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Michel Embareck

Le Rosaire de la Douleur

Couverture

Première édition : Gallimard / Série Noire - Mai 2001

Tags : Hard Boiled Roman d'enquête Polar politique Crime organisé Trafic Détective privé Littéraire Populaire France Années 2000 Entre 250 et 400 pages

Couverture

un avis personnel...

Publié le 09 février 2009

Victor Boudreaux, un privé féru de cinéma, de retour en France après un exil dans les états du sud-est des États-Unis, est engagé par une jeune femme pour innocenter son père du meurtre de sa femme. Le corps de celle-ci a été découvert affreusement mutilé flottant dans le fleuve. Il se trouve que le suspect, le mari de la victime, n’est pas inconnu de Boudreaux. C’était son meilleur ami de l’époque scolaire à Bénipurhain, juste avant son exil américain. Le retour au pays s’annonce agité.
Ainsi commence ce roman un peu fouillis de Michel Embareck. L’auteur y mêle politique, bourse, franc maçonnerie, génocide rwandais, sexualité de prêtres, tueur professionnel, grand banditisme, le tout manié par un privé à la carrure de catcheur, plus enclin à enfoncer les portes plutôt qu’y frapper et à frapper avant de poser sa question, histoire d’avoir toute l’attention de son auditoire. Victor Boudreaux, dont c’est la deuxième apparition dans la Série Noir>e, qui a des faux airs du Poulpe, Gabriel Lecouvreur, s’évertue presque pathologiquement à foutre le bordel partout où il passe :

Il leur reprochait seulement de mettre en coupe réglée la vie privée de la moitié du pays, d’engraisser les avocats par une nullité crasse en procédure, de confondre bénéfices et chiffre d’affaires lorsque ce n’était pas terroriste et militant caritatif, de jouer à la guerre avec les manouches pour seuls ennemis, de se faire poisser çà chaque coup tordu et d’avoir couché avec les Boches, comme le rappelait souvent son père. Tout compte fait, Boudreaux vomissait les gendarmes autant que les casernes, les uniformes, la hiérarchie, les médailles, l’ordre, les contrordres et toute forme d’expression psychorigide.

Le côté touffu du livre, avec l’accumulation des univers et des personnages, donne un rythme soutenu mais ne permet pas d’aller au fond de tous les sujets abordés. L’auteur s’en tient à son intrigue sous laquelle on peut déchiffrer un « tous pourris ». Mais ce qui est jubilatoire dans ce livre et surement dans les autres productions de l’auteur c’est cette écriture très éloignée des canons actuels qui fait la part belle au style court et direct importé des auteurs anglophone. Ici, Michel Embareck s’amuse à construire des phrases longues bourrées de relatives qui, une fois apprivoisées, deviennent un réel plaisir de lecture.



vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

La Mort Fait Mal toujours dans la Série Noire qui est la première aventure de Boudreaux, semble un bon choix pour ceux qui ont aimé celui-ci.
La série du Poulpe est une bonne piste de lecture et de là il y a beaucoup d’auteur français à découvrir.

les dix premières lignes...

De loin, au travers des saules et acacias enrubannés d'un feuillage encore tendre, la souche dessinait le buste d'un baigneur alangui. Au printemps, lorsque le courant reprenait sa fausse limpidité amicale, le Liger charriait des brassées de bois flottés, éventails de fagots de sous lesquels émergeaient les suicidés de la morte-saison. Par endroits, les branchages échoués tressaient entre la berge et les bancs de sable des passerelles mouvantes qu'empruntaient les castors pour rejoindre leur terrier-hutte (…)

quatrième de couverture...

Victor Boudreaux, le privé migraineux sans foi ni loi, est de retour. Il existe de meilleures nouvelles chez les délinquants en col blanc. Pour sortir de prison un ami d’enfance accusé d’un assassinat particulièrement barbare, il débarque à Bénipurhain, capitale des nouvelles technologies où valsent les millions. Là, au bord du Liger, entre luttes politiques, loges maçonniques et spéculation boursière, Victor va recoller les morceaux. À sa façon...

bio express...

Michel Embareck Michel EmbareckNé en 1952 dans le Jura, Michel Embareck a d'abord fait Science Po, avant de devenir journaliste/critique dans le magazine rock Best, c'est d'ailleurs à cette époque qu'il se passionne pour le mouvement Punk.
En 1985, il se découvre un talent d'auteur en publiant un premier roman Sur la Ligne Blanche. Suivront plusieurs romans et notamment Cloaca Maxima (réédité chez Folio sous le titre Dans la Seringue), son premier polar.
Il fera son entrée dans la Série Noire avec La Mort Fait Mal dans lequel apparait pour la première fois, Victor Boudreaux de retour de Louisiane. Un personnage qui revient dans Le Rosaire de la Douleur toujours dans la Série Noire.

édition(s)...

Gallimard / Série Noire - Mai 2001 Gallimard / Série Noire
Mai 2001

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