Haruki Murakami
Les Amants du Spoutnik
Première édition : Belfond - Février 2003
un avis personnel...
Publié le 05 mai 2009
Une chronique de Jérôme Jukal.
Une fois de plus, Murakami nous offre un narrateur menant une vie ordinaire, une vie qui va basculer sans qu’il l’ait cherché, désiré. Une fois de plus, mais pas une fois de trop. Ça ne sera jamais une fois de trop avec Murakami. Car on se laisse à nouveau entraîner dans une histoire intrigante, surprenante, aux personnages pas aussi communs qu’ils en ont l’air.
Murakami revisite le triangle amoureux, un triangle amoureux platonique. Impossible. Le narrateur aime une jeune femme, Sumire, qui a décidé de ne se consacrer qu’à l’écriture mais qui se révèle incapable d’écrire un roman. Le talent, la volonté n’étant pas suffisants. Loin de là. Le découvrant, Sumire se résout à envisager un boulot et en trouve un. Proposé par une femme plus âgée, Miu, rencontrée par hasard. Et dont elle va s’éprendre. Pas vraiment simple.
D’autant moins simple que Miu est froide, qu’elle apparaît inabordable et que Sumire va se révéler prête à aller très loin pour elle. Trop loin. Et c’est là que tout bascule.
En Grèce, alors qu’elles se sont isolées sur une île, Sumire disparaît.
Nous entrons à ce moment dans une autre dimension. Un monde que personne ne maîtrise, où tout peut basculer. Murakami nous entraîne loin, très loin, dans l’imaginaire et dans les méandres de l’âme humaine. Il le fait si bien.
Plus rien n’est sûr, on est déstabilisé, bousculé dans nos certitudes.
Et tout cela dans un style intimiste, fluide. Qui pourrait paraître ordinaire s’il n’avait une telle puissance d’évocation, une telle force qu’il vous emporte avec lui là où il va sans qu’il soit possible de résister.
Nous nous enfonçons dans les ombres de l’humanité, dans les recoins sans lumière. Sans qu’il soit possible de retrouver un semblant d’équilibre.
Murakami est un magicien.
vous avez aimé...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
À coup sûr, les autres romans de Haruki Murakami.
L’univers de cet auteur étant tellement singulier, je n’ai pas d’autres idées.
les dix premières lignes...
Au printemps de sa vingt-deuxième année, Sumire tomba amoureuse pour la première fois de sa vie. Cet amour aussi dévastateur qu’une tornade dans une vaste plaine ravagea tout sur son passage, lançant des choses dans les airs, les réduisant en menus morceaux, les écrabouillant sans ménagement. Avec une violence qui ne connaissait pas un instant de relâchement, la tornade souffla sur les océans, réduisit sans pitié le site d’Angkor Vat à néant, incendia la jungle indienne et les malheureux tigres qui y vivaient encore, se mua au-dessus des déserts de Perse en une tempête de sable qui engloutit toute une ville fortifiée au charme exotique (…)
quatrième de couverture...
K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n’a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l’orbite de la solitude. Jusqu’au jour où Sumire disparaît… Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l’extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l’amour.
bio express...
Haruki Murakami D’après la présentation des éditions Belfond :
Né à Kyoto en 1949, Haruki Murakami est le traducteur japonais de Scott Fitzgerald, Raymond Carver et John Irving.
Ne supportant pas le conformisme de la société japonaise, il s’est expatrié en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis.
En 1995, après le tremblement de terre de Kobe et l’attentat du métro de Tokyo, il a décidé de rentrer au Japon.
édition(s)...
du même auteur...
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