Meurtre à Petite Plaisance

Estelle Monbrun

Viviane Hamy - Avril 1998

Tags :  Roman d'enquête Polar maritime Flic Quidam Etats Unis Années 1990 Littéraire Moins de 250 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 19 décembre 2007

Le commissaire Jean-Pierre Foucheroux est dans l’avion qui l’amène sur la côte est des États-Unis d’Amérique. Il va y retrouver Andrew Bradford, ami rencontré lors de leurs études dans les écoles des forces de l’ordre. Ensemble, ils doivent se rendre sur l’Ile de Monts Désert, où réside l’oncle d’Andrew.
On vient de découvrir, dans le jardin de Petite Plaisance, le jardin de la maison de Marguerite Yourcenar, le corps d’un journaliste français portant d’évidentes marques de strangulation. L’agent fédéral américain et le commissaire français vont être en charge de la découverte du meurtrier d’Adrien Lampereur.

Estelle Monbrun invite le lecteur avec le roman à un jeu de pièces, multiples, qui s’emboîtent au fur et à mesure de la progression de l’intrigue. Progression qui s’opère par la mise en avant des personnages à tour de rôle. Le nombre de ces personnages et leurs diversités, est une des richesses et des prouesses du livre, parfois proche de la caricature, souvent juste et justement moqués, ils sont des pièces que positionne et déplace avec adresse l’auteur.
Parmi la foule des personnages, il y a l’emblématique féministe, Jane O’Flynn, venue à Monts Désert, où elle réside à la Villa Alexis, avec une amie et collègue, Gisèle Dambert, afin d’écrire un livre sur les Indiens Abenakis. Lorsque les deux enquêteurs se présentent pour interroger les deux femmes, elle leur tient des propos caractéristiques : « Nous parler, vraiment, reprit-elle, sarcastique. Nous avons dû nous prêter toute la matinée aux abus verbaux de votre collègue et vous voulez nous parler ! Et pénétrer sans doute dans notre domicile sans le moindre mandat de perquisition. Non, mais je rêve ! Gisèle, tu ne leur dis pas un mot, tu m’entends, pas un mot ! Toute sa petite personne tremblait d’indignation. »
Il y a les secrets que conserve la petite communauté insulaire. Il y a la déperdition des activités ancestrales. Qui reprendra l’activité de pêcheur de homard de Jeff Walker ? Son fils a préféré les ors de la poste, et lorsque sa fille déclare vouloir lui succéder à la barre de l’Anna Soror, cela heurte sa conception de la sexuation des rôles. Il y a la difficile cohabitation des insulaires avec les étrangers — riches — qui viennent séjourner sur l’île où ils font étalage de leurs muscles acquis en salle, et de leur supériorité financière.

Brillamment menée, l’intrigue du roman est parfaitement maîtrisée par l’auteur, bien plus que par les enquêteurs qui vont, et viennent, d’un témoin à l’autre, à la recherche d’informations, d’indices, et ne rencontrant que silence, mensonge et bavardage vains.

Un roman policier où abondent les références à l’œuvre de Marguerite Yourcenar, aux rebondissements plus ou moins classiques — disparition d’un animal de compagnie bien-aimé, voiture retrouvée fracassée au pied de rochers sa conductrice introuvable, … —, à l’ironie suave. Un roman policier « humain, ondoyant, multiforme ».

L’un des rebondissements les plus palpitants :

Leila Djemani donna du plat de la main, sur sa table de travail, un coup si violent que des trombones voltigèrent, une gomme prit la fuite et deux stylos roulèrent sur le tapis.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Le roman précédent de l’auteur, mettant en scène le commissaire Foucheroux et son inspecteur, Leila Djemani, dans l’univers de Proust, Meurtre chez Tante Léonie.

Le début...

Les dix premières lignes...

La descente sur Boston n’avait pas été facile. Comme chacun sait, l’aéroport Logan est l’un des plus dangereux des États-Unis, combinant l’encombrement perpétuel de JFK et les pistes trop courtes de San Diego. Les passagers avaient été secoués plus que de coutume à trois heures des côtes américaines et les degrés divers de pâleur attestaient un manque fondamental de confiance dans le pilote d’Air France — une certaine Christiane Leroi avait-on cru bon d’annoncer au moment du décollage à Roissy (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Pour essayer de surmonter le traumatisme lié au vol des cahiers Proust (et peut-être, aussi, pour oublier un certain commissaire Foucheroux), Gisèle Dambert part pour la Côte Est des États-Unis, et s’installe dans le Maine où résidait Marguerite Yourcenar. Ironie du destin, elle tombe nez à nez avec le commissaire cité plus haut, et le crime les réunit une nouvelle fois. Dans le jardin de Petite Plaisance, on a retrouvé, étranglé, Adrien Lampereur, un journaliste français venu enquêter sur la « guerre du homard »…
Faut-il rappeler que sous le pseudonyme d’Estelle Monbrun se cache une universitaire spécialiste de Marcel Proust et de Marguerite Yourcenar, lesquels n’ont plus aucun secret pour elle ?


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Estelle Monbrun










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