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Fatherland

Robert Harris

première édition : Julliard - Juin 1993
traduction (anglais) : Hubert Galle

tags : Thriller Polar politique Polar fantastique Psychologie Flic Allemagne Années 1960 Plus de 400 pages

Couverture

un avis personnel...

publié le 19 janvier 2007

Dans un monde où l'Allemagne nazie a gagné la deuxième guerre mondiale, un inspecteur de la « Kripo »(Kriminalpolizei) de Berlin enquête sur deux morts étranges. La première semble un accident, la deuxième un suicide. Mais quelque chose laisse penser qu'il n'en est rien, et que des évènements inquiétants se trament derrière cette affaire.

Avec l'aide d'une journaliste américaine, Charlie Maguire, Xavier March poursuit son enquête malgré les entraves et intimidations de la Gestapo, qui semble avoir des intérets particuliers dans cette histoire.

Et au contact de la jeune américaine, et de son regard « non allemand », il en vient à douter de tout ce que la propagande nazie lui a mis dans le crâne, du sort de ces juifs « relogés à l'est » et dont personne ne sait véritablement ce qu'ils sont devenus.

Imaginez, une vie consacrée à démasquer des criminels, et insensiblement vous découvrez que les vrais assassins sont ceux pour qui vous travaillez.

Fatherland est un livre intéressant pas tant par l'écriture, assez classique, que par le contexte qu'il décrit, et le comportement des personnages.
Thèmes de la propagande, le modelage des esprits, jusqu'aux enfants qui sont contaminés par les idéaux du surhomme nazi défenseur du parti et du führer, au point d'en devenir capable de trahir père et mère si ceux-ci ne correspondent plus au modèle propagandiste.
Thème aussi de l'obéissance servile, du piège et du confort que représente l'autorité omniprésente, jusqu'à ce qu'une population entière en soit réduite à ne plus pouvoir prendre la plus petite décision par elle-même.

Trente ans aux ordres : l'Allemand en était à ne plus assumer aucune responsabilité, même ouvrir une porte.

C'est l'occasion aussi de poser quelques questions sur l'allégeance au totalitarisme, en dehors même des frontières de l'Allemagne et de l'Europe vaincue ; sur l'opportunisme et l'abandon d'idéologies de liberté au bout d'un moment, lorsqu'une dictature est finalement « rentrée dans les mœurs » et devenue acceptable, par habitude.

Fatherland se lit très bien, très vite, car au-delà de l'aspect politique c'est surtout un thriller, avec tous les éléments du genre, parfaitement maîtrisés : course effrénée, moments volés avant l'arrivée des mitraillettes, coups de théâtre etc...

vous avez aimé...

quelques pistes à explorer, ou pas...

Peut-être Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, pour l'uchronie, mais c'est une approche très très différente...
Ou pourquoi pas Transparences, d'Ayerdhal, pour le côté thriller/complot.

le début...

les dix premières lignes

Un nuage lourd avait pesé toute la nuit dans le ciel de Berlin ; il s'attardait à présent sur ce qui pouvait passer pour le point du jour. Dans la banlieue ouest de la ville, tels des rubans de brume, des rafales de pluie chassaient à la surface de la Havel.
Le ciel et l'eau se confondaient sur l'étendue blême du lac, brisée seulement par la ligne plus sombre de la berge opposée. Là-bas, rien ne bougeait. Pas une lumière (...)

la fin...

quatrième de couverture

Berlin, 1964. Depuis que les forces de l'Axe ont gagné la guerre en 1944, la paix nazie règne sur l'Europe. Seule, l'Amérique a refusé jusqu'ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.
Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d'anciens S.S. de haut rang jouissant d'une paisible retraite. Chargé de l'affaire, l'inspecteur March s'interroge. S'agit-il d'un règlement de comptes entre dignitaires ? Mais, s'il s'agit d'affaires criminelles pourquoi la Gestapo s'intéresse-t-elle à l'enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui tue tous ceux qui la détiennent et semble menacer les fondations mêmes du régime ? Le mystère s'épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de liberté.

bio express...

biographie sommaire de l'auteur

Robert Harris Robert HarrisRobert Harris est né à Nottingham, Angleterre, en 1957.
Élevé dans une famille modeste (son père était imprimeur), il développe assez jeune un goût pour l'écriture et pour la politique.

"From the age of 13 or 14 I wanted to write about [politics], because to say simply that politicians are crooks or that politics is boring is to miss one of the fundamental dramas of life. Politics has such fantastic elements to it – ambition, power, obsession, soaring idealism and cynical betrayal."

Durant sa scolarité, à King Edward VII College (Melton Mowbray) puis à Selwyn College (Cambridge), il écrit des pièces de théâtre et participe à la publication du journal de l'école.
Une fois diplômé, il entre comme journaliste à la BBC, où il travaille sur des émissions concernant l'actualité. Puis en 1987, devient éditorialiste politique ("political editor") au journal l'Observer, écrivant aussi des articles pour le Sunday Times et le Daily Telegraph.

Durant sa carrière de journaliste, il écrit plusieurs ouvrages : en 1982, avec Jeremy Paxman, A Higher Form of Killing, un essai traitant de la guerre chimique et biologique ; en 1983, Gotcha, the Media, the Government and the Falkands Crisis, essai traitant du rapport entre les media et le gouvernement lors de la guerre des Malouines ; en 1984, The Making of Neil Kinnock, biographie politique de l'ex-leader du Parti travailliste ; en 1986, Selling Hitler, fiction inspirée de l'histoire des faux carnets d'Hitler exhibés par le journaliste allemand Gerd Heidemann ; en 1990, Good and Faithful Servant, biographie politique de Bernard Ingham, le directeur du service de presse de Margaret Thatcher.

C'est en 1992, avec son premier thriller, Fatherland, qu'il connait le succès. Le roman est une uchronie, qui prend place dans un monde où l'Allemagne nazie a gagné la deuxième guerre mondiale.
Sujet à controverse en Grande Bretagne et en Allemagne, Fatherland n'en devient pas moins très rapidement un best-seller, traduit dans une trentaine de langues.
Harris abandonne alors le journalisme pour devenir écrivain à temps complet, ce qu'il voulait être depuis son enfance.
Paraissent ensuite Enigma (1995), Archangel (1999), Pompeii (2003).
Son dernier roman, Imperium, est sorti en 2006. Il s'agit du premier volume d'une trilogie à venir, biographie romancée de Ciceron. Le deuxième volume doit sortir en 2007.

Robert Harris vit actuellement à Newbury dans le Berkshire, avec sa femme et leurs quatre enfants.

édition(s)...

originale, réédition(s), poche

Julliard - Juin 1993Julliard
Juin 1993
Pocket - Mars 1998Pocket
Mars 1998
Pocket - Avril 2003Pocket
Avril 2003

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