Veritas

William Lashner

Editions du Rocher - Octobre 1997 - Traduction (anglais) : Frédéric Révérend - Jean-Pierre Morby

Tags :  Roman d'enquête Corruption Vengeance Avocat Philadelphie Années 1990 Plus de 400 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 30 novembre 2005

Je ne connais rien de plus méprisable ni de plus pathétique qu'un homme qui consacre toute la sainte journée à faire de l'argent pour l'amour de l'argent."

C'est sur cette citation de John D. Rockefeller que s'ouvre ce second roman de William Lashner dans lequel on retrouve l'avocat Victor Carl qui avait fait le bonheur de son précédent opus, Les Prévaricateurs. D'ailleurs, le personnage n'a rien perdu de son caractère, ni des envies qui l'animent :

Ceux qui pleurnichent en disant que la vie américaine n'a plus rien à offrir sont aveugles. Car nous avons le choix entre la réputation et la fortune et franchement, vous pouvez choisir la réputation et vous en gaver jusqu'au cou, moi, je prendrai l'argent.

Victor Carl est devenu l'un des avocats de la mafia ; il tente d'arranger au mieux les affaires de ses clients douteux. Trafics de drogue, d'armes et mines patibulaires sont son quotidien, loin de ses ambitions de grandeur. C'est alors qu'une jeune femme lui propose une affaire qui pourrait bien le mettre définitivement à l'abri des problèmes d'argent. Il s'agit d'une des héritières d'une des très grosses fortunes américaines qui ne croit pas au suicide récent de sa sœur et voudrait éclaircir la chose. Bien que cette enquête ne l'attire guère et qu'elle se présente plutôt comme une voie sans issue, son attrait pour un énorme pactole rémunérateur emporte sa décision. Victor Carl reprend du service...

On retrouve avec plaisir l'humour cynique, caustique, de William Lashner et l'intelligence avec laquelle il nous présente ce personnage à la fois profondément sympathique et déroutant qu'est Victor Carl : obnubilé par l'argent, par la réussite, qui a grandi à l'ombre des aspirations du rêve américain. Mais l'avocat évolue avec le temps. S'il cherchait auparavant la reconnaissance, celui de Veritas a perdu les quelques illusions qui lui restaient et dans un cynisme exacerbé n'aspire plus qu'à l'argent et au pouvoir qu'il procure.
À travers une intrigue complexe et quelque peu tarabiscotée où l'on manque parfois de se perdre (le roman s'étale sur près de six cent pages), William Lashner nous propose une visite au cœur de l'argent roi à travers les destinées de deux familles : l'une de sang, qui a construit sa fortune de génération en génération à coup de cornichons (pour d'autres ce serait le ketchup...), l'autre mafieuse, faisant de l'économie parallèle son fonds de commerce. "Toute fortune cache un crime", c'est bien là ce que veut nous démontrer l'auteur, de même que ces crimes se paient parfois au prix lourd, quand bien même ils perdurent.
Un roman foisonnant qui se perd parfois en digressions mais où on reconnaît aussi le coup de patte de l'auteur, sa vision pessimiste et désabusée de la société américaine bien-pensante, éclairée seulement par quelques individualités remarquables comme ce détective, Morris Kasputin, à la philosophie rassurante :

Je pense que cet argent, c'est le but pour les lâches. L'argent, c'est ce que tu finis par vouloir si tu n'as pas assez de putz pour te mettre debout et prendre tes décisions tout seul. L'argent c'est ce qu'ils veulent que tu veuilles de sorte que tu travailleras pour eux tous les jours de ta vie et que tu achèteras tout ce qu'il vendent et que tu rempliras ta maison et ton âme avec leur bric à brac.

Un lourd pavé à la construction savante qui, sans atteindre les sommets des Prévaricateurs, n'en reste pas moins édifiant en tant que regard sur la "moralité" américaine et qui réserve quelques scènes grandioses, comme cette passation de pouvoir entre parrains qui se déroule au milieu d'un arsenal militaire, entre deux porte-avions, digne d'un duel des meilleurs westerns hollywoodiens.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

N'hésitez pas une seconde, lisez Les Prévaricateurs, la première apparition de l'avocat Victor Carl, une merveille.

Le début...

Les dix premières lignes...

Je suppose que chaque centaine de millions de dollars a sa petite histoire sordide à elle, et la centaine de millions que je pourchasse aujourd'hui ne fait pas exception à la règle.
J'ai pris place sur le vol TACA International pour le Belize en quête de ma fortune.
Sous le siège devant moi, il y a ma mallette et dans ma mallette il y a tout ce dont j'ai besoin, officiellement, pour récolter ma fortune et la rapporter avec moi à la maison. Je prends la mallette sur mes genoux et je l'ouvre, j'extrais avec soin la chemise, puis, de cette chemise, avec encore plus de soin, j'extrais les documents qu'elle contient (...).


La fin...

Quatrième de couverture...

Victor Carl, l'avocat raté des Prévaricateurs, n'en revient pas. Ce que lui propose la jeune femme qui vient d'entrer dans son bureau pourrait bien être l'affaire de sa vie ! Et pour échapper à une vie miteuse, rien ne vaut de venir en aide à une riche héritière de plusieurs millions de dollars...
Mais Victor Carl va vite réaliser que si gagner le gros lot est une chose, apprendre à vivre assez longtemps pour en profiter en est une autre...


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

William Lashner










Edition(s)...

Informations au survol de l'image...

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Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

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