Les Fiancées de l'Enfer

Chrystine Brouillet

La Courte Echelle - 1999

Tags :  Thriller Serial Killer Vengeance Flic Québec Années 1990 Entre 250 et 400 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 31 mars 2006

Recommandé Plusieurs intrigues se mêlent dans ce roman. Sans qu'il donne pour autant l'impression d'être morcelé. Car au fond tout se rejoint. Le point commun à tout ça est Maud Graham, l'enquêtrice sur une série de viols et mutilations, et fervente féministe très engagée dans la lutte contre les violences envers les femmes.

Maud Graham est un personnage étonnant, plein de contradictions, très humain, avec des aspects très antipathiques et d'autres très sympathiques. C'est une femme « normale », pas de ces héros désincarnés que l'on peut trouver parfois en littérature. Une femme avec des doutes, des certitudes, des coups de gueule, des moments d'attendrissement. Des amis aussi. Et des ennemis.
Steeve Tremblay est l'un des ennemis les plus virulents de Maud. Il la rend responsable de la mort de sa famille. C'est un homme violent, jaloux, paranoïaque. Qui n'hésite pas à se venger cruellement sur d'autres femmes pour atteindre et encercler Maud Graham de corps torturés, menaçant même jusqu'à sa meilleure amie, Léa Boyer, à qui Maud tient comme à la prunelle de ses yeux.
Léa Boyer, quant à elle, fait le lien avec une autre partie de l'histoire : celle de Suzanne et sa fille Marie-Eve. Suzanne a été violée pendant des années par son père et elle refuse donc à sa fille le droit de voir son grand-père, craignant qu'il s'attaque à elle, mais sans lui dire le motif de son refus. Au travers de ces deux personnages très émouvants, Chrystine Brouillet décrit une famille et une femme déchirées par l'emprise monstrueuse d'un père sur sa fille.
Et puis il y a le personnage de Grégoire, ami de Maud Graham, prostitué gay, qui a lui aussi subi les assauts d'un oncle quand il était enfant. Très beau personnage, plein de tendresse et de désillusion.

Ce roman est peuplé de fantômes, de violence. Il y a d'un côté des êtres qui détruisent la vie et l'innocence des autres, femmes ou enfants, qui les soumettent en leur pouvoir, les cassent et ensuite les jettent. De l'autre côté, il y a les poupées de chiffons brisées par les bourreaux. Et au milieu, il y a des gens comme Maud Graham ou Léa Boyer qui essaient de recoller les morceaux, d'apporter de l'aide et du réconfort, de prévenir, de protéger.
Ce roman est écrit comme un polar mais c'est surtout un hurlement de rage et un appel au secours. Une sonnette d'alarme. Les victimes de violences ne le portent pas sur leur front, et ne le clament pas sur tous les toits. Il faut lire entre les lignes, déduire, écouter, être patient, pour pouvoir détecter et protéger.
L'écriture est, de plus, tout à fait savoureuse. Parsemée d'expressions québecquoises, notamment dans les dialogues, simple, tranquille. Ça coule comme une rivière, les pages se tournent toutes seules. L'auteure réussit à nous faire digérer toute cette violence en créant un climat de tendresse et de simplicité, avec les personnages de Maud Graham et de Léa Boyer. Ces deux femmes soudées par une amitié incroyable sont les piliers du roman, on les adopte et on finit par se sentir intimes avec elles.

Un très très beau moment de lecture.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Je ne connais pas d'autres livres du même genre, mais je crois que vous pouvez continuer la route avec Maud Graham dans les deux autres romans de Chrystine Brouillet qui lui sont consacrés : Le Collectionneur et C'est pour Mieux t'Aimer, mon Enfant.

Le début...

Les dix premières lignes...

Maud Graham détestait le campus de l'Université Laval. Sa vastitude, ses nombreux bosquets, ses lieux déserts. Autant de pièges pour les femmes qui fréquentaient l'endroit. La détective n'y avait jamais étudié ; peut-être était-ce le regret de ne pas avoir connu la vie universitaire qui la poussait à haïr le campus ? Non. Elle aimait enquêter et n'avait aucun goût pour les longs séjours en bibliothèque, les travaux minutieux où il fallait imaginer ce qu'un auteur avait voulu dire dans un roman. Ou ce qu'un professeur attendait d'une thèse pour la noter favorablement (...).


La fin...

Quatrième de couverture...

Le cadavre gisait sur la chaussée dans une position fœtale, comme si la victime s'était recroquevillée sur sa douleur. Un voile noir avait vite obscurci son existence, l'avait délivrée de l'horreur qu'elle venait de vivre.
Cette fois encore, le violeur avait marqué sa victime. Une lettre gravée dans la chair, sous le sein gauche, et quatre traits sanglants, formant une croix comme Maud Graham n'en avait jamais vu. Les blessures n'étaient pas très larges, mais la douleur conjuguée à la terreur avaient profondément traumatisé les victimes qui avaient survécu.
À qui ces marques étaient-elles destinées ? Qui signait ces messages atroces ? Pour le découvrir, Maud Graham savait qu'elle devait pénétrer dans la pensée du violeur, le précéder, le noyer dans son âme.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Chrystine Brouillet










Edition(s)...

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