.

Commentaires

aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à vous lancer !